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 13/12/2017 Tlaxcala, the international network of translators for linguistic diversity Tlaxcala's Manifesto  
English  
 ABYA YALA 
ABYA YALA / Venezuela : Élections et réversibilité du changement social
Date of publication at Tlaxcala: 20/04/2013
Original: Venezuela: elecciones y reversibilidad de los cambios sociales
Translations available: Deutsch 

Venezuela : Élections et réversibilité du changement social

John Brown

Translated by  Manuel Talens (1948-2015)
Edited by  Fausto Giudice Фаусто Джудиче فاوستو جيوديشي

 

Face au Venezuela et à la révolution bolivarienne, tous les média espagnols sont d’extrême droite. La haine de classe et le racisme colonial que Franco avait exercé contre les classes populaires de notre pays sont exportés directement vers le Venezuela.

 

La lumpen-oligarchie du quotidien El País, incapable d’accepter l’accès à la vie politique des exclus, qui est la principale caractéristique de la démocratie, ose ainsi parler de « lumpen chaviste ». La droite espagnole sous toutes ses formes – la droite de la droite, le centre droit et la gauche de la droite – a de l’expérience dans la « correction » des résultats des élections : nous souffrons encore les résultats de la « correction » qui eut lieu en 1936, la dernière fois  que les majorités sociales aspirèrent à l’hégémonie politique en Espagne.

Le Venezuela – de même que Cuba – est pour eux une exception insupportable à la règle selon laquelle la majorité sociale des travailleurs ne devrait pas exercer l’hégémonie sociale et politique, mais plutôt les puissants, les riches, les maîtres. La révolution vénézuélienne est ainsi intimement liée aux processus sociaux et politiques espagnols : il suffit de voir comment le président Maduro a répondu aux interférences éhontées du ministre espagnol des Affaires étrangères en lui disant qu’il ferait mieux de « s’occuper de ses 25% de chômeurs ». Il y a un seul détail cette déclaration du président Maduro  avec lequel je suis en désaccord : le taux de chômage en Espagne est déjà près de 27%... Aujourd’hui à l’Assemblée nationale vénézuélienne on a pris comme exemple de la régression sociale qu'aurait signifié le triomphe de Capriles ce que le Parti Populaire est en train d’accomplir en Espagne : l’appauvrissement, le chômage, les évictions d'occupants de logements.

Aujourd’hui, la haine de classe déclenchée au Venezuela par la droite est dirigée de préférence contre les CDI (centres de diagnostic complet), qui jouissent de la coopération généreuse et efficace des médecins cubains, contre les supermarchés subventionnés et contre le siège du PSUV (Parti socialiste unifié du Venezuela) et ses membres. Deux des personnes assassinées par la foule de droite défendaient un CDI, d’autres se trouvaient dans des sièges du parti de la majorité chaviste.

La haine de l’oligarchie prend pour cibles les réussites des plus pauvres, les symboles de la solidarité cubaine, les responsables d’un pouvoir électoral qui a organisé des élections non frauduleuses et a permis que les groupes populaires ne disparaissent pas de la scène politique comme c'était le cas dans   l'alternance bipartite qui caractérisait le régime précédent. L’oligarchie détruit ce qu’elle ne supporte pas, les symboles de la dignité des pauvres et de la répartition de la richesse, les symboles d’une démocratie enracinée dans les classes populaires.

La perte d’environ 600.000 votes par le chavisme inaugure une situation extrêmement dangereuse. La Révolution bolivarienne a réussi à ne jamais recourir à la terreur révolutionnaire par deux moyens : la distribution de la richesse pétrolière, qui a empêché une expropriation massive de l’oligarchie, et le financement des programmes sociaux ambitieux et des victoires électorales fortes et incontestables. La guillotine et la terreur ont été remplacés dans le Venezuela bolivarien par des scrutins propres et transparents qui rendaient et rendent possible que les aspirations des pauvres se traduisent en actions du gouvernement.

La renonciation à la violence révolutionnaire et à l’expropriation de l’oligarchie, la tentative de fonder une répartition social-démocrate radicale de la richesse sur un mouvement social révolutionnaire, mais essentiellement pacifique et fortement orienté vers les processus électoraux, sont des caractéristiques qui constituent à la fois la force et la faiblesse du processus bolivarien.

Il ne faut pas oublier qu’un aspect fondamental du « socialisme du XXIe siècle » est la tentative de s’éloigner du socialisme du XXe siècle et des modèles despotiques de type soviétique : socialisme et démocratie sont aujourd’hui à nouveau inséparables. Les démocraties révolutionnaires latino-américaines ont certainement été la réponse la plus efficace à l’anticommunisme des années 80. Cet élément démocratique est précieux et indispensable, mais il n’est pas incompatible avec la nécessité d’un ancrage de la démocratie révolutionnaire dans des relations sociales transformées.

Le Programme de la Patrie du président Chavez, assumé par Maduro, inclut des éléments importants qui vont dans ce sens : il s’agissait – et il s’agit toujours – de créer des situations sociales et économiques autant que possible irréversibles. Il faut changer les relations de propriété, mais aussi les relations d'appropriation réelle de la richesse et des moyens communs de production. Alors que la révolution bolivarienne a déjà apporté des acquis sociaux si importants que même le candidat Capriles s’est engagé – du bout des lèvres – à les garder, toutes ces réalisations sont malheureusement réversibles si les relations hégémoniques de production restent capitalistes.

Seul un changement dans la constitution matérielle, catalysé par les mouvements sociaux, permettrait que la démocratie socialiste fonctionne comme en Europe ou aux USA... mais en sens inverse. Il est absolument nécessaire qu’un changement électoral ne permette pas que la base matérielle change, que même si la droite gagne les élections elle ne puisse pas changer l’essentiel. Exactement comme cela arrive chez nous, en Espagne, où la gauche se voit forcée de pratiquer une politique de droite. La révolution bolivarienne sera parfaitement consolidée lorsque les changements aux élections ne toucheront que des questions mineures, sans que les acquis démocratiques et sociaux, l’accès libre et égalitaire de tous à la richesse et aux moyens communs de production soient en danger à chaque processus électoral. Ce n’est que dans ces conditions qu’on pourra être sûr qu'ils NE REVIENDRONT PAS.

 





Courtesy of Tlaxcala
Source: http://iohannesmaurus.blogspot.com.es/2013/04/venezuela-elecciones-y-reversibilidad.html
Publication date of original article: 17/04/2013
URL of this page : http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=9522

 

Tags: Révolution bolivarienneSocialisme du XXIème siècleNicolas MaduroVenezuelaAbya YalaAmérique LatineEspagneParti Populaire
 

 
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