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 23/10/2014 Tlaxcala, the international network of translators for linguistic diversity Tlaxcala's Manifesto  
English  
 UMMA 
UMMA / Morsi propose une solution à la crise syrienne
Date of publication at Tlaxcala: 20/08/2012
Original: Morsi gives solution to Syrian crisis

Morsi propose une solution à la crise syrienne

MK Bhadrakumar

Translated by  E.d.R.
Edited by  Fausto Giudice Фаусто Джудиче فاوستو جيوديشي

 

J'écrivais hier sur Asia Times que, dans les affaires politiques musulmanes lors d'évènements comme le sommet de l’OCI, qui s’est tenu à Djeddah sur la crise syrienne, invariablement le non-dit implicite s’avèrent être plus important que le discours officiel.

La narrative est en l'oocurrence bien rodée, bien propagée par les médias occidentaux (surtout usaméricains) et elle déteint inévitablement sur les discours des Indiens, à savoir que le sommet de l’OCI à Djeddah serait tout entier consacré à la « guerre froide » irano-saoudienne.

Mais le diable se cache dans les détails. Un objet d'immense curiosité était l’attitude qu'adopterait le président égyptien Mohamed Morsi (appartenant à l’organisation des Frères Musulmans) au sommet de l’OCI. Trois raisons à cela :

  1. C'était la première apparition de Morsi sur la scène internationale et le fait qu’un dirigeant islamiste élu démocratiquement dans un pays du Moyen-Orient soit intervenu à la tribune de l’OCI est devenu alors un moment fort.
  2. L’Egypte avait jusqu’à présent évité de prendre position sur la situation syrienne et l’adoption d’une position officielle égyptienne sur la crise syrienne revêt une importance particulière quant aux gages de développements, étant donné la volonté sans ambiguïté de ce pays de reprendre le leadership du monde arabe – en somme, l’Egypte pourrait être soit un allié soit un concurrent pour l’Arabie saoudite.
  3. Les Frères Musulmans font face à un dilemme. Ils sont arrivés au pouvoir en surfant sur la vague d’un « changement de régime », néanmoins, ils sont conscients que les Frères Musulmans en Syrie ont certaines caractéristiques uniques, comme en témoignent leurs relations secrètes avec les puissances occidentales et la Turquie (et certains disent même avec le renseignement israélien) pour la création de milices et le recours à la violence afin de forcer la « chute du régime » à Damas. Les Frères Musulmans d’Egypte ont, au contraire, soutenu la voie non-violente dans leur marche vers le pouvoir à travers des décennies de traversée de désert politique.

Évidemment, il y a une lutte intense afin d’influencer les Frères Musulmans d’Egypte. Ainsi, la décision étonnante du Qatar d’attribuer le joli montant de deux milliards de dollars à l’Egypte afin d’aider Morsi à faire face à la crise économique ne serait pas seulement le fait d’un soudain élan de générosité.

Bon nombre d’observateurs peuvent voir que le Qatar a créé un effet de levier au Caire au moment où l’influence saoudienne et US est confrontée à des incertitudes. Curieusement, l’élan de générosité du Qatar envers l’Egypte a coïncidé avec le sommet de l’OCI à Djeddah.

Dans ce cas, Morsi a été à la hauteur de la situation. La narrative, retiendra qu’il a appelé à une transition en Egypte. « Il est temps pour le régime syrien de quitter le pouvoir », dixit Morsi. Jusqu’ici tout va bien. Les médias occidentaux on applaudi des deux mains. Mais alors vint le texte entre les lignes. Morsi a appelé à une voie non-violente. Dans l’immédiat, il a appelé à un cessez-le feu pendant le Ramadan. De surcroît, il sollicitait une solution islamique.

Puis vint la bombe. Morsi a proposé qu’un groupe de contact, de discussions et de réconciliation, soit formé pour résoudre la crise syrienne par des moyens pacifiques. Et qui formerait ce groupe, je vous prie ? L’Arabie Saoudite, l’Egypte, la Turquie et l’Iran, a-t-il précisé.

En un mot, Morsi a rejeté la stratégie du « changement de régime » en Syrie prônée par les USA en alliance avec la Turquie, l’Arabie Saoudite et le Qatar (et avec Israël dans l’ombre employé aux opérations secrètes). L’ensemble des mesures que prône Morsi ressemble à s’y méprendre à celles que propose l’Iran.

Pas étonnant que Téhéran soit infiniment satisfait. Contrairement au silence assourdissant d’Ankara, Riyad et Doha, Téhéran a vivement accueilli la proposition de Morsi. Les Saoudiens sont perturbés par la trajectoire indépendante du Caire en matière de politique étrangère qui a sans doute plus de points communs avec Téhéran que le cap choisi par les États du CCG. La Turquie se sent découragée par le fait que la nouvelle Egypte ne soit pas exactement d’humeur à se rallier à la direction dite islamiste incarnée par le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan.

En effet, nous pouvons anticiper qu’une période très favorable attend les Frères musulmans d’Égypte pour poursuivre l’impulsion de leur révolution. Nous nous approchons lentement d’une réponse à la question qui a suscité de nombreuses angoisses aux parties concernées (Washington, Tel-Aviv, Riyad) : Est-ce que la nouvelle Egypte sera axée sur l’Arabie Saoudite ou Téhéran ?

La réponse est en train de cristalliser : Morsi se propose de suivre la voie du milieu. En fait, c’est exactement ce que suggère sa décision de participer au sommet du Mouvement des non-alignés à Téheran (lire Téhéran établit le dialogue avec l'Egypte de Morsi ).

Donc, il est temps de passer à la question suivante : à qui la voie du milieu de Morsi (et des Frères Musulmans) sera-t-elle la plus profitable – l’Arabie saoudite ou l’Iran ? Je ne parierais pas sur la réponse. A l’Iran, crétin ! Tout ce qu’a toujours espéré Téhéran tout au long de ces 34 dernières années, depuis la révolution islamique a été d'être considérée sur un pied d’égalité dans la région arabe. Et l’Egypte est enfin prête à reconnaître, que cette aspiration est tout à fait légitime.





Courtesy of Tlaxcala
Source: http://blogs.rediff.com/mkbhadrakumar/2012/08/18/morsi-gives-solution-to-syrian-crisis/
Publication date of original article: 18/08/2012
URL of this page: http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=8016

 

Tags: EgypteMohamed MorsiOrganisation de coopération islamique (OCI)SyrieIranArabie saouditeTurquieFrères MusulmansQatarIsraëlUSAMouvement des Non-Alignés (MAN)
 

 
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