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 24/07/2014 Tlaxcala, the international network of translators for linguistic diversity Tlaxcala's Manifesto  
English  
 CULTURE & COMMUNICATION 
CULTURE & COMMUNICATION / “Si n’est pas de la manipulation de l’information, c’est quoi au juste ? ˮ: à propos d’une émission d’ARTE sur la Grèce
Date of publication at Tlaxcala: 28/05/2012
Translations available: Deutsch 

“Si n’est pas de la manipulation de l’information, c’est quoi au juste ? ˮ: à propos d’une émission d’ARTE sur la Grèce

Vicky Skoumbi Βίκη Σκούμπη

 

Le jeudi 16 mai, j’ai participé à l’émission d’Arte 28 minutes sur le thème : La Grèce, talon d’Achille de l’Europe ? 

Je viens de visionner l’émission telle qu’elle a été diffusée et je n’en crois pas mes yeux : le passage où je disais que l’aide accordée à la Grèce a été en réalité une aide aux créanciers du pays, et que les plans de sauvetage successives ont été conçus pour protéger les créanciers d’un défaut éventuel de la Grèce, tout en plongeant le pays dans une récession de l’ordre de 20% et en le menant tout droit à la faillite, a tout simplement disparu ! Si vous regardez attentivement, vous constaterez les traces de coupure par des enchaînements assez abrupts et la non fluidité de la parole après la première intervention de Benjamin Coriat.
 
 De même est passé à la trappe, un passage vers la fin où j’avais évoqué une confrontation qui ne ’est pas de nature nationale entre Grecs et Allemands, mais bel et bien entre deux camps transnationaux, c’est-à-dire entre ceux qui, en marchant littéralement sur des cadavres, défendent les intérêts du secteur financier d’une part, et, d’autre part, ceux qui défendent les droits démocratiques et sociaux et en fin de compte le droit à une vie digne de ce nom. Je prends à témoin Benjamin Coriat qui participait à l’émission et qui pourrait certifier que j’ai bien tenu ces propos dont la trace disparaît sous les ciseaux du censeur.
 
 Car, cela relève tout simplement de la CENSURE. Une question s’impose : Qui donc contrôle Arte et qui filtre les infos ainsi ?
 
 
 Je l’avoue, je n’en reviens pas. L’émission a été enregistrée ’dans les conditions du direct’ deux heures et demie avant sa diffusion et que je sache cette formule veut dire qu’on ne coupe pas, à la limite on refait une prise si on a un souci, ce qui a été le cas pour les présentations. Et même si la pratique établie est de couper un peu les longueurs, comment se fait-il que les deux coupes principales portent, comme par hasard, sur des propos concernant les vrais bénéficiaires de l’aide à la Grèce, c’est à dire les banques, ainsi que sur le caractère fallacieux de la supposée confrontation gréco-allemande ?
 
 Comme vous pouvez d’ailleurs sans doute le constater vous-même, mon temps de parole correspond à un tiers - peut-être même moins- de celui de Monsieur Prévelakis. Celui-ci , avec sa proposition d’un médiateur, sous la tutelle duquel devrait se mettre la Grèce, proposait rien de moins que de suspendre les procédures démocratiques en Grèce et de placer Sarkozy (!) à la position d’un tuteur du peuple grec qui ne saurait être représenté par ses élus, surtout si ceux-là appartiennent par malheur au Syriza. J’ai bondi mais on ne m’a pas laissé le temps de réagir en coupant là l’émission.
 
 Conclure l’émission sur ce propos est absolument scandaleux. Cela n’honore pas, loin de là, Arte qui se revendique d’une sensibilité démocratique. D’ailleurs, si vous regardez un peu attentivement le déroulement juste avant la fin, vous verrez que la dernière question s’adresse à moi, Mme Quin se tourne bien vers moi et non pas vers M. Prévélakis. Et ma réponse concernant les deux Europe qui s’affrontent et qui précédait la conclusion de Georges Prévélakis, est passée complètement à la trappe.
 
 Bref, les coupures, la répartition inégale du temps de parole, la conclusion sur un appel à suspendre la démocratie en Grèce, tout cela, si n’est pas de la manipulation de l’information, c’est quoi au juste ?
 
 Voilà bien des questions sur le traitement de l’information par une chaîne européenne qui se veut indépendante.
 

►Le producteur de l’émission a apporté une réponse (ici) à laquelle s’associe la Direction des Programmes d’ARTE. Tlaxcala, qui a traduit la lettre de Vicky Skoumbi en allemand, laisse le soin à la chaîne publique franco-allemande de traduire elle-même sa réponse en allemand. Elle y est tenue par son cahier de charges et elle est financée et équipée pour cela.





Courtesy of Vicky Skoumbi
Publication date of original article: 18/05/2012
URL of this page: http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=7400

 

Tags: arteGrèceAllemagneFrancemédiascensureEuropeUnion européenne28 minutes
 

 
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