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 18/12/2014 Tlaxcala, the international network of translators for linguistic diversity Tlaxcala's Manifesto  
English  
 EUROPE 
EUROPE / Crise de la dette: En Espagne, le danger, ce sont les banques!
Date of publication at Tlaxcala: 16/05/2012
Original: Schuldenkrise: Banken sind Spaniens gefährliche Hypothek
Translations available: English  Ελληνικά 

Crise de la dette: En Espagne, le danger, ce sont les banques!

David Böcking

Translated by  Michèle Mialane

 

 

Dramatique action de sauvetage en Espagne : le pays nationalise sans autre forme de procès son quatrième établissement de crédit. C’est la dernière péripétie d’une crise bancaire qui couve depuis longtemps et déclenchée par la crise de l’immobilier.

 
Hambourg : Il n’y a pas si longtemps, on ne tarissait pas d’éloge sur le comte du système bancaire espagnol. Lorsque les instituts financiers allemands et nombre d’autres établissements européens se retrouvèrent embourbés dans les subprimes états-uniennes, un calme remarquable régnait au Sud-Ouest du continent. Pourquoi ? parce que les systèmes de contrôle des banques espagnoles avaient largement interdit les prises de risque.
 
Mais les banques espagnoles sont désormais l’homme malade de la zone euro. La situation est vraiment dramatique, comme nous l’avons vu mercredi soir : le gouvernement espagnol a annoncé qu’il allait nationaliser Bankia, le quatrième établissement financier du pays. Une annonce si hâtive témoigne d’un certain affolement. Car le cabinet du conservateur Mariano Rajoy ne devait publier son prochain plan de sauvetage que vendredi.
 

 

Rodrigo Rato a démissionné de son poste de PDG de Bankia

 
Comment une pareille escalade a-t-elle pu se produire sur la marché financier espagnol ? Le problème des contrôleurs espagnols, c’est qu’ils avaient bien vu le danger extérieur, mais oublié leur propre pays. Comme aux USA il s’est formé en Espagne une bulle immobilière, mais simplement elle ne se cachait pas sous des produits financiers complexes. Les Caisses d’épargne espagnole - les « Cajas » ont dérapé en spéculant sur des emprunts très ordinaires.
 
À l’inverse de leurs homologues allemandes les Cajas avaient supprimé le principe régional dès 1988. Donc toutes ont pu prendre part au boom de l’immobilier, qui bétonna en particulier les côtes du pays. Conséquence: les Caisses d’épargne sont toujours à la tête de « créances pourries » estimées au total à 180 milliards d’euros.
 
Selon Hans-Peter Burghof, le directeur de l’Institut de gestion bancaire de l’université de Hoheim, « l’Espagne a mal déréglementé ». Le gouvernement cherche bien, depuis pas mal de temps, à contrer le problème. Et c’est ainsi que fin 2010, sous la pression de Madrid, 7 Cajas  ont fusionné pour donner naissance à  Bankia. On espérait que les établissements s’en tireraient mieux ensemble.

Des doutes quant à la stratégie de sauvetage

Burghof met cette logique en doute. « Somme toute, la petite taille des banques n’a pendant longtemps pas posé problème.»  Au contraire: La crise financière a montré le danger que faisaient courir les établissements «  too big to fail » - c’est à dire trop importants pour que l’État puisse les laisser faire faillite. Un souci que l’Espagne a désormais avec Bankia, qui administre tout de même un dixième des dépôts d’épargne espagnols.
 
Il faut ajouter que l’étendue des risques dans le secteur bancaire espagnol est encore difficile à évaluer. Le Fonds monétaire international (FMI) attestait encore fin avril que le pays effectuait « une restructuration considérable et avisée du secteur des Caisses d’épargne, mais que sa capacité à gérer les ajustements nécessaires était très inégale au sein du système. »
De grandes banques -Santander, la BBVA- disposent de capitaux et de bénéfices suffisants. Mais d’autres établissements pourraient, selon le FMI, avoir des problèmes pour répondre aux nouvelles exigences du gouvernement. Rien qu’à la maison-mère de Bankia, la BFA, il manquerait 3,5 milliards d’euros. La semaine dernière, BFA a même dû soumettre sans l’avoir vérifié son bilan annuel à l’office de contrôle des banques, parce que les contrôleurs de Deloitte lui ont refusé leur approbation.
 
Les banques espagnoles ont déjà dû déduire 54 milliards d’euros de créances pourries, et vendredi elles pourraient être contraintes par le gouvernement à de nouve lles provisions pour dépréciation. Des rumeurs les estimant à 35 milliards d’euros avaient mercredi fortement plombé les actions des banques espagnoles. Après les preuves de bonne volonté fournies par l’État dans le cas de Bankia, les cours étaient remontés.
 
Mais jusqu’où peut aller l’aide fournie par l’Espagne? Jusqu’à présent l’État est relativement peu endetté (70% du PIB). En comparaison, l’Irlande a nationalisé durant la crise la quasi-totalité de son secteur bancaire, ce qui a porté son endettement à 110% du PIB. Toutefois la marge de manœuvre du gouvernement est limitée, car il tente d’endiguer une croissance exponentielle de son endettement au moyen de mesures d’austérité drastiques. La situation du marché du travail devient de plus en plus critique, un Espagnol sur quatre étant sans emploi. Ce qui aggrave encore la situation des banques: non seulement les crédits accordés à la légère au moment du boom immobilier ne sont pas remboursés, mais il en va de même pour ceux de salariés « normaux » qui ont perdu leur emploi. Selon Burghof «  c’est un effet négatif qui s’autoalimente.»
 
Dans ce contexte de plus en plus de voix exigent que l’Espagne accepte une aide financière de ses partenaires européens, par exemple du Fonds de stabilité européen (FSE). Mais jusqu’ici le gouvernement Rajoy s’y est strictement refusé, pour ne pas dégrader la note du pays. D’après un article du journal «  Vanguardia », la Commission européenne pousse l’Espagne à faire appel à un collège d’experts pour examiner les bilans de ses banques. Cette enquête servirait de base pour évacuer les dernières créances toxiques.
 
Mais que faire de se ces déchets financiers ? Il paraît que le gouvernement projette de créer des « bad banks » pour y délocaliser les créances, afin qu’elles cessent de plomber les bilans des banques. Le FMI avait lui aussi déclaré dans son dernier rapport qu’il était désormais prioritaire de trouver une solution à ce problème. Toutefois, pour les experts, les « bad banks » constituaient une option parmi d’autres. Burghof ne considère ces sociétés-poubelles comme raisonnables que si elles sont totalement séparées des établissements et ne plombent plus leurs capitaux propres. « Dans ce cas une « bad bank» constitue une solution propre et nette. »
 
Mais même si l’Espagne parvenait à maîtriser son problème bancaire, la nationalisation de Bankia constituerait une hypothèque pour le gouvernement. Premièrement le Premier Ministre Rajoy avait promis que l’État ne mettrait plus d’argent dans les banques- une promesse vite oubliée. Deuxièmement l’histoire de Bankia ne devrait pas accroître la confiance des Espagnols dans leurs banques : quand Bankia est entrée en Bourse, en juillet 2011, ses actions ont attiré principalement les investisseurs espagnols. On leur avait promis que cet investissement était sûr, mais dès février les actions ont chuté. En quelques mois elles ont désormais perdu 40% de leur valeur.
 

 





Courtesy of Spiegel Online
Source: http://www.spiegel.de/wirtschaft/unternehmen/warum-spaniens-banken-in-der-krise-stecken-a-832491.html
Publication date of original article: 10/05/2012
URL of this page : http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=7317

 

Tags: EspagneEuropeUnion européenneBankiaCrise de la detteBanksters
 

 
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