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 26/02/2020 Tlaxcala, the international network of translators for linguistic diversity Tlaxcala's Manifesto  
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 EUROPE 
EUROPE / Siegwart-Horst Günther, médecin, antifasciste, Juif et courageux lanceur d’alerte-Interview du découvreur du syndrome de la Guerre du Golfe
Date of publication at Tlaxcala: 02/03/2012
Original: Siegwart-Horst Günther, Arzt, Antifaschist, Jude und mutiger Mahner-Interview mit dem Entdecker des Golfkriegssyndroms
Translations available: فارسی 

87 and déjà!
Siegwart-Horst Günther, médecin, antifasciste, Juif et courageux lanceur d’alerte-Interview du découvreur du syndrome de la Guerre du Golfe

Brigitte Queck Бригитте Квек

Translated by 

 

Monsieur le Professeur, vous êtes connu dans le monde entier pour avoir découvert le syndrome de la Guerre du Golfe, autrement dit avoir mis en évidence l’utilisation d’uranium appauvri dans la guerre menée par les USA et la Grande-Bretagne contre l’Irak. Comment y êtes-vous parvenu ?

En 1990 j’ai été nommé professeur à l’Université de Bagdad. C’était l’époque de l’embargo contre

Siegwart-Horst Günther est né le 24 février 1925 à Halle. Il est spécialiste de médecine tropicale et chercheur sur les symptômes de l’intoxication par les munitions à uranium appauvri.

À l’époque nazie, il avait le grade de sous-lieutenant ; plusieurs fois blessé, il est entré dans le groupe de résistants du comte Stauffenberg. Après la découverte du complot, il a été interné à Buchenwald.

Une fois l’Allemagne libérée du fascisme il a fait, entre 1945 et 1950, des études de médecine humaine à Iéna et a fait sa thèse de doctorat avec le professeur Döderlein.

Devenu le plus jeune professeur de la RDA, il a eu un poste au Caire en 1956. De 1963 à 1965 il a travaillé à Lambaréné avec Albert Schweitzer. Ensuite il a exercé comme professeur de médecine en Égypte, Syrie, Israël et Irak. De 1990 à 1995 il a travaillé au Centre hospitalier universitaire de Bagdad.

Après la deuxième Guerre du Golfe, il a réuni quelques restes de munitions à uranium appauvri utilisées par les USA en Irak et les a emportés à Berlin en 1996 pour les faire analyser par des laboratoires. Ces examens ainsi que 3 laboratoires ayant travaillé indépendamment les uns des autres ont confirmé la dangerosité de ces projectiles en raison de leur radioactivité.

l’Irak. À Noël j’étais chez moi. Peu après, l’Irak été bombardé par les USA et la Grande-Bretagne. Je suis revenu en Irak après la Deuxième guerre du Golfe.
Sur la route qui me menait de Bagdad à Amman j’ai remarqué des projectiles qui m’ont semblé étranges. À Bassorah, à la frontière du Koweït, j’avais vu un enfant jouer avec des capsules de munitions. L’un de ces enfants avait contracté ensuite une leucémie, maladie tout à fait atypique chez un enfant, et en était mort peu après. 
 
J’ai fait ramasser les munitions par la police locale. J’ai emporté l’un des projectiles ainsi que des capsules en Allemagne et je les ai fait analyser par 3 universités. Des tests de laboratoire effectués par l’Institut Luise Meitner, le Centre hospitalier de l’Université libre de Berlin-Charlottenburg et l’Université Humboldt de Berlin ont apporté la preuve que les USA avaient utilisé en Irak des armes interdites par les Conventions de Genève.
 

Qu’ont exactement révélé ces analyses ?

Le projectile que j’ai rapporté en Allemagne (connu depuis sous le nom de munition à l’uranium appauvri) a une surface rêche qui libère une poussière radioactive quand on la touche. Une manipulation inadéquate du projectile crée un danger de contamination radioactive par absorption pouvant porter atteinte à la santé.
 
La dose libérée par la surface du projectile est d’environ 11 microsieverts (=joule/kg) à l’heure. En une heure seulement, la manipulation de ces munitions expose les soldats - ou les enfants des zones en guerre qui jouent avec ces projectiles - à une dose de radioactivité que les scientifiques considèrent déjà comme dangereuse lorsqu’elle est absorbée en une année!
 
En outre, cette munition radioactive provoque fatalement des cancers, des déficiences immunitaires, des malformations et autres atteintes du même ordre !

Pourquoi, selon vous, l’OTAN utilise-t-elle ces munitions à uranium appauvri ou des bombes contenant des substances radioactives dans les zones de guerre ?

 
L’industrie de l’armement fabrique des munitions à uranium appauvri parce qu’elles sont lourdes, de densité élevée et donc à même de pénétrer comme dans du beurre dans l’acier ou le ciment. On atteint alors des températures de 1000 à 2000 degrés Celsius ! Les blindés, ou les habitations et les ponts brûlent alors presque sans résidus et libèrent une fine poussière d’uranium, d’un diamètre inférieur aux globules sanguins, inodore et sans saveur, que les vents et les tempêtes transportent tout autour du globe. Les particules d’uranium qui s’infiltrent dans les nappes phréatiques y ajoutent d’incommensurables dommages.
 
Si l’on considère que certains des composants de ces munitions à l’uranium appauvri dont une demi-vie de plusieurs millions d’années, on mesure à quelle menace on soumet notre mère la terre, ses habitants et la nature.

Que s’est-il passé lorsque vous avez refusé de payer la lourde amende que vous avait infligée le Tribunal administratif du Jardin zoologique (quartier de Berlin, Ndlt) pour avoir introduit en fraude un « projectile radioactif » selon le protocole de la Préfecture de police berlinoise ?

On m’a jeté en prison comme un criminel et j’y ai été maltraité, comme je l’ai exposé dans mes ouvrages qui documentaient le problème : «  Témoins muets d’une guerre » et « Munitions à l’uranium appauvri : des soldats gravement lésés, des nouveau-nés malformés, des enfants qui meurent.»

C’est donc somme toute à vous que nous devons d’avoir apporté la preuve, grâce aux analyses de ces projectiles effectuées par 3 instituts de recherche allemands, que les munitions et bombes à uranium appauvri sont bien des armes nucléaires ?

Oui, bien sûr. Vous pourrez lire dans le mandat d’amener du Tribunal administratif du Jardin zoologique à Berlin en date du 15 janvier 1993 les lignes suivantes :
 
« Vous êtes accusé, à Berlin et autres lieux de République fédérale, d’avoir conservé par-devers vous des déchets radioactifs, en infraction avec la loi sur le nucléaire ou une prescription légale découlant de cette loi, puisque vous êtes entré en République fédérale vers la mi-juillet 1992 en possession d’une capsule d’uranium métallique pour l’utiliser comme objet de démonstration, ce qui vous a amené à la déposer au service de médecine nucléaire de l’hôpital Rudolf Virchow... »
 

Bien qu’au début des années 90 beaucoup se soient moqués de vous et vous aient traité de conspirationniste, les gouvernants n’ont que trop bien reconnu le danger que vous leur faisiez courir en répandant la vérité et ont essayé de vous imposer silence en 1999, Peu avant le début de la guerre en ex-Yougoslavie, où cette arme a également été utilisée, (Wilms, un scientifique indépendant, a parlé de 100 tonnes environ de munitions radioactives utilisées pour la seule guerre en Yougoslavie, principalement au Kosovo).

Oui. Le prétexte en a été un versement que m’avait refusé la caisse de retraite. Le Tribunal administratif de Husum en date du 14 juillet 1999 employait ces termes lapidaires :
« Je dois vous rappeler une fois de plus qu’il nous est ici impossible d’effectuer un versement ou de contraindre en quelque manière la Caisse des retraites. Cette procédure ne concerne que la question de savoir si l’on peut ou doit vous placer sous curatelle...

On vous a alors menacé d’un internement psychiatrique d’office ?

Oui. Une lettre du Tribunal administratif de Husum en date du 22 octobre 1999 (Az: 2C861/97 und  C 1224/97 AG Husum), qui ne m’avait pas été adressée par voie postale, mais remise à dessein avec du retard un jeudi soir à ma porte (je devais être interné en psychiatrie par la force un lundi !!) m’informait que
« En raison des congés la personne concernée ne peut être mise en observation dans l’établissement spécialisé désigné à cet effet qu’à partir du 2 novembre 1999. En conséquence le tribunal a déclaré que cet examen devrait être terminé le 10 novembre au plus tard. Ce jour-là au plus tard il faudra examiner s’il est nécessaire de prescrire un nouvel internement pour juger de son état mental »
Et plus bas que :
 
« L’internement de la personne concernée dans une institution psychiatrique fermée pour l’établissement d’une expertise relative à la nécessité d’une curatelle est prévu le 3 au plus tard. Si les autorités compétentes procèdent à l’internement, elle sont autorisées- si nécessaire en faisant appel aux forces de police - à utiliser la force. »

Les dirigeants de ce pays savaient apparemment très bien que :

1/ vous n’aviez aucune aide à attendre de la part de votre famille (votre femme, médecin elle aussi, avait pris peur après avoir vu des croix gammées taguées sur votre maison et entendu hurler des slogans nazis devant chez vous, d’autant plus qu’aucun patient ne s’était plus montré après cet incident ; elle avait demandé le divorce et vit désormais quelque part dans le Sud de l’Allemagne)

2/vous n’étiez pas couvert par une assurance de protection juridique.

Il aurait donc été facile à l’époque de vous isoler discrètement et de vous imposer ainsi un silence définitif.

 Bien sûr. Mais lors d’un séminaire sur la guerre de 1999 en Yougoslavie à Erfurt, j’ai rencontré les « Mères contre la guerre » (aujourd’hui «  Mères contre la guerre de Berlin-Brandebourg ») Le jeudi soir où j’ai reçu cette lettre me menaçant d’un internement psychiatrique par la force le lundi suivant, je les ai appelées et leur ai demandé de l’aide.
 
Les « Mères contre la guerre » se sont mises en relation le lendemain avec le Dr Distel et lui ont demandé de m’assister juridiquement. En outre, avec l’aide d’une association de Hambourg, elles ont informé tous les journaux, stations de radio et de télévision importants que je me trouvais en danger. Un membre de l’organisation de Mères s’est en outre rendu à Sankt Peter Ording pour empêcher la police de m’emmener de force le lundi. Après ces actions, je n’étais plus seul et lorsque je suis tout de même allé à la clinique Karl Boenhoffer pour y faire examiner mon état mental, cinq membres de cette organisation ainsi que le Professeur Schott m’ont accompagné. Monsieur l’avocat Schulz a même établi une chaîne téléphonique qui devait informer les médias en cas de besoin !
 

Vous avez eu accès à l’expertise réalisée par la clinique Karl Boenhoffer. Quelles sont ses conclusions ?

Concernant ma personne et le soutien croissant que je recevais de certains mouvements pacifistes, elle disait :
« On a cependant constaté des traits paranoïdes. Mais seul un tribunal (un expert près du tribunal) est à même de décider s’ils interdisent à la personne concernée de gérer ses affaires. 
 
Monsieur le Professeur G.  étant opposé à sa mise sous curatelle, celle-ci ne peut être instituée contre la volonté expresse de Monsieur G. que si son inaptitude à gérer ses affaires peut être prouvée.
 
Monsieur le Professeur G. semble avoir perdu une partie de son potentiel énergétique, en ce qui concerne certaines choses (munitions à uranium, pollution, contamination radioactive des êtres humains) son émotivité est très forte.
L’expertise concluait toutefois que « pour l’instant le Professeur G. est tout à fait capable de gérer des propres affaires sans recours à une curatelle. »
 
Toutefois on précisait : «S’il s’avérait impossible de trouver un moyen de résoudre les problèmes soulevés, on peut envisager du point de vue neurologique une exploration supplémentaire qui prendrait la forme d’une surveillance de son parcours au bout d’un certain temps (au moins six mois) »

Les organismes étatiques ont-ils osé pratiquer cette « exploration supplémentaire » ?

Non, au regard de ma notoriété sans cesse croissante et de la reconnaissance mondiale de mes découvertes relatives à la dangerosité des munitions à uranium appauvri.

Vous êtes ainsi que le Dr Leuren Moret, une experte internationale des rayonnements et ex-collaboratrice au projet Marian Falk (ex-projet Manhattan), connu comme scientifique et insider reconnu aux Laboratoires  Livermore-, expert du „fallout“* radioactif.

Oui, bien sûr. Elle a taxé les armes à uranium appauvri de cheval de Troie de la guerre nucléaire. Il faut noter ici que jusqu’à présent ce sont exclusivement des armes à l’uranium appauvri qui sont utilisées dans les zones de guerre du monde entier, et qu’aussi bien les représentants de l’industrie de l’armement que les milieux gouvernementaux des USA et de tous les pays capitalistes du monde continuent à dissimuler leur emploi et à nier que les munitions à uranium appauvri soient des armes nucléaires. Il y a une bonne raison à cela: la Cour de Justice internationale a interdit dès 1996 l’utilisation d’armes nucléaires !!

Quel serait votre message actuel aux pacifistes, y compris les antinucléaires, en Allemagne et dans le monde entier ?

Toute guerre est un crime. Mais une guerre nucléaire comme celle que les USA et leurs alliés mènent déjà de manière subliminaire constitue un crime irréparable contre l’humanité.
 
Tous les pacifistes mais aussi tous les adversaires de l’atome se doivent d’informer les gens sur les modifications incommensurables et irréversibles de la nature, du règne animal et de l’humain qu’entraîne l’utilisation des nouvelles munitions à uranium appauvri et d’agir pour que leur interdiction définitive par la Cour de Justice internationale dès 1996 soit enfin respectée. Il y faudra du courage et de la ténacité.
Mais dans l’intérêt de nos descendants il est urgent d’agir !
 

*Fallout : Retombées radioactives consécutives à une explosion atomique ou à un accident majeur du cœur d’un réacteur. Le souffle de l’explosion projette de la poussière dans l’atmosphère. Cette poussière se divise en couches et se répand sous forme d’aérosol à des vitesses et dans des directions variables. Il s’ensuit des retombées sous forme de condensés que l’on détecte et mesure à la surface du sol. La radioactivité des particules entraîne un fort rayonnement et éventuellement une intoxication. En l’absence de poussières, il n’y a pas de « fallout ».[NdE]

 

 





Courtesy of Tlaxcala
Source: http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=6901
Publication date of original article: 24/02/2012
URL of this page : http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=6943

 

Tags: Siegwart -Horst Günther Syndrome de la guerre du GolfeArmes à uranium appauvriUSAGrande-BretagneIrakArmes atomiquesLeuren MoretProjet ManhattanMarian FalkLivermoreLanceurs d'alertesRDAPsychiatrisation des dissidents en RFA
 

 
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