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 19/12/2018 Tlaxcala, the international network of translators for linguistic diversity Tlaxcala's Manifesto  
English  
 AFRICA 
AFRICA / "Une image très parlante de la pauvreté en monde rural"?
Date of publication at Tlaxcala: 23/07/2011
Original: The war on Africa’s family farmers
Translations available: Deutsch 

"Une image très parlante de la pauvreté en monde rural"?

Joan Baxter

Translated by 

 

 

 

Le « Rapport mondial sur le développement 2008 - Économie agraire et développement » commence par ces mots : « Une Africaine, courbée sous le soleil, sarcle du sorgho dans un champ desséché. Elle porte un enfant sur son dos. Une image très parlante de la pauvreté en monde rural. » 1

 
Avec tout le respect dû aux experts de la Banque mondiale, à qui nous devons les 365 pages de ce rapport volumineux (et sûrement très coûteux) : cette photo fait problème. Car cela saute aux yeux : aucun des proches de cette femme n’y figure, ni d’autres femmes avec qui elle bavarde et rit, peut-être, tout en travaillant. Et peut-être est-elle ravie de sentir son bébé blotti sur son dos - qu’y a-t-il de mieux pour une mère et son enfant ?
 
Mais l’absence de contexte et l’étroitesse du cadrage ne sont pas les seuls problèmes posés par cette « image très parlante de la pauvreté en monde rural.» Elle illustre un préjugé unilatéral, destiné à éveiller la pitié et non le respect que méritent les paysans africains. Elle ignore leur connaissance complexe des ressources naturelles, la diversité des espèces végétales qu’ils cultivent, adaptées à des sols et conditions climatiques très différents, leur réseau complexe, solide et adaptable, d’exploitations familiales pratiquant une agriculture écologique. Il manque une vue d’ensemble, les nombreuses autres plantes que cette femme cultive sûrement dans une exploitation familiale pratiquant une agriculture écologique biodiversifiée, les arbres précieux, dont elle-même et sa famille dépendent pour se procurer un revenu, de la nourriture, des fibres, des médicaments, du bois et dont le sol a besoin pour conserver sa fertilité et empêcher l’érosion. Cette photo vise au maintien du cliché selon lequel les exploitations familiales africaines sont inefficaces et peu productives.
 
Elle fait l’impasse sur l’importance de la famille et la solidarité de la communauté rurale, les avantages qu’elle a sur les quartiers urbains misérables. On n’y voit pas l’enthousiasme, le génie et l’énergie des paysans africains qui continuent à produire une incroyable diversité de plantes autochtones ainsi que leurs semences. Ce préjugé ne rend pas non plus justice aux inlassables groupes de femmes, comme les infatigables Maliennes de Petaka, le très résolu «Perseverance Women’s Group» du village de Bongor en Sierra Leone ou les Camerounaises débordantes de vie du « Rural Housewives' Group», au village de Ngalli II, qui se rendent en chantant et dansant à leur parcelle forestière.
 
D’innombrables autres organisations de paysans (hommes et femmes) travaillent infatigablement dans tout le continent à améliorer leur revenu, en dépit de tous les obstacles politiques et économiques et du changement climatique, dont ils ne sont nullement coupables.
 
Mais ces précisions et cette manière de voir détruiraient le préjugé répandu par la Banque mondiale, qui fait du paysan africain en général un être misérable et démuni, incapable de faire quoi que ce soit sans la sagesse de la Banque mondiale et de ses amies les multinationales.
 

Une image très parlante de la richesse urbaine moderne, de sa monstruosité et de sa cupidité?

 

Comme la Banque Mondiale semble aimer faire commerce de préjugés, nous pourrions peut-être lui en proposer un autre : « Une clique de chefs d’entreprise très puissants et très bien nourris ainsi que de banquiers en costume haut de gamme, réunis autour de la superbe table de leur Conseil d’administration décident des moyens de « mettre en valeur » le potentiel de l’Afrique - une image pittoresque de la richesse urbaine moderne au XXIe siècle, de sa monstruosité et de sa cupidité »?
 
Fin de janvier dernier la Banque mondiale a tenu, à son siège de Washington D.C. un sommet de ce genre, entre « experts ». Il visait à « valoriser l’agriculture en Afrique» à « aider les petits paysans africains à passer de l’agriculture de subsistance à l’agriculture de rente » et à accompagner la toute jeune industrie agro-alimentaire africaine sur la voie de l’indépendance.»2
 
Ce petit colloque a été organisé par Robert Zoellick, Président de la Banque mondiale ex-vice-président du groupe Goldman Sachs, l’une des plus grosses et des plus riches banques d’investissements au monde. Et qui étaient ces experts triés sur le volet invités à Washington par ses soins pour décider du sort de millions de paysans africains ? Malheureusement nous ne disposons pas d’une liste exhaustive, car la Banque Mondiale n’a pas réagi à nos demandes répétées. Nous devons donc nous contenter d’un bref compte-rendu de cette rencontre, établi par la Banque mondiale elle-même, pour nous faire une idée de l’identité de ces « experts ». Il est à peu près sûr que pas un seul n’a mis en doute le préjugé qui fait des petits paysans africains- et de leurs exploitations familiales- des êtres bien à plaindre, immatures et peu productifs.
 
Assistaient notamment à cette rencontre des délégués du géant états-unien de la grande distribution, Walmart, de la chaîne de supermarchés sud-africaine Shoprite et de l’entreprise de brasserie SABMiller. Selon le compte-rendu, «ils ont parlé avec chaleur de leur foi en les petits paysans africains.»3 Étaient également présents Standard Chartered und Cargill.
 
L’expertise de ces participants en matière d’agriculture paysanne africaine n’est pas évidente. Pas évident non plus qu’ils comprennent les gros problèmes auxquels elle est confrontée et donc quelles solutions il convient d’y apporter. Mais les grandioses solutions que proposent la Banque mondiale, les multinationales et un certain nombre de milliardaires sans avoir analysé les causes du malaise africain ne les a jamais empêchés de prescrire au continent un médicament inapproprié.
 
Les programmes d’ajustement structurels, par exemple, désormais remplacés par des stratégies de réduction de la pauvreté (PRSP, Poverty Reduction Strategy Papers) exigent toujours plus d’austérité, qui induisent des coupes drastiques dans les budgets de santé publique et d’éducation, les services de conseil aux agriculteurs et les programmes de soutien aux exploitations familiales et communautés rurales. La « Révolution verte » soutenue par la Fondation Bill & Melinda Gates et Rockefeller, orientée vers les marchés mondiaux, les semences d’importation et les engrais et pesticides, menace en dernier ressort la biodiversité et la survie des exploitations familiales pratiquant une agriculture écologique.4
 
En outre la libéralisation du commerce - sur les conseils de « bailleurs de fonds », la Banque mondiale et le FMI, a inondé le marché africain de denrées alimentaires d’importation bon marché - et souvent subventionnées, ce qui détruit les économies locales.5
 
Tout cela rend plus dure la vie des exploitations familiales africaines. En dépit d’énormes obstacles - mauvaises routes, accès difficile aux marchés, manque d’établissements publics (écoles), de possibilités de stockage et de matériel de transformation, concurrence déloyale des marchandises étrangères pratiquant le dumping des prix, mauvais conseils des experts étrangers, changement climatique et grave manque de respect envers eux, les petits agriculteurs africains réussissent à produire 80% de l’alimentation du continent. 6
 
Mais il semble que la Banque mondiale et ses amies les multinationales aient désormais un projet plus dangereux encore pour l’Afrique et ses paysans. Il ne s’agit ni plus ni moins que de placer l’agriculture africaine sous le contrôle des grandes firmes et des investisseurs fortunés qui finiront ainsi par contrôler la production et la commercialisation des denrées alimentaires, agrocarburants et autres productions agricoles du continent. Cette même stratégie qui a déjà décimé les exploitations familiales et les économies alimentaires d’Amérique du Nord a entrepris une « croisade des multinationales pour l’alimentation » qui leur permettra de contrôler la totalité de la chaîne alimentaire.7
 
Bien sûr ce n’est pas ce qu’ils disent. Les « experts » réunis à la Banque mondiale pour le colloque ont parlé « d’accroître la productivité du secteur agricole africain, de créer des emplois, d’améliorer les conditions de vie et de réduire la pauvreté. »8 On jurerait être en face de gens charmants et compatissants, qui désirent vraiment le bien des petits agriculteurs africains et la sécurité alimentaire du continent. Mais on change d’avis si l’on examine de près qui sont ces gens et ce qu’ils veulent vraiment faire de l’agriculture africaine.

Qui sont ces « experts » qui veulent « valoriser» l’agriculture africaine ?

 
Walmart est la plus grande chaîne de supermarchés mondiale ; c’est la famille Walton, aux USA, qui en est le propriétaire. La richesse nette des quatre Walton s’élève à 90 milliards de dollars environ, ils occupent respectivement les 10ème, 20ème, 21ème et 22ème places au classement Forbes des plus grosses fortunes mondiales.9 Walmart est connu pour pratiquer des salaires extrêmement bas et mettre le couteau sur la gorge de ses fournisseurs afin de pouvoir écraser les prix sans aucun égard pour les prix de revient des producteurs. Walmart a donné naissance au concept de « walmartisation » devenu synonyme de chasse aux syndicats de politique du « toujours moins »10. la Fondation Walmart a prévu 1 milliard « d’investissements dans l’agriculture africaine.» 11Au vu de sa politique de réduction des coûts et de maximisation des profits sur le dos de ses salariés et de ses fournisseurs, il est difficile de supposer chez Walmart la moindre trace d’intérêt pour le bien des paysans africains.
 
On trouvait aussi, au colloque de la Banque mondiale, la plus grosse entreprise agro-alimentaire mondiale, et parallèlement la plus grosse firme privée du monde, Cargill.12 Cargill ne semble pas être le candidat rêvé au titre de meilleur ami des petits paysans africains, ou de qui que ce soit d’autre. Elle a fait l’objet de plaintes notamment pour trafic d’enfants (exploités ensuite dans des plantations de cacao en Côte-d’Ivoire)13, a été reconnue responsable d’intoxication alimentaire14 et d’une déforestation débridée.15
 
SABMiller, la plus grande entreprise de brasserie au monde et important embouteilleur de Coca-Cola16 affiche un bénéfice annuel de plus de 2 milliards de livres sterling (environ 2, 279 milliards d’euros). Elle a été accusée d’avoir soustrait au fisc, en Inde et en Afrique, plus de 20 millions de livres17 placées dans des paradis fiscaux. Comme on pouvait s’y attendre, SABMiller « rejette catégoriquement ces allégations.»18
 

Standard Chartered, un autre expert présent à Washington et désireux de « valoriser l’agriculture africaine » est une transnationale prestataire de services dont les origines remontent à l’époque coloniale, où elle a accumulé les profits dans les colonies anglaises.19 Son histoire récente est jalonnée de scandales que le monde de l’entreprise nomme avec indulgence des « faux-pas éthiques »20. Standard Chartered se concentre désormais sur les banques privées21. Comprenez : elle met l’argent des très riches à l’abri dans les paradis fiscaux.
 
Mais qu’ont donc les délégués de ces firmes géantes et de ces banques à faire avec le Président de la Banque mondiale dans un colloque à huis clos où l’on débat de l’agriculture africaine ? Il faut lire entre les lignes du compte-rendu de la Banque mondiale si l’on veut comprendre leurs intentions, voilées par leur langue de bois.
 
Tout d’abord, ils semblent être à l’affût des terres arables. En dépit de leur prétention de favoriser « des investissements agraires responsables »22, le groupe de la Banque mondiale est pleinement engagé dans l’accaparement des terres arables africaines. Il soutient la fondation d’agences qui poussent aux investissements et met des conseillers à la disposition des investisseurs étrangers désireux d’acquérir d’immenses terres agricoles, opération qui en outre s’accompagne souvent d’exonérations fiscales. 23
 
Au colloque de Washington, les participants ont déclaré qu’il fallait investir dans l’agriculture en Afrique, où « 60% des terres arables sont en jachère » ou « en friche ». Ce qui sous-entend que les friches ou les jachères sont inutilisées et que les investisseurs peuvent s’en saisir. S’ils avaient quelque teinture de soutenabilité écologique et d’agriculture respectueuse de l’environnement, ils sauraient que la jachère a une énorme importance. Elle améliore la fertilité du sol, entretient la biodiversité, protège de précieuses ressources en eau et du sol, représente une source importante de bois à brûler et de matériaux de construction, plantes médicinales, plantes comestibles et fruits sauvages et fournit de délicieux aliments directement issus des arbres, comme le vin de palme. Les jachères durent de moins en moins longtemps24, ce qui indique que les terres arables africaines, loin d’être surabondantes, se font de plus en plus rares.
 
Le rapporteur spécial de l’ONU pour le droit à l’alimentation a dit : «Des études récentes montrent que les méthodes agricoles respectueuses de l’environnement obtiennent de meilleurs résultats que les engrais chimiques lorsqu’on veut accroître la production alimentaire pour nourrir des peuples affamés - surtout dans des conditions environnementales difficiles.» 25 Ce type de méthodes peut permettre aux petits paysans de doubler leur production d’ici à dix ans dans des zones critiques et ainsi d’améliorer la situation des plus pauvres. »26
 
Mais ces détails semblent avoir échappé aux « experts » du colloque de la Banque mondiale. Ils ne parlaient pas d’exploitations familiales, mais de « domaines privés »- à coup sûr des plantations mécanisées, inondées de produits chimiques, abondamment irriguées et ensemencées seulement de quelques espèces (dont certaines sont des OGM), propriété des puissants investisseurs, afin de « satisfaire la demande de chaînes de supermarchés transnationales telles que Walmart et Shoprite.»27 Ces « domaines privés », selon eux, « créeront des emplois et contribueront à élever les revenus des paysans (devenus des ouvriers agricoles mal payés ? les fermiers des propriétaires ?), amélioreront les conditions de vie dans les communes rurales et offriront aux ruraux des services de santé et d’éducation ainsi que des logements.» 28
 
Voilà justement les arguments trompeurs qu’utilisent les investisseurs étrangers -hedge funds, fonds souverains, firmes - qui se sont déjà approprié des dizaines de millions d’hectares de terres arables africaines pour en faire de gigantesques plantations, l’exact contraire de l’exploitation familiale.29 Ces firmes et ces banques ne croient pas à une agriculture familiale qui constituerait un mode de vie, ils croient à une agriculture placée sous leur contrôle et qui leur garantit de juteux profits.Ils ne visent pas à améliorer les exploitations familiales africaines, mais à les éradiquer.
 
Il est intéressant de constater que le gratin du secteur privé - firmes et banques détentrices de milliards de dollars- insiste pour obtenir des fonds publics afin de transformer l’agriculture africaine. À Washington, ils ont argumenté que « le succès exige que les gouvernements africains et les bailleurs de fond ne s’inquiètent pas trop de voir les fonds publics injectés dans les profits privés.»30 Dans leur vision tordue du monde, ils « fournissent un service public » et « devraient donc profiter des fonds publics », lorsqu’ils transforment les Africains en journaliers sur leurs propres terres.
 
On peut se demander comment ils concilient leur idéologie du « libre marché »et leur dédain du secteur public avec leur avidité à pomper les finances publiques. 

La guerre des multinationales

 
Le colloque de Washington n’est qu’un aspect de la guerre que de puissants intérêts financiers et grandes firmes livrent à l’échelon planétaire contre les paysans africains. Le Forum économique mondial de Davos y joue aussi son rôle avec son rapport « Mettre en œuvre une nouvelle vision de l’agriculture - un plan d’action pour ses acteurs »31. Les acteurs qui se sont « battus » en faveur de cette initiative sont 17 puissantes multinationales : «  Archer Daniels Midland, BASF, Bunge, Cargill, The Coca-Cola Company, DuPont, General Mills, Kraft Foods, Metro, Monsanto Company, Nestlé, PepsiCo, SABMiller, Syngenta, Unilever, Wal-Mart Stores und Yara International»32
 
Ces firmes - que des mondes séparent des exploitations familiales des paysans africains - sont censées « avoir contribué à l’expertise technique et pratiqué un leadership de haut niveau ». Le rapport recommande « des solutions fondées sur le marché », mais nous devons les croire véritablement désireux d’améliorer le sort des ruraux pauvres de ce monde.
 
Sur tout le continent gouvernements et bailleurs de fonds chantent la même antienne: l’agriculture doit faire place à l’agrobusiness, les paysans doivent produire pour le marché mondialisé, le secteur privé (gavé de fonds publics ??) est la seule réponse, la « houe et la machette » sont dépassées, l’avenir est aux grandes surfaces mécanisées détenues par les investisseurs privés.33 Et ceci au moment même où le rapporteur spécial de l’ONU pour le droit à l’alimentation lance une alerte: tous les agriculteurs du monde doivent s’affranchir de leur dépendance aux combustibles fossiles.34 Les paysans africains n’en ont pas besoin, si on leur laisse leur pays et leurs fermes: ils n’ont jamais été dépendants des combustibles fossiles.
 
Pour circonvenir l’opinion publique et lui faire accepter ce terrible larcin des terres, des semences, des fermes et des ressources hydriques africaines, les « experts » et les banquiers ont commencé à faire des paysans et paysannes africaines des objets de pitié et de mépris, en les faisant passer pour arriérés et misérables. Qu’on se rappelle l’« image très parlante de la pauvreté en monde rural.»
 
Une fois de plus : il est utile de prendre en compte une autre image, celle d’une femme qui avait un revenu personnel et qui est désormais journalière sur son ancienne ferme. Cette image n’est pas un faux ; la photo a été prise dans l’un des grands domaines agro-industriels africains, une « ferme » de 20 000 hectares en Sierra Leone, affermée par Addax Bioenergy du groupe Addax & Oryx, où l’on cultive la canne à sucre pour fabriquer de l’éthanol destiné aux consommateurs européens. Une femme, naguère paysanne et maintenant journalière sur la plantation Addax, s’approche des visiteurs, bras grands ouverts et les conjure de regarder son corps épuisé par le labeur sous un soleil brûlant - elle transporte les cannes pour le compte d’une grande firme et pour 2 dollars par jour.35 Un salaire bien éloigné de compenser la perte de sa ferme et tout ce qu’elle y cultivait pour se nourrir avec sa famille - une image très parlante d’une journalière paupérisée, mal payée dans une plantation industrielle africaine. Mais cette image - l’avenir qu’ils envisagent pour les paysans africains - la Banque mondiale et les multinationales préfèrent ne pas y penser.
 
 

NdlT : Je regrette que ce texte, par ailleurs excellent, pratique le « noir et blanc » qu’il reproche - à juste titre- à ses contradicteurs, et fasse l’impasse sur le fait qu’à ma connaissance les hommes africains ont une certaine tendance à exploiter leurs femmes (comme ailleurs, au reste)



1 World Development Report 2008: Agriculture for Development. 2007. Washington, DC: The International Bank for Reconstruction and Development / The World Bank. S. 1

2 World Bank. 29 janvier 2011. Concessional funding key to unlock Africa’s agriculture. Washington, DC: The World Bank. http://bit.ly/fzQlXO
3 Ibid
4 Food First Institute for Food and Development Policy. Alliance for a Green Revolution (AGRA) Fact Sheet. http://bit.ly/fj39uO
5  Christian Aid. Juin 2005. The economics of failure: the real cost of 'free' trade for poor countries
http://bit.ly/i3SY09
6 See: Steering Committee of the Pan-African Campaign: We Are the Solution: Celebrating African Family Farming. 7 février 2011. Dakar Declaration. Consultable sous: http://bit.ly/ftQqKs: ET: Altieri, Miguel A. 2009. Agroecology, small farms and food sovereignty. Monthly Review. http://bit.ly/hL5S2Y
7 Food First Institute for Food and Development Policy. 3 février 2011. Onward Corporate Soldiers: colonizing the poor for their own good. http://www.foodfirst.org/en/node/3288
8 World Bank. 29 janvier 2011. Op. cit.
9 Forbes. 9 mars 2011. The World’ Billionaires.
10 Colin McGranahan, analyst for Sanford C. Bernstein & Company, cited in: Stohlman, Joseph. 4 mars 2011. Walmart enters Africa. Think Africa Press. http://thinkafricapress.com/article/walmart-enters-africa
11 World Bank. 29 janvier 2011. Op. cit.
12 Forbes. Andrea Murphy, Private Eye. 8 février 2011. Private companies: 2011’s top spot? http://blogs.forbes.com/andreamurphy/2011/02/08/private-companies-2011s-top-spot/
13 Keating, Gina. 16 juillet 2005. ADM, Nestle and Cargill sued to end trafficking, torture and forced labor on African cocoa farms. Reuters. Available at: http://bit.ly/hdpXx3
14 United States Department of Agriculture, Food Safety and Inspection Service. 6 octobre 2007. Wisconsin Firm Recalls Ground Beef Products Due to Possible E. coli O157:H7 Contamination. http://1.usa.gov/exxiyQ
15 Astor, Michael. 19 juillet 2006. Amazon port in stormy waters
U.S. company finds resistance by environmentalists. Associated Press. Consultable sous: http://www.chron.com/disp/story.mpl/business/4058727.html
16 SABMiller, Overview. http://bit.ly/h2nQsA
17 ActionAid. November 2010. Calling Time — Why SABMiller should stop dodging taxes in Africa. http://bit.ly/hIJvh7
18 SABMiller News. 26 novembre 2010. SABMiller reacts to ActionAid’s report on tax in developing markets. http://bit.ly/hv3wXy

20  Lee, Yoolim and Menon, Jon. 4 novembre 2009. Standard Chartered 79% return overtakes HSBC with Asian rebound. Bloomberg. http://bloom.bg/hfL4Xb
21 NEWSGD.com. 29. Mai 2007. Standard Chartered Bank sets up private banking HQ in Singapore. http://www.newsgd.com/business/enterprise/200705290048.htm
22 Deininger, Klaus and Byerlee, Derek. 2011. Rising global interest in farmland: can it yield sustainable and equitable benefits? Washington, DC: The World Bank. p xiv
23 Baxter, Joan. 6. Mai 2010. Protecting the investors — but what about the people? Pambazuka News http://www.pambazuka.org/en/category/features/64224
24 Franzel, S. 1999. Socioeconomic factors affecting the adoption potential of improved tree fallows in Africa. Agroforestry Systems: 47: 305–321
25 United Nations Human Rights, Office of the High Commissioner. 8 mars 2011. Eco-Farming Can Double Food Production in 10 Years, says new UN report. http://bit.ly/f6Sn1Z
26 ‘Agroecology and the Right to Food’, Report presented at the 16th Session of the United Nations Human Rights Council. 8 mars 2011. http://bit.ly/f6Sn1Z
27 World Bank. 29 janvier 2011. Op. cit.
28 Ibid
29 On trouve un grand nombre d’articles sur l’accaparement des terres en Afrique et ailleurs dans le monde sur le site spécialement créé à cet effet par GRAIN :http://farmlandgrab.org/
30 World Bank. 29 janvier 2011. Op. cit.
31 World Economic Forum. 2010. Realizing a New Vision for Agriculture — A Roadmap for Stakeholders, prepared in collaboration with McKinsey & Company. Davos, Switzerland: World Economic Forum. http://www.weforum.org/issues/agriculture-and-food-security
32 Ibid. p 3
33Des interviews ont été faites au Mali et en Sierra Leone
34 Henshaw, Caroline. 8 mars 2011. Farmers must be weaned off using oil, days U.N. expert. Wall Street Journal. http://online.wsj.com/article/SB10001424052748704758904576188220051993828.html
35 Interview réalisée en Sierra Leone en décembre 2010

 





Courtesy of Pambazuka News
Source: http://www.pambazuka.org/en/category/features/72302
Publication date of original article: 06/04/2011
URL of this page : http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=5363

 

Tags: AfriqueAgriculturePetits paysansPauvretéAgriculture écologiquePréjugésSécurité alimentaireAccaparement des terresBanque mondialeWalmartCargillSABMillerShopriteMultinationalesExperts
 

 
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