TLAXCALA تلاكسكالا Τλαξκάλα Тлакскала la red internacional de traductores por la diversidad lingüística le réseau international des traducteurs pour la diversité linguistique the international network of translators for linguistic diversity الشبكة العالمية للمترجمين من اجل التنويع اللغوي das internationale Übersetzernetzwerk für sprachliche Vielfalt a rede internacional de tradutores pela diversidade linguística la rete internazionale di traduttori per la diversità linguistica la xarxa internacional dels traductors per a la diversitat lingüística översättarnas internationella nätverk för språklig mångfald شبکه بین المللی مترجمین خواهان حفظ تنوع گویش το διεθνής δίκτυο των μεταφραστών για τη γλωσσική ποικιλία международная сеть переводчиков языкового разнообразия Aẓeḍḍa n yemsuqqlen i lmend n uṭṭuqqet n yilsawen dilsel çeşitlilik için uluslararası çevirmen ağı

 23/10/2019 Tlaxcala, the international network of translators for linguistic diversity Tlaxcala's Manifesto  
English  
 UMMA 
UMMA / Security made in Germany
Date of publication at Tlaxcala: 21/03/2011
Original: Security made in Germany
Translations available: فارسی 

Security made in Germany

German-Foreign-Policy.com

Translated by 
Edited by  Fausto Giudice Фаусто Джудиче فاوستو جيوديشي

 

 

BERLIN/ DUBAÏ / RIYAD-En dépit de la contestation qui se poursuit dans les pays arabes, des entreprises allemandes continuent à vendre aux régimes en place des moyens techniques de répression. Fin février, plusieurs firmes de République fédérale ont exposé à une foire de Dubaï destinée à la police et aux services secrets moyen-orientaux et africains lesdernières techniques de contrôle d’Internet. On y trouvait également des matériels pour localiser les téléphones mobiles et pour s’introduire dans les disques durs des ordinateurs. Les « techniques de sécurité » comptent parmi les exportations fort lucratives des entreprises allemandes. Selon les estimations du Ministère de l’Économie, le marché mondial de la sécurité représente largement 100 milliards par an, et la tendance est à la hausse. Le Ministère a donc créé en novembre 2010 une « Initiative pour l’exportation des techniques de sécurité » destinée à soutenir l’industrie allemande de la répression. En janvier dernier, le Secrétaire d’État parlementaire au Ministère de l’Économie, Hans-Joachim Otto, était aux Émirats Arabes Unis pour des entretiens relatifs aux dispositifs de sécurité. Quelques exportations allemandes finirent par éveiller une certaine grogne, par exemple l’offre d’un logiciel d’espionnage à la Sécurité d’État égyptienne [Amn Daoula, police politique, NdE].

Surveiller Internet

Parmi les nouveautés proposées fin février par les entreprises allemandes à la foire à la sécurité à Dubaï « ISS-World Middle East and Africa », on comptait entre autres divers matériels appartenant au « Deep Packet Inspection». Ainsi que nous l’apprend un compte-rendu de la manifestation, « Deep Packet Inspection » vise la filtration et le classement de tout le trafic Internet. Couplé à un pare-feu national, il permettrait « de contrôler toutes les communications sur le territoire national », échanges téléphoniques via Internet inclus. Parallèlement on pourrait « bloquer de manière ciblée »1 la transmission de données, par exemple via Skype. À Dubaï, les moyens de pratiquer ce type de contrôle figuraient parmi les offres des entreprises ipoque (Leipzig), trovicor (Munich), Utimaco (Oberursel) et ATIS systems (Bad Homburg). ipoque proposait un séminaire de formation ad hoc. ATIS systems présentait, si l’on en croit le compte-rendu, un logiciel qui « surveille parfaitement toutes les sessions www. » et à même d’intégrer « des données de localisation du système de téléphonie mobile ». Ceci permettrait par exemple une « traque précise (pour surveiller les personnes) »2. Plusieurs des firmes citées disposent de filiales commerciales dans certains pays arabes - l’Arabie saoudite, les Émirats Arabes Unis et l’Égypte.

Pénétrer les boîtes mails

L’Égypte nous fournit un exemple de possibles utilisations de ces techniques de surveillance. Récemment, des militants du mouvement démocratique égyptien avaient trouvé à la centrale d’Amn Daoula du Caire un document classé « ultra-secret » contenant une offre de vente de la firme Gamma International, à laquelle était jointe un papier de la section « technique et information » des services secrets ; on y lisait que Gamma était spécialisée dans les « programmes de sécurité et les moyens de pénétrer les boîtes à lettres électroniques.» Le service aurait déjà reçu un échantillon gratuit du programme « Finfisher » qui présente les « multiples possibilités de pénétration des boîtes mails.»3 Gamma International est un conglomérat de filiales et d’entreprises  partenaires dont certaines ont leur siège à Munich, largement ramifié et totalement opaque pour les personnes extérieures. La filiale de Munich conteste avoir soumis cette offre au Caire4. Cependant le Parquet de Munich envisage d’ouvrir une information judiciaire au sujet de Gamma, car la vente de logiciels du type précité est interdite par le Code pénal allemand.5
 

Chappatte

Écoutes téléphoniques

On entend régulièrement reprocher haut et fort aux entreprises allemandes d’avoir fourni aux polices et services secrets des États ultra-répressifs du Moyen-Orient des technologies adaptées à leurs pratiques. Par exemple, le Wall Street Journal écrivait en juin 2009 qu’une joint venture de Siemens et du Finlandais Nokia aurait vendu à l’Iran des matériels du «Deep Packet Inspection» qui ont permis des écoutes à grande échelle6. Depuis, cette joint venture a été rachetée et a pris le nom de trovicor. Certes Siemens a démenti à l’époque avoir jamais livré le « Deep Packet Inspection»  à Téhéran. Mais la firme n’a pas nié avoir fourni, entre autres outils de télécommunication, des matériels d’écoute. Toutefois une question n’a pas été abordée : Siemens aurait permis au contre-espionnage allemand (BND) l’accès à certains des réseaux téléphoniques installés par elle - et au moins temporairement à celui de l’Iran. Par le passé les collaborateurs de firmes allemandes ayant « fourni du matériel téléphonique, voire du matériel d’écoute à des pays arabes » auraient, selon un article de presse, décrypté, pour le compte du BND, les communications échangées dans ces pays (german-foreign-policy7)

« Une sorte d’État policier »

Bien que les entreprises concernées nient avoir livré effectivement des matériels, personne ne conteste que les acteurs économiques allemands soient tout disposés à livrer des « technologies de sécurité » aux régimes répressifs du Proche et Moyen-Orient. L’ensemble du marché des technologies et services de sécurité « civils » est actuellement estimé à environ 100 milliards, avec une croissance de 5% par an. Ces matériels sont destinés surtout à parer aux problèmes liés aux catastrophes naturelles, mais incluent aussi diverses techniques de répression. Selon une enquête diligentée par le Ministère allemand de l’Économie « c’est avant tout le monde arabe qui représente un important potentiel de croissance pour les exportateurs allemands8.» À lui seul, le marché saoudien, où la part de marché allemande en ce domaine se situe déjà et depuis toujours autour de 10%, devrait, selon les experts, atteindre en 2018 les 90 milliards de dollars US. Dans les pays arabes il y a quelques « foyers de conflit », disait-on cet automne dans le monde de l’économie.9 Une « certaine insécurité », en particulier dans le Golfe Arabo-persique, inciterait « les organismes de sécurité (...) à édifier une sorte d’État policier ». Pour les firmes de sécurité occidentales la péninsule arabique représenterait donc un « marché lucratif et hautement solvable », bien « qu’âprement disputé.10 »
 

Rodrigo de Matos

La répression : un marché d’avenir

Et pour conquérir le marché de la répression, on peut compter sur l’appui du gouvernement allemand. Le 24 novembre 2010, Rainer Brüderle (FDP), Ministre de l’Économie, a présenté une initiative de politique industrielle en faveur de «la sécurité civile, un marché d’avenir », dont le but, selon son Ministère, est de « créer des conditions cadre optimales pour assurer le succès des matériels et services de sécurité allemands sur le marché national et international.»
 À l’enseigne « Security made in Germany », le Ministère adapte « exactement aux besoins spécifiques du marché de la sécurité» divers moyens de soutien aux exportations. Il a déjà développé sous le titre « La sécurité civile, un marché d’avenir » une « conception de politique industrielle 12» détaillée.

Un gros succès

Le soutien pratique du Ministère de l’Économie se concentre sur cette activité. À cet effet il a sponsorisé « l’envoi d’une délégation de l’industriede sécurité » en Arabie saoudite. « Dans le domaine de l’IT-Security » disait-on alors, «  les industriels allemands ont réalisé des projets très efficaces au cours des derniers mois ».13 Le Ministre de l’Économie projetait une visite en Arabie saoudite et éventuellement au Qatar pour le premier trimestre 20011 ; il devait y être tout particulièrement question de l’industrie de sécurité. En janvier le Secrétaire parlementaire du Ministère de l’Économie, Hans-Joachim Otto (FDP), avait déjà effectué un voyage aux Émirats arabes unis. Otto a accompagné la délégation cet automne et a inauguré Intersec,  la foire de l’industrie de sécurité aux Émirats. En outre il s’est entretenu avec le chef de la police de Dubaï de « questions relevant de la collaboration effective dans le domaine de la sécurité». 14 Il y a longtemps que l’Allemagne fait de bonnes affaires à Dubaï. Voici des années, la firme allemande Siemens avait déjà équipé les services de police avec du matériel de sécurité.15
 

1 , 2 Proche-Orient : Surveillance made in Germany ; fm4.orf.at du 8 mars 2011

3 Un logiciel d’écoute allemand vendu aux services secrets égyptiens ? www.tagesschau .de   du 6 mars 2001

4 On n’a pas vendu de chevaux de Troie à l’Égypte www.fr-online.de, du 11 mars 2011

5 Des chevaux de Troie pour le Proche-Orient ; www.fr-online.de du 11 mars 2011

6 Iran's Web Spying Aided By Western Technology; online.wsj.com du 22 juin 2009

7 voir à ce sujet Informationsaustausch

8 Potentiel du marché des technologies et services de sécurité , www.vdivde-it.de

9 Les techniques IT allemandes sont très demandées dans le Golfe www.gtai.de du 11 octobre 2010

10 Les États du Golfe investissent massivement dans la sécurité ; www.gtai.de

12  La sécurité civile, un marché d’avenir. Une politique industrielle conçue par le Ministère de l’Économie et des Technologies, Berlin, novembre 2010

13 Envoi d’une délégation des industries de sécurité au royaume d’Arabie saoudite ; saudiarabien.ahk.de

14 Le secrétaire d’État parlementaire Otto en visite aux Émirats arabes unis : «Développer le partenariat stratégique dans le domaine de la stratégie !» www.bmwi.de du 20 janvier 2011.

15 voir à ce sujet Boomdiktaturen

 





Courtesy of Tlaxcala
Source: http://www.german-foreign-policy.com/de/fulltext/58026
Publication date of original article: 14/03/2011
URL of this page : http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=4317

 

Tags: AllemagneArabie saouditeÉmirats arabes unisÉgypteIndustrie de la sécuritéTechnologies de la répressionContrôle des communicationsÉcoutes téléphoniquesÉtat policierEspionnageBNDAmn Daoula
 

 
Print this page
Print this page
Send this page
Send this page


 All Tlaxcala pages are protected under Copyleft.