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 UNIVERSAL ISSUES 
UNIVERSAL ISSUES / Comment Biden peut annuler le sordide marché de Trump avec le Maroc et Israël sur le Sahara occidental
Date of publication at Tlaxcala: 23/02/2021
Original: How Biden can undo Trump's dirty deal with Morocco and Israel over Western Sahara

Comment Biden peut annuler le sordide marché de Trump avec le Maroc et Israël sur le Sahara occidental

Ali El Aallaoui علي العلاوي

Translated by  Fausto Giudice Фаусто Джудиче فاوستو جيوديشي

 

Trump a utilisé le peuple sahraoui comme bakchich au Maroc pour que celui-ci normalise ses relations avec Israël. Mais Biden peut contester l'occupation par Rabat, et aider à libérer la dernière colonie d'Afrique

À ce jour, l'ONU tient une liste de 17 territoires considérés comme non autonomes, des territoires qui n'ont pas encore été décolonisés. Tous, sauf un, sont des îles, dont la grande majorité est administrée par le Royaume-Uni ; le plus petit, Pitcairn, ne compte que 43 habitants. Le Sahara occidental est de loin le plus grand par sa population (582 000 habitants) et sa superficie (266 000 km2).

En 1960, l'ONU a adopté la résolution 1514, qui déclarait : « Tous les peuples ont le droit de disposer d'eux-mêmes ». En 1975, le Sahara occidental a été reconnu comme un territoire non autonome, après que l'Espagne eut renoncé à sa souveraineté. En 1990, l'Assemblée générale des Nations unies a réaffirmé que le Sahara occidental était toujours en attente d'être décolonisé et que son avenir devait être déterminé par son peuple.

Malheureusement, l'ONU n'a pas encore rempli ses engagements envers le peuple sahraoui pour qu’il puisse déterminer son sort. La décolonisation du Sahara occidental est restée un jeu sans fin, auquel se sont maintenant joints en force les USA, Israël et le nouveau colonisateur du territoire, le Maroc.

D'un point de vue juridique, il n'y a aucun doute sur le statut du Sahara occidental. En 1975, la Cour internationale de justice a statué qu'aucun des pays qui avaient revendiqué le territoire, la Mauritanie et le Maroc, n'avait de droits souverains sur celui-ci. Les Nations unies considèrent que l'accord de l'Espagne avec le Maroc et à la Mauritanie pour leur transférer sa souveraineté, conclu la même année, est invalide. 

Réfutant les revendications de souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental, la Cour internationale de justice a établi que le peuple sahraoui a la souveraineté sur le territoire et a le droit de décider, par l'expression libre et authentique de sa volonté, du statut du territoire. En 2006, le secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, a noté qu'aucun État membre ne reconnaissait la souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental.

La Cour européenne de justice a apporté un soutien supplémentaire au droit du peuple sahraoui de déterminer son propre avenir. En 2016, la Cour a statué que, selon la Charte des Nations unies, le Sahara occidental ne fait pas partie du territoire souverain du Maroc et qu'aucun accord signé entre l'UE et le Maroc ne peut être appliqué au Sahara occidental sans l'accord de son peuple.

Qui représente le peuple sahraoui ? Le Front Polisario. Il est son seul représentant légitime, comme l'affirment les résolutions 34/37 et 35/19 de l'ONU qui recommandent le « Front populaire pour la libération de la Saguia el-Hamra et du Río de Oro », son nom complet, en tant que représentant du peuple du Sahara occidental, et qu’il devrait donc « participer pleinement à toute recherche d'une solution politique juste, durable et définitive à la question du Sahara occidental ».

Quant aux USA, ils n'ont jamais officiellement reconnu la souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental, et ils ont refusé d'appliquer les accords de libre-échange avec le Maroc à ce territoire. 

Mais ensuite, la décision du président Trump est venue. Le 10 décembre 2020, la Maison Blanche a tordu l'histoire du Sahara Occidental, en déclarant la souveraineté marocaine, malgré l'absence de statut de cette déclaration au regard du droit international.

La « proclamation » présidentielle reconnaissant l'occupation marocaine illégale du Sahara occidental, faite initialement sur Twitter, a eu une naissance étrange, vu son lien indissociable avec l'annonce simultanée que le Maroc normaliserait ses relations avec Israël.

Il y a eu immédiatement un contrecoup de la part d'anciens hauts fonctionnaires du gouvernement usaméricain qui ont considéré à juste titre que la décision du président était contraire au droit international.

Deux anciens envoyés spéciaux du secrétaire général des Nations unies, James Baker et Christopher Ross, sont arrivés à la même conclusion : seul un référendum sur l'autodétermination est compatible avec le droit international. Le Sahara occidental ne pouvait pas être un simple atout pour les USA à troquer avec le Maroc au profit de leur politique israélienne.

Les USA ont déjà essayé une fois de vendre définitivement le Sahara occidental au Maroc.

Carlos Latuff

Tout au long de l'histoire récente, tant la France que les USA, en tant qu'alliés historiques de Rabat, ont tenté de faire pencher la balance en faveur du Maroc en acceptant de manière informelle ses revendications sur le Sahara occidental. Mais au milieu des années 1970, le secrétaire d'État US, Henry Kissinger, a été plus activement en connivence avec le plan d'annexion initié par Hassan II, et a constamment montré une totale « indifférence » aux souhaits de la population sahraouie.

Un référendum sur l'autodétermination était et reste une exigence fondamentale pour définir l'avenir du territoire. Une mission de maintien de la paix de l'ONU a d'ailleurs été mise en place en 1991, avec l'accord du Maroc, pour assurer le déroulement du vote. Mais au cours des trois dernières décennies, le Maroc a réussi à retirer la question du référendum de l'agenda de la communauté internationale.

Plutôt que de subir une quelconque perte matérielle, diplomatique ou de réputation du fait de cet obstructionnisme antidémocratique, le Maroc a obtenu un statut de partenariat privilégié avec les parties qui devraient veiller à son respect : L'Espagne, la France, les USA, les monarchies du Golfe et des dizaines de pays africains, tandis qu'il exploite le statu quo de « ni paix, ni guerre » pour voler les ressources naturelles du Sahara occidental avec leur complicité.

Le Maroc occupe illégalement le territoire du Sahara occidental. C'est pourquoi la décision de Trump de reconnaître sa souveraineté est si extraordinairement utile pour les Marocains, car elle renforce leur intransigeance, menace tout futur rôle de médiation de bonne foi pour les USA, sape le droit et les institutions internationales, y compris une mission de maintien de la paix des Nations unies, et encourage la persistance du conflit au Sahara occidental avec son corollaire d'instabilité et d'insécurité pour la région.

Le candidat Biden a accusé Trump, dans le numéro de mars 2020 de Foreign Affairs, de « tenir compte des autocrates tout en montrant du mépris pour les démocrates ».

Alors jusqu'où l'administration Biden peut-elle faire marche arrière sur le Sahara occidental, en s'éloignant de la politique étrangère trumpiste de marchandage unilatéraliste pour adopter une doctrine de démocratie, d'autodétermination et de respect du droit international ?

Le deal de Trump, liant la reconnaissance usaméricaine de la souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental à la normalisation des liens du Maroc avec Israël, était à la fois étrange et caractéristique de son administration. Il s'agit d'une forme de diplomatie non normative qui restera aberrante et éphémère tant que Biden la reconnaîtra comme telle et ne prendra pas de mesures pour limiter ou inverser ses dégâts.

Cela nécessitera une position ferme contre le lobbying déterminé de Benjamin Netanyahou, qui a grandement bénéficié de l'accord avec le Maroc et qui, comme Kissinger, est totalement indifférent au dommage collatéral pour le peuple sahraoui.

Pour que la présidence Biden tienne sa promesse de défendre les valeurs démocratiques et d'abjurer les autocrates, elle doit affirmer fermement qu'une solution démocratique pour le Sahara occidental est non seulement nécessaire mais inévitable. Et cela doit se faire rapidement, avant qu'une autre guerre ne commence.

La tension monte déjà dans la région. À la mi-novembre de l'année dernière, les troupes marocaines sont entrées et ont illégalement annexé une zone au sud du Sahara occidental qui est patrouillée par les soldats de la paix de l'ONU. Le Front Polisario a immédiatement qualifié cela de « violation illégale » de l'accord de cessez-le-feu de 1991 négocié par l'ONU et a déclaré une guerre d'autodéfense contre les militaires marocains. Depuis lors, les deux parties ont régulièrement échangé des tirs.

Cette nouvelle réalité géopolitique exige une restructuration de la diplomatie usaméricaine au Maghreb. Il existe de nombreuses façons pour l'administration Biden de renforcer les relations avec le Maroc et avec le Front Polisario, l'Algérie et la Mauritanie, au nom de la croissance économique et des intérêts stratégiques de l'USAmérique, mais toutes ces approches doivent inclure une insistance sur la démocratie et l'autodétermination.

Biden est avant tout un pragmatique, mais il a aussi récemment exprimé des positions qui placent les droits humains au cœur des priorités de la politique étrangère, et qui s'orientent davantage vers les positions du camp de Bernie Sanders, l'un des plus fervents défenseurs du droit des peuples à l'autodétermination.

Et il n'y a pas que le peuple du Sahara occidental qui attend avec impatience que la nouvelle administration usaméricaine fasse marche arrière et cesse de donner carte blanche au Maroc : L'Algérie et l'Afrique du Sud soutiendraient également un tel revirement.

Il est probable qu'en cherchant une solution de compromis pour le Sahara occidental, l'administration Biden ressuscitera le plan Baker, connu sous le nom de « Plan de paix pour l'autodétermination des habitants du Sahara occidental ». Négocié en plusieurs versions et sur une période de plusieurs années et lancé en 2003 par l'ancien secrétaire d'État usaméricain James Baker, en sa qualité d'envoyé spécial des Nations unies, le plan donne à chacune des parties une partie de ce qu'elles veulent, même si ce n'est peut-être pas tout ce qu'elles veulent.

Baker a suggéré une période autonome de cinq ans sous souveraineté marocaine qui conduirait ensuite à un référendum. Il a suggéré le modèle de Porto Rico, un territoire autonome mais non incorporé des USA.

Cependant, Rabat a rejeté le plan Baker. Il semble que le Maroc insiste sur un critère unique de « le gagnant prend tout ». Cela a garanti l'échec de la diplomatie des Nations unies jusqu'à présent et le fera également à l'avenir, à moins d'être contesté.

Il appartient à l'administration Biden de préciser au Maroc, dans les termes les plus forts, que les USA reviennent à une politique étrangère fondée sur des règles et non plus sur des marchandages, et que leurs relations bilatérales seront fondées non pas sur l'opportunisme et des liens incongrus, mais sur la justice, les droits humains et le droit international. Et que les USA sont engagés dans la décolonisation sans cesse différée du plus grand territoire assujetti du monde.

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Courtesy of Tlaxcala
Source: https://cutt.ly/xlzvBtY
Publication date of original article: 21/02/2021
URL of this page : http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=30902

 

 
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