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 24/11/2020 Tlaxcala, the international network of translators for linguistic diversity Tlaxcala's Manifesto  
English  
 UNIVERSAL ISSUES 
UNIVERSAL ISSUES / Indifférente à la politique de la dictature d'Erdogan, Rome fait son business as usual avec la Turquie
Date of publication at Tlaxcala: 28/10/2020
Original: Incurante della politica della dittatura di Erdogan, Roma fa affari con la Turchia

Indifférente à la politique de la dictature d'Erdogan, Rome fait son business as usual avec la Turquie

Antonio Mazzeo

Translated by  Rosa Llorens Ρόζα Λιώρενς
Edited by  Fausto Giudice Фаусто Джудиче فاوستو جيوديشي

 

Entre d'hypocrites distinguos et quelques couleuvres avalées, le gouvernement Conte vise à renforcer les relations politico-militaires avec la Grande Turquie du sultan Erdogan, désormais en guerre tous azimuts.

Loin des projecteurs des sites de communication de masse, le ministre de la Défense Lorenzo Guerini a rencontré à Rome, le 9 octobre, son homologue turc, Hulusi Akar. « Une conversation privée longue et cordiale a précédé l'entretien bilatéral entre les deux Ministres sur divers dossiers, dont la Libye et le renforcement des relations dans le secteur de la Défense », rapporte l'agence de presse du Ministère. « Un dialogue franc et constructif, assurément positif pour confirmer l'état des excellentes relations entre nos pays », a ajouté Lorenzo Guerini. « La Turquie est un partenaire important de l'Italie et un Allié précieux au sein de l'OTAN et, au cours de notre conversation, nous avons constaté des points d'accord sur les théâtres d'opérations, Irak et Afghanistan,  qui nous voient conjointement engagés ».

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Guerini et le général Akar

Au centre du sommet entre les deux ministres, il y a aussi la crise de la Méditerranée Orientale et les divergences croissantes entre le régime d'Erdogan et la Grèce pour le contrôle des réserves énergétiques (qui s'ajoute au renforcement de la présence militaire d'Ankara à Chypre) et, naturellement, le conflit libyen qui voit Italie et Turquie aux côtés du Gouvernement d'Union Nationale de Fayez el-Sarraj. « Nous avons réfléchi à la nécessité de faire tous nos efforts pour alléger les tensions », a déclaré Guerini. « L'action de l'Italie se fonde sur le respect des principes du Droit International, sur la protection des intérêts nationaux présents dans la région et, de toute façon, dans le cadre de la perspective d'un dialogue constructif entre les acteurs concernés, de façon à prévenir une escalade de la tension ».

Le ministre de la Défense Guerini a confirmé l'engagement de l'Italie à soutenir les efforts visant à ce que la Libye « soit unie et souveraine ». « Sur le plan technique militaire, nous avons discuté avec Akar d'une possible connexion pour soutenir les Forces Armées et de Sécurité libyennes, avec une référence spéciale aux activités de déminage, à la formation et l'entraînement et au développement de capacités sanitaires militaires ». La note du Palais Baracchini conclut sur la volonté commune des deux ministres d'améliorer la coopération industrielle, « autre élément important des relations bilatérales entre les deux pays ».

D'après ce qu'a publié Sicurezza Internazionale, le quotidien on line de l'Observatoire de l'Université libre LUISS de Rome, Lorenzo Guerini et Hulusi Akar se seraient aussi penchés sur le conflit sanglant entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan pour le contrôle de la région du Nagorno-Karabakh, autre front militaire qui voit impliquées les forces armées d'Erdogan. « Pour résoudre le problème, l'Arménie doit se retirer des territoires occupés le plus vite possible, et doit évacuer rapidement les mercenaires et les terroristes qu'elle y a amenés », a affirmé Akar. « Nous ne pouvons prétendre que les forces azéries interrompent leurs activités dans la zone de conflit tant que continuera l'occupation arménienne ».

Les appréciations du ministre turc ne permettent pas d'entrevoir à brève échéance d'espoir de dialogue entre les parties et elles ont certainement déçu les attentes italiennes ; mais Rome n'entend de toute façon pas hausser le ton contre Ankara, entre autres raisons parce que les intérêts multimilliardaires économico-industriels et militaires ne permettent pas de coups d'arrêt ni d'ombres dans les relations réciproques.

Lorenzo Guerini s'était rendu en Turquie le 7 juillet dernier pour un entretien bilatéral  avec le ministre Akar, cette fois encore pour discuter de la Libye, de la Méditerranée Orientale et des rapports Turquie-UE et Turquie-OTAN. Selon ce que rapporte l'agence de presse Anadolu News (repris en Italie, partiellement, seulement par Sicurezza Internazionale), Guerini aurait réaffirmé sa « profonde conviction de l'importance de la solidarité entre États membres de l'Alliance Atlantique », soulignant que l'Italie « a depuis toujours été contraire à toute attitude centrifuge, et a même été partisane d'une nouvelle impulsion qui en renforcerait la cohésion ». À cette fin, le ministre aurait demandé à la Turquie une « approche efficace et programmatique » pour soutenir ce qu'on appelle le Flanc Sud de l'OTAN, « zone d'instabilité croissante ».

Au cours de cet entretien, on a aussi abordé le thème de la mission militaire « Irini » lancée par l'Union Européenne dans les eaux de la Méditerranée pour lutter contre le flot « illégal » de migrants. « Il s'agit d'une opération impartiale et équilibrée entre les parties en cause ; elle constitue une contribution fondamentale de l'UE pour la pacification en Libye, à propos de laquelle on ne permet pas de provocation », avait expliqué Guerini. Malgré les subtiles divergences, le ministre avait de toute façon précisé à l'agence Anadolu News que la rencontre italo-turque avait été « très positive et amicale ». « Nous avons échangé notre vision et nos connaissances », ajoutait Guerini. « Notre amitié est profonde et enracinée. Nous avons été spécialement d'accord sur le thème de la Libye, pour qu'intervienne une solution politique susceptible de conduire à la paix ». Pour le ministre Hulusi Akar aussi, la rencontre avait été « sincère et constructive ». « Nous croyons que la coopération effective entre l'Italie et la Turquie dans tous les secteurs, spécialement dans le domaine de la défense et la sécurité, assurera des bénéfices de la plus haute importance non seulement pour les deux pays mais pour toute la région méditerranéenne », déclarait Akar.

Escalade militaire turque en Libye, Syrie, Irak, Kurdistan, dans la Corne de l'Afrique et le Caucase, pandémie de Covid-19 et long confinement n'ont nullement interrompu les communications diplomatiques et les collaborations économico-stratégiques entre Rome et Ankara. Au cours d'une longue conversation téléphonique avec son homologue turc Mevlut Cavusoglu, le 22 mai 2020, le ministre des Affaires Etrangères, Luigi Di Maio, outre le traditionnel échange de vues sur le conflit libyen, avait abordé la question de la reprise des flux touristiques entre les deux pays et, plus généralement, des rapports commerciaux bilatéraux. Le 10 juin, le même Di Maio se rendait à Ankara pour rencontrer Cavusoglu. Les deux ministres des Affaires Etrangères exposèrent en conférence de presse les résultats « positifs » obtenus par cette rencontre. « Le partenariat stratégique qui lie Italie et Turquie a encore été consolidé pendant la crise du coronavirus, et étant donné les aides que la Turquie a apportées à l'Italie, notre intention est de renforcer les rapports bilatéraux en matière de défense, tourisme et énergie », expliquait Mevlut Cavusoglu.

-Et toi?
-Je suis Turque pour 890 millions
(Depuis 2015 l'Italie a vendu pour 890 millions d'Euros d'armes à la Turquie-Source : Réseau italien pour le Désarmement)
Mauro Biani, octobre 2019

Tout aussi emphatiques étaient les déclarations de Luigi Di Maio, qui trouvait l'occasion de relever que l'Italie était « le deuxième partenaire commercial de la Turquie au niveau européen et le cinquième à l'échelle mondiale », avec des échanges annuels d'environ 18 milliards d'euros et des investissements tournés principalement vers les secteurs bancaire, énergétique, des infrastructures et de la Défense. Le représentant de la Farnésine affirma ensuite la volonté italienne d'appuyer le dialogue entre l'Union Européenne et la Turquie, soulignant « l'importance de l'accord en matière d'immigration signé entre Ankara et Bruxelles, duquel on pouvait partir pour relancer le dialogue entre les deux parties ».

Le 30 juillet, cinq jours après une conversation téléphonique entre le président-despote Recep Tayyip Erdogan et le Premier Ministre italien Giuseppe Conte sur le thème encore une fois de la Libye, la Méditerranée Orientale et les relations Turquie-UE, Luigi Di Maio approfondissait, en visioconférence avec le ministre du Commerce Ruhsar Peckan, les thèmes de l'importation d'acier turc par l'Union Européenne et de l'union Douanière entre UE et Turquie. Les deux ministres décidaient le renforcement des relations commerciales aériennes, maritimes et terrestres après les difficultés rencontrées du fait de la pandémie de Covid-19.

Deux semaines plus tard, la Farnésine publiait une communication sur l'énième entretien téléphonique entre Luigi Di Maio et Mevlut Cavusoglu sur le conflit libyen et la crise gréco-turco-chypriote pour l'exploitation des hydrocarbures dans les eaux de la Méditerranée. « Le Ministre Di Maio a rappelé la nécessité pour toutes les parties de préserver une approche modérée et de collaboration, pour réduire les tensions et résoudre les questions pendantes », rapportait l'Agence de presse du Ministère.

L'ambiguïté de la ligne diplomatique des hommes de gouvernement italiens se montre surtout à la lumière des déclarations du ministre Lorenzo Guerini, en conclusion de sa visite éclair à Nicosie (Chypre) le 8 octobre dernier, c'est-à-dire la veille du sommet à Rome avec son homologue turc Hulusi Akar. Au cours de sa rencontre avec le ministre de la Défense chypriote Charalambos Pétridès, Guerini a « confirmé l'objectif de favoriser la réduction de la tension dans la zone et de relancer le dialogue constructif avec Ankara, sans entamer la fermeté des principes », rapporte le communiqué du Ministère de la Défense. « L'échange de vues d'aujourd'hui a été marqué par un climat de collaboration ; il a abordé divers sujets – dont le contexte de sécurité régionale et la défense européenne ; les deux Ministres y ont confirmé leur convergence de vues concernant les principales thématiques de défense et sécurité », poursuit la note. « Guerini a confirmé l'engagement de l'Italie en termes de coopération bilatérale, que ce soit sur le plan technique militaire ou sur le plan industriel. On peut en voir un exemple clair dans l'exercice Eunomia 2020 et l'Iniziativa Quad, qui a pour but de protéger nos intérêts communs en Méditerranée Orientale ».

Eunomia 2020 est l'exercice aéronaval qui s'est déroulé fin août et auquel ont participé Italie, Chypre, France et Grèce ; l'Iniziativa Quad est le programme de coopération promu par ces quatre pays pour «  protéger la liberté de navigation et accroître l'interopérationnalité entre les marines participantes ». Le nouvel axe Rome-Paris-Athènes-Nicosie en Méditerranée Orientale naît ouvertement avec une finalité antiturque. La politique de l'exécutif Conte-PD-M5S s'applique à ménager la chèvre et le chou : pur cynisme ou schizophrénie ? Ce qui est certain, c'est qu'à Rome on continue à jouer avec le feu pendant que les incendies dans le Mare Nostrum se propagent à une vitesse inimaginable.

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Courtesy of Tlaxcala
Source: https://antoniomazzeoblog.blogspot.com/2020/10/incurante-della-politica-della.html
Publication date of original article: 24/10/2020
URL of this page : http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=29945

 

Tags: Italie-Turquie-Grèce-ChypreCommerce des armesLibyeNagorno KarabakhItaliette
 

 
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