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 26/09/2020 Tlaxcala, the international network of translators for linguistic diversity Tlaxcala's Manifesto  
English  
 CULTURE & COMMUNICATION 
CULTURE & COMMUNICATION / Le déboulonnage de statues n'est pas du vandalisme, c'est au cœur de la tradition démocratique
Date of publication at Tlaxcala: 28/06/2020
Original: Tearing down statues isn’t vandalism. It’s at the heart of the democratic tradition

Le déboulonnage de statues n'est pas du vandalisme, c'est au cœur de la tradition démocratique

Jonathan Cook جونثان كوك

Translated by  Sayed Hasan سيد حسن

 

Il est facile d’oublier à quel point la société britannique était explicitement raciste il y a quelques décennies à peine. Je ne parle pas de préjugés inconscients ou de tropes sur les réseaux sociaux. Je parle de célébration explicite du racisme dans l’espace public, de grandes entreprises faisant du racisme une partie intégrante de leur marque, un argument de vente.

Roberston’s, le principal fabricant britannique de confitures, a adouci sa marmelade d’oranges pour des générations d’enfants britanniques (Blancs) en l’associant à un « golliwog » [poupée de chiffon ou d’étoffe représentant une personne noire aux cheveux crépus]. L’un des souvenirs les plus chers que j’ai de mes petits déjeuners d’enfance était la collecte de golliwogs sur l’étiquette du pot. Collectez-en suffisamment et vous pouviez les échanger contre un badge golliwog. Plus de 20 millions de badges ont été distribués. Je me souviens en avoir fièrement porté un.

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La plupart des enfants blancs, bien sûr, ont absorbé —avec la confiance indiscutable d’un jeune esprit novice— les hypothèses racistes derrière ces effigies de golliwog. Il y a encore des Britanniques, comme ce conseiller conservateur de Bristol, qui n’ont jamais grandi. Ils continuent de célébrer leurs leçons de racisme dispensées à l’heure du petit déjeuner —et peuvent compter sur un journal comme Metro pour donner à leurs opinions une diffusion sans la moindre remise en cause.

 

Politician Richard Eddy who previously used a golliwog as a mascot has now claimed that Edward Colston is a hero to many in the city of Bristol

Le conseiller Richard Eddy, qui avait précédemment utilisé un golliwog comme mascotte, affirme que le marchand d’esclaves Edward Colston était un « héros »

 

Le racisme n’était pas seulement une caractéristique de mes petits déjeuners d’enfance. Mes amis avaient des poupées de golliwog dans leur lit et des livres d’histoires de Little Black Sambo sur leurs étagères. Nos loisirs consistaient notamment à regarder des émissions de télévision comme le Black and White Minstrels Show de la BBC —avec leurs visages grimés en noir comme pour un spectacle familial autour du feu de camp— ou des comédies comme It Ain’t Half Hot Mum (avec des indigènes ridicules au large sourire béat en guise de toile de fond exotique d’une comédie nostalgique de l’empire britannique) et Mind Your Language (avec des « immigrants » simples d’esprit des anciennes colonies qui suivent laborieusement des cours d’anglais).

Victimes d’Empire

Le système éducatif britannique a également joué son rôle. L’histoire et d’autres matières considéraient comme allant de soi que la Grande-Bretagne avait un passé glorieux dans lequel elle dirigeait autrefois le monde, répandant l’illumination et la civilisation chez les indigènes à la peau sombre. Le seul événement important dont je me souvienne de mes leçons sur l’implication coloniale de la Grande-Bretagne en Inde est le Trou Noir de Calcutta, un donjon tellement plein à craquer de prisonniers que plusieurs dizaines de personnes y sont mortes étouffées une nuit en 1756. Cet événement survenu il y a plus de 200 ans m’a manifestement été expliqué avec une telle horreur passionnée par mon professeur que cela laissa une cicatrice indélébile dans ma mémoire.

Plusieurs années plus tard, armé de mes vues politique de gauche survenues plus tardivement, je me suis souvenu des morts du Trou Noir en pensant qu’elles faisaient faisaient référence à des crimes britanniques contre la population indienne indigène, et j’ai considéré cela comme une indication encourageante que les écoles britanniques, même de mon temps, commençaient à mentionner les terreurs du colonialisme.

Mais quand j’ai fait des recherches à ce sujet, j’ai découvert que mon hypothèse sur l’épisode était complètement fausse. Des Indiens indigènes s’étaient rebellés contre le gouvernement de la Compagnie des Indes orientales, une société commerciale devenue plus puissante que le roi par son pillage de l’Inde, et ont enfermé de force des mercenaires britanniques dans le Trou Noir. Paradoxalement, les fantassins de la Compagnie des Indes orientales —qui étaient là pour réprimer la population locale et piller les ressources de l’Inde— sont morts dans le donjon même que la Compagnie avait construit pour y châtier les Indiens.

Les cours d’histoire ont été conçus pour imprimer en moi l’idée que les Britanniques étaient des victimes, alors même que la Grande-Bretagne était en train de se frayer son chemin à travers le monde par les viols, les pillages et les meurtres.

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Courtesy of Le Cri des Peuples/Tlaxcala
Source: https://www.jonathan-cook.net/blog/2020-06-10/tearing-down-statues-isnt-vandalism-its-at-the-heart-of-the-democratic-tradition/
Publication date of original article: 10/06/2020
URL of this page : http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=29224

 

Tags: Déboulonnage de statuesSatues d'esclavagistes, racistes et colonialistesEmpire colonial britannique
 

 
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