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 24/11/2020 Tlaxcala, the international network of translators for linguistic diversity Tlaxcala's Manifesto  
English  
 CULTURE & COMMUNICATION 
CULTURE & COMMUNICATION / Capitalovirus, état d’urgence, et nous, et nous et nous… : que faire ?
Date of publication at Tlaxcala: 02/03/2020
Original: Il virus e il capitalismo: l’emergenza e noi

Capitalovirus, état d’urgence, et nous, et nous et nous… : que faire ?

Andrea Cegna

Translated by  Fausto Giudice Фаусто Джудиче فاوستو جيوديشي

 

Que faire face au coronavirus ? La question ne porte pas sur l'analyse des choix scélérats de cette semaine du gouvernement, des régions et des communes. La question est posée aux mouvements sociaux, s'ils devaient faire face à cette situation anormale d'une éventuelle pandémie virale jamais connue auparavant. Répétons, pour lever tout équivoque, qu’il ne s’agit pas ici d’une nouvelle peste, mais pas non plus d'un rhume saisonnier.

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Riss, Charlie Hebdo

Souvent, dans la critique du présent et de l'action gouvernementale et pro-capitaliste, il y a une absence de raisonnement sur les formes d'action nécessaires pour réagir, résister, répondre à une nouveauté.

À ma petite échelle, il me semble intéressant de penser à porter l'urgence à un niveau total, sans générer d'alarmisme mais au nom de la protection d'un bien commun et collectif, la santé. Exiger un blocage total des activités professionnelles, pendant 7 ou 10 jours. Expliquer que la réduction des contacts entre les personnes peut limiter la propagation du virus, et qu’une moindre propagation du virus signifie éviter de remplir les salles d'hôpital, en plus de réduire le nombre de décès. Donc, sans militariser aucun territoire. Arrêter le temps de la production et du capital. Reprendre la maîtrise du temps. Se libérer de l'obligation du travail et des obligations plus généralement. Rejeter les temps fous et l'ultra-activité. Comprendre comment soutenir un besoin collectif de santé, en réaffirmant sa centralité ainsi que le fait que la santé est un processus auquel chacun peut contribuer. It’s up to you (ça ne tient qu’à vous), comme on dirait ailleurs. Sortir du chantage. Parce que, oui, en ces temps de coronavirus, en plus de nous avoir montré, une fois de plus, l'asservissement de la politique à l'économie, cela nous a montré comment le capitalisme moderne, sa doctrine, génère des formes de chantage individuel très fortes dans la différence des droits et des possibilités d'accès aux revenus, mais il nous montre aussi comment le privé tant mythifié disparaît lorsqu'il y a urgence, et le public tant décrié redevient un élément de protection. Peut-être comprenons-nous aussi pourquoi, à ce qu’il paraît, le discours de Bernie Sanders aux USA rencontre un écho. À Miami, on a dénoncé le fait qu’ un homme qui allait se faire soigner parce qu'il suspectait d'avoir contracté le coronavirus a du payer plus de 3000 dollars pour le prélèvement et l'analyse [source].

 

La décision du gouvernement de Hong Kong de donner 1200€ à chaque habitant : un premier pas vers un revenu citoyen de base ?

Le caractère public des soins de santé et l'accès à un revenu universel (inséré dans un État providence) mériteraient des campagnes politiques, que la voix des corps intermédiaires s’élève et crie, pour imaginer un avenir différent.

Mais cette voix est faible. C’est la voix de la peur qui est forte, qui à l'intérieur et à cheval sur les distorsions institutionnelles se polarise entre la dénonciation des états d'urgence et d'exception permanente (face à l'insuffisance des mesures pour enrayer le virus) et l'alarmisme à la « la ville sera détruite à l'aube ». La peur n'est jamais une source de lucidité. La peur ne permet pas de cadrer l'ennemi, ennemi qui reste le capitalisme.

YGreck, Le Journal de Québec

De nos jours, de nombreuses ambiguïtés sont mises à nu dans notre société, même dans les milieux qui devraient le plus réfléchir à l'alternative. Face à la nécessité anormale de faire face à une éventuelle crise sanitaire, dans l'inconnu de ne pas avoir de vaccins contre le virus, comment s'interroger sur ce qu'il faut faire dans un sens anticapitaliste ? Comment peut-on et doit-on penser à être une voix critique pour assurer le respect des initiatives nécessaires pour « marcher au rythme des plus lents ». Je pense que la clé de la lecture pour des phases inconnues ne peut pas suivre pas à pas les manuels déjà vus et écrits. Il faut un peu d'hérésie. Le problème, c'est le capitalisme, et la crise du coronavirus le met en évidence. Avec le gouverneur de Lombardie Fontana criant à l'urgence un jour, pour ensuite le lendemain revenir sur ses pas et parler d'abord d’ « un peu plus qu'une simple grippe », puis de rouvrir les bars après 18h, mais seuls ceux qui servent à table et dans la limite des tables disponibles, puis faire un film sur Facebook, avec un masque, pour annoncer son auto-quarantaine parce qu'un de ses collaborateurs est malade. Sala, et le gouvernement de Milan, après des jours de propagande anxiogène, font preuve d'un optimisme débridé, démenti par les données d’augmentation du nombre des personnes infectées, qui rappellent l'Expoptimisme avec lequel la ville a été remodelée, tirant à bout de bras le choc social sur l'habitabilité de la métropole. On reste baba d’entendre Sala, pour pousser à la « normalisation de la ville », cite les travailleurs et les travailleuses non garanti·es qui sans travail ne mangeraient pas... en l'écoutant je me suis dit : « Mais ces mêmes travailleurs si demain ils tombaient malades et devaient aller en quarantaine, que feraient-ils ? » Et peu après, j'ai lu : « Le bien commun ou la propre survie ? Un choix auquel personne ne devrait être soumis ».

Il me semble évident qu'aujourd'hui, dans une bulle commune, ce problème a une résonance et donc la possibilité d'être abordé, en retournant à la « normalité » ; chaque personne non garantie retournerait à sa solitude. Et donc abandonné à la dynamique du capital. Une campagne pour un revenu de base universel ? Ou comme dit Ni Una Meno (Pas une de moins) le revenu d'autodétermination, outre la réécriture des possibilités d'accès à la santé et à l'éducation ?

 

Joconde masquée, œuvre de l'artiste palermitain TvBoy à Barcelone

Que faire alors ? Comment éviter que les services hospitaliers déjà effondrés en Lombardie, aujourd'hui 28 février, l’alerte est arrivée  à Lodi et à Crémone, ne se remplissent plus encore. Le blocus partiel des villes organisé dans un premier temps a également touché la Série A de foot, limité le dernier jour de la « Fashion week », il a agi de manière désordonnée, augmentant le chaos et la polarisation entre sous-estimation et alarmisme, mais dans son chaos a également touché des morceaux de capital. La militarisation de la zone rouge, plus que l'imposition de l'état d'exception, est la répétition de schémas préétablis et déjà vus, enfants du schéma et de la culture sécuritaires de notre pays. Il est évident que la militarisation de ces zones doit être refusée, mais il est tout aussi vrai qu'à l'intérieur de la zone, les gens sont libres de se déplacer à leur guise. Bien sûr, on leur refuse de quitter ces zones, et ce n'est certainement pas avec les militaires que ceux qui vivent dans ces zones devraient, pour le bien des autres, limiter leur mobilité. Ou bien la liberté individuelle transcende-t-elle la liberté collective ? Le dispositif est répressif s'il pénètre la normalité, mais il n'y a pas de normalité dans une éventuelle urgence sanitaire et, surtout, l'état d'exception sert à plier un territoire au capital, à massifier les profits, à limiter les libertés individuelles et collectives. Les blocages organisés, bien que partiels, ont conduit au soulèvement du capitalisme et à une demande de décréter l'état de normalité. Aujourd'hui, en Italie, il n'y a pas de vagues de protestations massives qui effraient le gouvernement et le capital, de sorte que les mesures sur le coronavirus sont conçues et utilisées de manière opposée à ce qui s'est produit en France lorsque l'état d'exception antiterroriste a essayé de mettre fin aux luttes anti-Macron.

Face à une nouveauté anormale et inhabituelle, les schémas logiques et politiques se détraquent, les certitudes vacillent, on navigue dans le noir, on cherche la lumière, et l'observation du réel nécessite de nouveaux efforts d'imagination, la critique doit être à la mesure et il faut savoir répondre à la question que Lénine posait : « Que faire » ? Observer que la course à l'assouplissement des mesures est ce que le capital demande. Le doute est que pendant des mois on ait voulu sous-estimer le problème ici sur le vieux continent, et maintenant, en évitant d'appliquer avec courage et de forcer les règles nécessaires pour ralentir l'épidémie (pas seulement en Italie) on essaie de « couvrir » une crise économique profonde... sur laquelle créer, oui, des urgences et de l’exception. Aujourd'hui, il me semble nécessaire de revendiquer le droit de grève et de réunion et donc d'exiger que les 8 et 9 mars, le mouvement féministe descende dans la rue, également pour comprendre s'il existe vraiment un projet de limitation des droits constitutionnels.

Mais le défi du Que faire nous interroge sur les efforts nécessaires pour rejeter les options prédéfinies par le système et de tomber dans la standardisation de l'analyse. Face à une anomalie, des champs intéressants, des chemins de lutte et des réponses possibles s'ouvrent... si l'on sait poser les bonnes questions.

 

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Courtesy of Tlaxcala
Source: http://effimera.org/il-virus-e-il-capitalismo-lemergenza-e-noi-di-andrea-cegna/
Publication date of original article: 29/02/2020
URL of this page : http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=28239

 

Tags: Coronavirus et capitalismeÉtat d'exception et mouvements sociauxItaliette
 

 
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