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 CULTURE & COMMUNICATION 
CULTURE & COMMUNICATION / Quand Staline aimait Hitler : l’odyssée de Margarete Buber-Neumann et des communistes allemands exilés en Union soviétique
Date of publication at Tlaxcala: 11/02/2020
Original: Nos tempos em que Stalin amava Hitler: a odisséia de Margarete Buber-Neumann e dos comunistas alemães exiliados na União soviética

Quand Staline aimait Hitler : l’odyssée de Margarete Buber-Neumann et des communistes allemands exilés en Union soviétique

Mário Maestri
Florence Carboni


Translated by  Jacques Boutard
Edited by  Fausto Giudice Фаусто Джудиче فاوستو جيوديشي

 

Le pacte entre Staline et Hitler ne fut pas un faux accord  conclu afin de donner à l’URSS le temps de se préparer à l’attaque nazie, comme le soutiennent les  défenseurs du stalinisme.

Ce furent Trotsky et l'Opposition internationale de gauche  qui affirmèrent l'inévitabilité de cette agression dès le début des années 1930. Pour cela ils furent accusés par les staliniens de fomenter la guerre entre les deux pays. Staline et les dirigeants staliniens croyaient au respect par Hitler et les nazis du pacte de non-agression qui a divisé la Pologne et ouvert la porte à la Seconde Guerre mondiale.  Un fait de la vie quotidienne de l’URSS de Staline témoigne de ce bref  mais profond amour de Staline, jamais partagé par Hitler, amant insincère, funeste et retors, qui a toujours su que l'URSS était son pire  ennemi.



-La lie de la terre, je pense.
-L’assassin sanglant des travailleurs, je présume?

Rendez-vous, par David Low, Evening Standard, Londres, 20 septembre 1939

Margarete Thüring fit des études pour devenir puéricultrice et rejoignit la jeunesse communiste allemande. En 1926, à l'âge de 25 ans, elle adhéra au Parti Communiste d’Allemagne. Elle épousa Rafael Buber, un camarade d'origine juive, avec lequel elle eut deux filles. Le couple divorça car son compagnon s'éloignait du communisme. Du fait de son militantisme, elle perdit en 1928 la garde de ses filles, qui furent confiées à ses beaux-parents, des juifs pratiquants.

Un jeune camarade

Margarete épousa ensuite Heinz Neumann, fondateur et dirigeant du PCA, rédateur en chef du journal communiste Rote Fahne (Drapeau Rouge), lui aussi membre actif de l'Internationale communiste. Heinz Neumann tomba en "disgrâce" en 1932 pour s'être opposé à la politique de Staline envers l'Allemagne, qui sous-estimait le danger nazi. La même position    que défendait alors l'opposition internationale de gauche [trotskiste]. Le couple fut envoyé en mission en Espagne et, à la suite de la conquête du pouvoir par les nazis en 1933, s’installa à Moscou en 1935.   

Le 27 avril 1937, pendant la « Grande Terreur », Heinz Neumann fut arrêté, jugé condamné à mort et exécuté le même jour, peut-être par la traditionnelle balle dans la nuque. Il avait alors 35 ans. En juin 1938, ce fut le tour de Margarete Buber-Neumann. Accusée d’activités contre-révolutionnaires [trotskistes], elle fut  condamnée à de longues années de pénibles travaux forcés dans les camps de concentration staliniens. Il est également possible que sa condamnation ait tenu au fait qu’elle était l’épouse d’un haut dirigeant communiste affichant souvent des positions critiques, avec lequel elle aurait débattu de questions de politique allemande, soviétique et internationale. Elle fut envoyée dans l’archipel du Goulag, d’abord à la prison de Butyrka, puis à Karaganda, dans la steppe kazakhe[*].



Berlin, septembre  1933 : avis de recherche et capture contre 21 communistes, dont Heinz Neumann, accusés de l’assassinat de deux policiers en 1931.

Macabre baiser des jeunes mariés

Après les fiançailles et le mariage Staline-Hitler, les époux échangèrent des cadeaux qui ne pouvaient être que sinistres.  En 1940, Staline fit cadeau aux nazis des communistes allemands détenus dans les prisons staliniennes. L’une d’entre eux,  Margarete, livrée sur le pont de Brest-Litovsk, aujourd’hui en Belarus, fut envoyée au camp de concentration pour  femmes de Ravensbrück, à quatre-vingt-dix kilomètres au nord de Berlin, le même où était détenue Olga Benário, elle aussi communiste allemande d’origine juive, livrée aux nazis par la police politique de Getúlio Vargas, avec l’aimable coopération du STF [Supremo Tribunal Federal, Cour suprême brésilienne] de l’époque. Margarete eut plus de chance qu’Olga.



L’Hôtel Lux à Moscou, où furent logés les dirigeants et militants communistes allemands en exil, dont Heinz et Margarete. 178 d’entre eux furent victimes des purges staliniennes...

En avril 1945, à l’approche de l’Armée Rouge,  des prisonnières du camp de Ravensbrück furent laissées en liberté. Margarete entreprit alors un voyage a pied à travers l’Allemagne, cherchant refuge chez des membres de sa famille en Bavière, tout en s’efforçant de ne pas tomber entre les mains de l’Armée soviétique, où opérait le NKVD. Elle craignait d’être renvoyée dans les camps de concentration staliniens, ce qui fut le lot d’un grand nombre de communistes libérés de prison ou qui avaient survécu à la répression nazie, parmi lesquels le célèbre Leopold Trepper, un communiste polonais d’origine juive, organisateur du plus grand réseau d’espionnage communiste en Europe occidentale, connu sous le nom d’ « Orchestre Rouge ».  Après la guerre, il allait rester  pendant neuf ans dans les camps de prisonniers de Staline, même après la mort de celui-ci en 1953 !

Après la guerre, Margarete Buber-Neumann s’engagea dans la voie du conservatisme, puis de l’anticommunisme. Déplorable mais compréhensible. Elle écrivit, entre autres, deux importants livres de souvenirs sur ses années passées dans les camps de concentration staliniens et nazis : Milena (Seuil, 1997) - sur Milena Jesenska, une journaliste inspirée, communiste, amie et lectrice de Kafka, que Margarete avait connue au camp de  Ravensbrück, où elle mourut en  1944-, publié au  Brésil (Guanabara, 1987)-, et Prisonnière de Staline et d’Hitler  [version originale en allemand et traductions en anglais et français, 1949, réédité au Seuil], inédit en portugais.

NdT

[*Pour la « petite histoire », en décembre 1938, la température descendit à -42,9 °C dans la ville de Karaganda. Le camp de travail de « Karlag » (Karaganda lager), situé à 50 kilomètres environ de la ville, couvrait 60 000 km2 . Il aurait « abrité » environ 800 000 personnes.

https://images-na.ssl-images-amazon.com/images/I/41Vgq5LKPQL._SX335_BO1,204,203,200_.jpg

 

 

 

Déportée en Sibérie ; prisonnière de Staline et d'Hitler, Tome 1

Déportée à Ravensbrück ; prisonnière de Staline et d'Hitler, Tome 2

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Courtesy of Tlaxcala
Source: http://tlaxcala-int.org/article.asp?reference=28044&enligne=aff
Publication date of original article: 09/02/2020
URL of this page : http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=28055

 

Tags: Margarete Buber-NeumannStaline-HitlerGoulag-Camps nazisCommunistes allemandsUnion soviétique-Allemagne nazieHistoire du XXème siècle
 

 
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