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 UNIVERSAL ISSUES 
UNIVERSAL ISSUES / La RASD et le chantage du Maroc au Panama
Date of publication at Tlaxcala: 28/11/2019
Original: La RASD y el chantaje de Marruecos a Panamá

La RASD et le chantage du Maroc au Panama

Julio Yao Villalaz

Translated by  Fausto Giudice Фаусто Джудиче فاوستو جيوديشي

 

Le Panama du général Omar Torrijos fut le premier pays d’Amérique latine, avant même Cuba, à reconnaître, en 1978, la République arabe saharaouie démocratique (RASD). D’où l’importance des faits évoqués ci-dessous-FG

Le ministre marocain des Affaires étrangères, Nasser Bourita, a déclaré que si le Panama ne reconsidère pas sa politique concernant la controverse entre son pays et la République arabe sahraouie démocratique (RASD) et continue à reconnaître cette dernière, son gouvernement fermerait l'ambassade du Panama à Rabat.

En juin 2019, le président de la République arabe sahraouie démocratique et secrétaire général du Front Polisario, Brahim Ghali, rend hommage au dirigeant panaméen Omar Torrijos Herrera, qu'il décrit comme " un grand homme qui a travaillé pour son pays et soutenu des causes justes, dont celle du peuple sahraoui ". Ghali a souligné que l'ancien président du Panama " est présent dans la mémoire collective du peuple sahraoui ". Le Panama a reconnu et établi des relations diplomatiques avec la RASD le 23 juin 1978, devenant ainsi le premier pays d'Amérique latine à le faire.

 

Le communiqué marocain du 7 novembre 2019 le dit textuellement : «  Le gouvernement marocain a averti le Panama qu'il est prêt à fermer son ambassade à Rabat si ce pays ne revoit pas sa position sur le conflit au Sahara et suspend sa reconnaissance de la République arabe sahraouie démocratique ».

Le ministre Nasser Bourita a souligné, en référence aux pays qui reconnaissent la RASD : « Si vous soutenez la sécession, nous soutiendrons la sécession chez vous, et si vous soutenez des groupes négatifs, nous soutenons des groupes négatifs sur votre territoire ».

Le Maroc occupe des territoires appartenant à la RASD - comme l'a confirmé la Cour internationale de Justice dans son avis consultatif - et refuse de tenir un référendum recommandé par le Conseil de sécurité de l'ONU pour décider du droit du peuple sahraoui à l'autodétermination.

La chancellerie panaméenne n'a apparemment pas pris conscience de la menace d'un chantage grossier et inacceptable : "œil pour œil, dent pour dent".

Bref, le Maroc soutiendrait une éventuelle sécession au Panama (province de Chiriqui ou la Comarca Ngabe-Bugle ?) si notre pays soutient la "sécession" du territoire marocain (c’est ainsi qu’ils appellent la RASD reconnue par le droit international).

Par ces déclarations, le Maroc commettrait huit crimes en violation du droit international.

  • Le premier crime consiste à violer l'indépendance politique du Panama en prétendant la soumettre à ses intérêts, puisque notre pays a le droit exclusif d'établir, modifier, suspendre ou annuler ses relations diplomatiques sans ingérence extérieure.
  • Le deuxième crime est celui d'intervenir dans les affaires intérieures et extérieures du Panama, puisque le Maroc cherche à qualifier d'inconvenantes ou d'indésirables nos relations avec la RASD, qui sont une affaire intérieure de notre pays, alors que condamner nos relations en elles-mêmes est une intervention dans nos affaires extérieures.
  • Le troisième crime est l'aveu franc que le Maroc peut conduire des mouvements de " groupes négatifs ", faisant allusion à des groupes agissant en marge et en violation du droit international (terroristes).
  • Le quatrième crime est que le Maroc menace le Panama et d'autres pays s'ils n'agissent pas (vont-ils détruire le canal ?), en violation de l'interdiction du recours à la menace ou à la force pour résoudre les différends internationaux.
  • Le cinquième crime, c'est qu'il intervient ou s'immisce dans un différend qui est traité par le Conseil de sécurité des Nations Unies, qui n'admet l'ingérence unilatérale d'aucun pays.
  • Le sixième crime est que le Maroc sape la paix et la sécurité internationales.
  • Septième crime : le Maroc viole totalement la "Déclaration de principes du droit international concernant les relations amicales et la coopération entre les États conformément à la Charte des Nations Unies" (résolution 2625 (XXV) du 24 octobre 1970).
  • Le huitième crime du Maroc est que les sept crimes précédents constituent ensemble un chantage inadmissible du Panama.

Le Panama a été le premier pays de ce continent à reconnaître le peuple sahraoui en 1978, ce qui a conduit à 41 ans de relations avec la RASD (qui a soutenu notre lutte pour la souveraineté [sur le Canal, NdT]) contrairement aux trois petites années de relations avec le Maroc.

La controverse entre le Maroc et la RASD fait l'objet de négociations au Conseil de sécurité, dont la solution varie entre la souveraineté de la RASD ou une autonomie limitée de la RASD sous souveraineté marocaine. La RASD refuse de se soumettre à la souveraineté marocaine, et nous, Panaméens, le comprenons très bien.

Ce que le Maroc veut, c'est comme si, au lieu d'intégrer la zone du canal à la souveraineté panaméenne, c'était l'inverse : que le Panama soit intégré dans la zone du canal avec une autonomie limitée sous la souveraineté de la zone du canal, c'est-à-dire les USA.

En d'autres termes, le Maroc a une vision historique non seulement inversée mais aussi absurde, qui prétend que la RASD et le Front Polisario se suicident.

Savoir ce qui a provoqué la colère du Maroc contre le Panama, nous oblige à ne pas exclure d'autres éléments de jugement. Mentionnons simplement que le Salvador - qui subit des pressions de la part des USA pour rompre avec la Chine - a expulsé l'ambassade de la RASD en juin de cette année.

 

Othmani à gauche, isolé. De dos, le président Cortizo salue le dirigeant sahraoui, Brrahim Ghali, en tenue traditionnelle sahraouie blanche.

Géopolitique mise à part, il se trouve que le président de la RASD, Brahim Ghali, a assisté à la cérémonie d'investiture du président Laurentino Cortizo le 1er juillet dernier, ainsi que le chef du gouvernement du Maroc, Saadeddine Othmani.

Cependant, selon les observateurs et les photos officielles, le Président Cortizo a mieux accueilli le Président de la RASD que le représentant personnel du Roi Mohamed VI du Maroc, ce qui a été rapporté dans la presse marocaine, et alors Troie a brûlé, mais c’est surtout Rabat qui a pris feu !

 





Courtesy of Tlaxcala
Source: https://www.alainet.org/es/articulo/203502
Publication date of original article: 26/11/2019
URL of this page : http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=27571

 

Tags: Panama-RASD-MarocSahara Occidental occupéOccupation marocaine
 

 
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