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 25/08/2019 Tlaxcala, the international network of translators for linguistic diversity Tlaxcala's Manifesto  
English  
 ABYA YALA 
ABYA YALA / Caracas, une ville qui riposte
Un nouvel assaut se prépare pour le 1er mai
Date of publication at Tlaxcala: 30/04/2019
Original: Caracas, ciudad que da pelea
Un nuevo asalto se prepara para el 1º de mayo


Caracas, une ville qui riposte
Un nouvel assaut se prépare pour le 1er mai

Marco Teruggi

Translated by  Fausto Giudice Фаусто Джудиче فاوستو جيوديشي

 

Guaidó promet la « phase définitive de l’Opération Liberté ». S'agit-il de gagner du temps ou d'ouvrir la porte à un nouveau scénario ?

 

Le Pathétique en action à Los Palos Grandes: quelque stracts et beaucoup de selfies

 

Depuis Caracas-Les premières pluies tombent sur Caracas après des mois de sécheresse. La ville s'arrête de temps en temps et se remet en mouvement avec le retour du soleil. Bientôt viendront les averses de mai, les trombes d'eau, le ciel qui tombe sur la tête. « La pluie tropicale est un puissant jet d'eau avec un peu d'air », écrivit Vladimir Maïakovski quand il vécut sa première pluie sous les tropiques en arrivant à La Havanes en 1925. C’est le début de l'hiver sans froid qui assourdit en frappant sur les maisons des quartiers, déborde les plaines, crée des estuaires, des abris sous les palmiers, de longues conversations avec des cafés, des histoires et des questions qui sont autant qu’il y a de pays au Venezuela.

La seule chose sûre, c'est qu'après la sécheresse, la pluie viendra, puis le soleil à nouveau, et qu'il fera toujours chaud. Le reste présente de forts niveaux d'incertitude. C'est ainsi depuis mon arrivée en 2013 : chaque année a été annoncée comme la plus difficile. 2019 n'a pas fait exception et plus d'un an semble s'être écoulé entre janvier et fin avril. Quelques dates permettent d’ordonner le temps : trois mois depuis l'autoproclamation de Juan Guaidó, deux mois depuis la tentative d'entrer de force en territoire vénézuélien par la Colombie. La politique s'est transformée en pluie tropicale, avec un peu d'air.

En cette fin d'avril, nous ne sommes plus comme à l'époque où il semblait que nous approchions d'une possible rupture. Le pays a retrouvé une tranquillité de surface. Caracas a la forme de la vie quotidienne, celle d'une ville des Caraïbes, frappée par la situation économique, habituée aux combats. On n’est pas au bord d'une explosion, d'un soulèvement pour exiger que Guaidó soit président. Jamais la distance entre les rues et les déclarations internationales, les réseaux sociaux, ce qui se passe au niveau visible et ce qui bouge en profondeur n'a été aussi grande.  

Un nouvel assaut est en préparation. Quelles seront ses formes ? C’ est la question principale. En six ans de vie au Venezuela, j'ai vu l'aile droite déployer des structures paramilitaires avec des actions contre les casernes et les zones populaires, saboter, assassiner des dirigeants chavistes, des innocents pour augmenter le nombre de morts et faire du profit politique, tenter une attaque contre le président Nicolás Maduro. C'est déjà beaucoup, et il y aura plus.

Pour répondre à la question, il faut enquêter sur les déclarations et les mouvements de ceux qui sont à l'avant-garde du plan contre le Venezuela : Donald Trump, le secteur des néoconservateurs en charge des opérations, et les structures de l’État usaméricain qui a maintenu une ligne invariante contre le chavisme. Il est nécessaire de savoir où étaient et ce qu'ont dit le chef du Commandement Sud, Craig Faller, le secrétaire d'État, Mike Pompeo, ou l'envoyé spécial pour le Venezuela, Elliot Abrams.

Pour le moment ils maintiennent simultanément différentes possibilités: proposer que l'option militaire est possible, non pas avec l'intervention de marines mais avec des cyberattaques, un blocus naval, une armée mercenaire, affirmer qu'une intervention est encore prématurée, maintenir qu’une issue pourrait être électorale avec la participation du Parti Socialiste Uni du Venezuela sans Nicolás Maduro. Quant à leur narration du conflit, ils en sont arrivés à affirmer que le Venezuela est le territoire d'opérations de la Russie, de la Chine, de Cuba, de l'Iran, du Hezbollah et de l'Armée de libération nationale colombienne. C'est une question prioritaire dans un contexte d'escalade des conflits géopolitiques.

Chaque jour peut apporter de nouvelles déclarations, menaces et actions. La dynamique a une logique : agression, mesure des résultats, nouvelles manœuvres, récits, nouvelle agression. Nous sommes dans le moment des manœuvres, avec des attaques économiques, des sanctions contre les dirigeants, des actions dans les organisations internationales, dans l'antichambre de la prochaine grande date annoncée par Guaidó pour ce 1er mai. Selon ses déclarations, ce sera « la phase définitive de l'opération liberté ». S'agira-t-il d'une nouvelle façon de gagner du temps ou de la porte vers un nouveau scénario ? On ne sait toujours pas. Cela ne dépend pas de lui, mais de ceux qui dirigent, financent, planifient et font face au fait que la Force armée nationale bolivarienne n'est pas en panne et que Guaidó n'est pas capable de rencontrer un écho de masse à ses appels.

Pour l'instant, les USA ambitionnent toujours de parvenir à un dénouement rapide. Cependant, comme l'a dit William Brownfield, ambassadeur au Venezuela, en ventilant les formes d'intervention possibles : « Attendez la solution rapide, mais soyez prêts pour la solution à long terme ». Le long terme, c'est l'économie, les effets de l'escalade des attaques qui constituent le blocus. Le ministre vénézuélien des Affaires étrangères, Jorge Arreaza, a dénoncé cela aux Nations Unies le mercredi 25 avril.

Il y a présenté, entre autres, les moyens par lesquels le pays est asphyxié, et comment il y a actuellement, par exemple, cinq milliards d'euros retenus ou volés à l'État vénézuélien dans des institutions telles que Citibank, Novo Bank, Bank of England, North Capital Bank, etc.

Le Venezuela est un champ d'action sans précédent, une démonstration des stratégies US actuelles, ses zones d'impunité pour avancer, les contrepoids des autres puissances dans un contexte de conflits ouverts, la capacité du chavisme à affronter la violence des agressions. Il y a un miroir : il montre ce qu'un processus politique latino-américain déclaré ennemi par les USA peut avoir à affronter ; On n’est pas en train de vivre l'exception, mais la phase la plus avancée de la tentative de renversement.

La prochaine date annoncée est le 1er mai. Le chavisme, comme chaque année, se mobilisera. La ville, la campagne le savent sous l'apparente tranquillité. Il y a toujours la possibilité d'un événement qui accélère, change le temps et la puissance de la confrontation et cherche à provoquer la rupture. Pendant ce temps, la saison des pluies s'ouvre, la certitude de l'alternance entre le soleil et les averses, les jets d'eau où il ne reste que peu d'air.

 





Courtesy of Tlaxcala
Source: https://www.pagina12.com.ar/190529-caracas-ciudad-que-da-pelea
Publication date of original article: 29/04/2019
URL of this page : http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=25932

 

Tags: Révolution bolivarienneContre-révolutionGuaidó Le PathétiqueVenezuela-USAAbya Yala
 

 
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