TLAXCALA تلاكسكالا Τλαξκάλα Тлакскала la red internacional de traductores por la diversidad lingüística le réseau international des traducteurs pour la diversité linguistique the international network of translators for linguistic diversity الشبكة العالمية للمترجمين من اجل التنويع اللغوي das internationale Übersetzernetzwerk für sprachliche Vielfalt a rede internacional de tradutores pela diversidade linguística la rete internazionale di traduttori per la diversità linguistica la xarxa internacional dels traductors per a la diversitat lingüística översättarnas internationella nätverk för språklig mångfald شبکه بین المللی مترجمین خواهان حفظ تنوع گویش το διεθνής δίκτυο των μεταφραστών για τη γλωσσική ποικιλία международная сеть переводчиков языкового разнообразия Aẓeḍḍa n yemsuqqlen i lmend n uṭṭuqqet n yilsawen dilsel çeşitlilik için uluslararası çevirmen ağı

 16/10/2019 Tlaxcala, the international network of translators for linguistic diversity Tlaxcala's Manifesto  
English  
 EDITORIALS & OP-EDS 
EDITORIALS & OP-EDS / Les vrais ennemis intérieurs de l’Inde
Éditorial du site The Wire
Date of publication at Tlaxcala: 21/02/2019
Original: The real enemies within India
Editorial by The Wire


Les vrais ennemis intérieurs de l’Inde
Éditorial du site The Wire

The Wire द वायर دی وائر

Translated by  Fausto Giudice Фаусто Джудиче فاوستو جيوديشي

 

Ce n'est un secret pour personne que de nombreux Cachemiris se sentent exclus par l'Inde ; cibler des Cachemiris innocents qui ont choisi d'étudier et de travailler dans d'autres régions du pays ne fera que les aliéner davantage.

Des militaires et policiers indiens mobilisés après les protestations violentes contre l'attentat de Pulwama. Photo PTI

 

À la suite de l'attentat-suicide à la bombe qui a coûté la vie à 44 soldats de la Central Reserve Police Force (CRPF) à Pulwama, on a raconté qu'il est en quelque sorte antipatriotique de poser des questions sur le rôle que pourraient avoir joué les échecs du renseignement et des politiques. Personne ne devrait non plus adopter une approche plus équilibrée et plus sobre dans l'examen des réponses possibles à l'attentat terroriste. Non, seul un nationalisme brailleur fera l'affaire, plus il sera belliqueux et mieux ce sera.

A Ahmedabad, les hyperpatriotes exigent que les gens boycottent Gujarat Samachar, un grand quotidien, pour un titre critique laissant entendre que les terroristes avaient été encouragés sous le gouvernement de Narendra Modi. Au Pendjab, le parti Bharatiya Janata et ses partisans ont poursuivi Navjot Singh Siddhu pour avoir déclaré qu'un pays entier - le Pakistan - ne pouvait être tenu responsable des actions de quelques-uns. Les retombées immédiates de ce sentiment anti-Siddhu sont que Sony TV l'a viré d'une émission-spectacle populaire.

Sur les chaînes d'information, un bataillon de présentateurs se sont mis à vociférer, exigeant une action militaire rapide et décisive. Rien de moins qu'une guerre ne les satisfera ; après tout, c'est bon pour leurs cotes d’audience et, en outre, cela pourrait être politiquement utile au gouvernement Modi, qu'ils soutiennent. Et bien sûr, les médias sociaux sont inondés de faux memes, de nationalisme exacerbé, de dénonciations et de condamnations de tous ces " ennemis de la nation " - des étudiants de gauche aux libéraux en passant par les " presstitué·es " tant injuriés - pour ne pas avoir succombé à la ferveur chauviniste.

Cependant, la manifestation la plus odieuse de cette hystérie inquiétante est la manière dont la populace s’en est prise aux Cachemiris dans d'autres régions du pays. Qu'il s'agisse d'exiger que les étudiants cachemiris soient expulsés de leurs établissements ou de demander aux propriétaires terriens de ne pas garder de métayers cachemiris, une tentative concertée est en cours pour mettre à part les gens. Il est aberrant de rendre des Cachemiris ordinaires, eux-mêmes victimes du terrorisme et vivant sous l'ombre constante des forces de sécurité, responsables de l'attentat de Pulwama.

Pour l'État et le peuple indien en général, c'est un article de foi que le Cachemire fait partie intégrante du pays. Le fait que cela signifie que les Cachemiris sont des citoyens égaux est commodément oublié. Ce n'est un secret pour personne que de nombreux Cachemiris se sentent rejetés de l'Inde : cibler des Cachemiris innocents qui ont choisi d'étudier et de travailler dans d'autres régions du pays ne fera que les aliéner davantage.

L'intention politique derrière cette frénésie ultra-nationaliste est très claire. A l'approche des élections à la Lok Sabha (chambre basse du parlement fédéral), tout est mis en œuvre pour faire croire à l'électeur que la nation doit s'unir derrière un homme - un dirigeant déterminé qui peut donner une réponse appropriée à ceux qui menacent le pays. Tout doute dans cette conjoncture est vu comme une faiblesse : en fait, même les partis d'opposition, au lieu de faire leur travail et de poser des questions embarrassantes, ont déclaré qu'ils ne faisaient qu'un avec le gouvernement sur cette question. Il est possible d'exprimer sa tristesse devant la mort de soldats et de condamner le terrorisme venu de l'autre côté de la frontière tout en posant des questions légitimes sur l'échec du renseignement. Pourtant, ils ne semblent pas disposés à le faire.

Il est encourageant de constater que des citoyens ordinaires se sont portés volontaires pour offrir un abri à tout Cachemiri qui se sent menacé. Les médias sociaux, qui peuvent être une arène très toxique pleine de propagande haineuse débridée, ont été inondés de messages provenant de personnes qui ont tendu la main aux Cachemiris. Malheureusement, ceux qui sont au pouvoir ne sont pas sortis pour appeler  à la paix et au calme. Un mot du premier ministre aurait fait la différence. Les gouvernements des États doivent eux aussi faire savoir clairement que toute tentative visant à attiser la violence se heurtera à la force. Les Indiens sont en colère contre l'assassinat des jawans (soldats), mais soyons clairs sur une chose : quiconque tente de transformer cette colère en violence contre ses concitoyens fait essentiellement le jeu du Jaish-e-Mohammad.

Soutenez

https://assets.orcsnet.com/img/the-wire-362x362.png

 





Courtesy of Tlaxcala
Source: https://thewire.in/rights/pulwama-attack-kashmir-editorial
Publication date of original article: 20/02/2019
URL of this page : http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=25421

 

Tags: Attentat de PulwamaCachemire occupéOccupation indienneChauvinisme hindouInde
 

 
Print this page
Print this page
Send this page
Send this page


 All Tlaxcala pages are protected under Copyleft.