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 23/10/2018 Tlaxcala, the international network of translators for linguistic diversity Tlaxcala's Manifesto  
English  
 ABYA YALA 
ABYA YALA / Premier tour au Brésil : Démocratie ou barbarie
Date of publication at Tlaxcala: 08/10/2018
Original: Primera vuelta em Brasil : Democracia o barbarie

Premier tour au Brésil : Démocratie ou barbarie

Eric Nepomuceno

Translated by  Jacques Boutard
Edited by  Fausto Giudice Фаусто Джудиче فاوستو جيوديشي

 

Dans  des élections hautement polarisées Fernando Haddad, le candidat de Lula, tente aujourd’hui  d’empêcher le candidat d’extrême-droite Jair Bolsonaro de prendre trop d’avance afin de pouvoir être présent au second tour le 28 octobre.

Haddad -Bolsonaro

Depuis Río de Janeiro-Ce dimanche  a lieu le premier tour de l’élection présidentielle la plus tendue, la plus agitée et énigmatique au Brésil depuis celle, déjà lointaine, de  1961. Peu après (en 1964) eut lieu le coup d’État militaire qui instaura une dictature qui a duré 21 longues années, pendant lesquelles une élection présidentielle n’était qu’un rêve éveillé.

En 1985 le Congrès a élu, par un ‘vote indirect’ imposé par la dictature sur le départ, Tancredo Neves, un politicien conservateur mais ouvert au dialogue. Ce fut la fin de la dictature, mais pas le retour au droit de vote.

Tancredo mourut et ce fut son vice-président, José Sarney, qui assuma la présidence. José Sarney avait été pendant de longues années l’un des plus chauds partisans de la dictature. Mais oui, mais oui, quand je dis que mon pays est un tissu d’absurdités, certains amis se moquent...

Puis vint 1989, et le retour au suffrage universel au bout de 28 ans. Ce fut l’occasion pour la démocratie brésilienne de faire une des plus grosses erreurs de sa toute jeune histoire, en élisant un aventurier sans scrupules, Fernando Collor de Melo. Sa présidence dura peu de temps :  en 1992 il fut déchu par le Congrès, après un procès pour corruption où les éléments à charge étaient légion.

Après tant d’agitation, les Brésiliens retournent aux urnes ce dimanche au milieu d’une controverse bien plus marquée par les absences que par les trop nombreuses présences.

La première absence est celle du candidat de l’extrême-droite, le capitaine en retraite et député depuis 28 ans, Jair Messias Bolsonaro. Au cours de cette très longue carrière dans la Chambre des Députés, il a obtenu l’appui de ses confrères pour deux (seulement deux) des 170 propositions de loi qu’il a présentées  à ses collègues.

Exemple : un de ses projets qui ne furent même pas proposés au vote en assemblée plénière voulait que, au début de chaque journée, on exécute l’hymne national dans les écoles brésiliennes.

Ce grand défenseur des mesures de répression dans les domaines de la sexualité ou de l’identité de genre a obtenu l’appui de ses pairs pour deux projets qui n’ont strictement aucun rapport avec ses thèmes de prédilection : l’un proposait l’exemption d’impôts sur les produits informatiques, et l’autre autorisai l’emploi d’un certain composant chimique pour combattre le cancer. Ni l’un, et encore moins l’autre, n’ont le moindre rapport avec les idées radicalement conservatrices défendues par le député Bolsonaro au long de sa carrière de député.

Son absence dans la campagne qui se termine aujourd’hui avec le premier tour de scrutin était  due à l’attentat qu’il a subi le 6 septembre lors d’une manifestation de rue : un déséquilibré lui a asséné un coup de couteau qui a failli le tuer.

Cela lui a fait gagner une couverture médiatique qu’il n’aurait jamais obtenue autrement. Transformé en victime, il en a tiré un avantage inattendu : empêché de participer aux débat s transmis par la télévision, il a échappé aux questions de ses adversaires et principalement aux dangers que lui auraient fait courir ses réponses. Cela a épargné au public respectable ses phrases homophobes, racistes et misogynes, et sa défense exaltée de la torture, de l’autoritarisme effréné et de la violence comme unique moyen de résoudre le problème de la criminalité. Il s’agit d’un des rares cas où un coup de poignard profite à la victime.

Le deuxième grand absent est l’ex-président Lula da Silva. Après un procès où  il a été condamné sans preuves, enfermé dans une cellule depuis avril, son absence s’est transformée en présence, il a décidé que l’ancien maire de São Paulo et ancien ministre de l’Éducation, Fernando Haddad, le représenterait  à l’élection.

Quand il a été choisi officiellement par le Parti des Travailleurs, le 11 septembre, Haddad n’était crédité que de 4% des intentions de vote, selon les sondages de ce jour-là. Dès qu’on a su qu’il était le remplaçant désigné de Lula, ce fut la ruée. Haddad a atteint 25 %, très près de Bolsonaro. La réaction du candidat de l’extrême-droite s’est manifestée ces huit derniers jours, où il a réussi à attirer une partie importante des électeurs indécis, et principalement ceux qui se sentaient auparavant proches des candidats de droite.

Absent, Lula a parié sur son charisme personnel et surtout sur  la mémoire des Brésiliens dont la vie s’est améliorée au cours de ses deux mandats présidentiels (2003-2010). Et le pari a fonctionné :  Haddad, virtuellement inconnu de l’immense majorité de l’électorat, est devenu un candidat crédible qui a des chances non négligeables de l’emporter au deuxième tour.  Mais avant tout, Lula a réussi à déjouer le coup d’État institutionnel qui a destitué la présidente Dilma Rousseff en 2016, et dont l’objectif principal était précisément que lui ne revienne pas au pouvoir. Le complot impliquait toutes les instances du pouvoir Judiciaire, plus le Ministère Public, et jouissait de l’appui décisif et sans réserve des moyens hégémoniques de communication.  L’intention était d’éliminer Lula de la scène politique brésilienne et d’enterrer son Parti des Travailleurs.

Absent, enfermé dans une cellule, Lula a été une présence déterminante dans la première phase électorale qui s’achève aujourd’hui.

Et, finalement, il faut considérer la troisième grande absence de la campagne électorale, et peut-être la plus déterminante : celle de Michel Temer, le traître qui était le vice-président de Dilma Rousseff et l’a remplacée après le coup d’État institutionnel ourdi au Congrès.

Homme politique médiocre au parcours insignifiant, en assumant la présidence, Michel Temer a amené avec lui un groupe de médiocres dont l’unique caractéristique est la corruption la plus impressionnante.  Il a imposé des mesures qui, dans la pratique, ont entraîné un recul brutal des conquêtes sociales acquises non seulement sous les mandats de Lula et de Dilma Rousseff, mais aussi depuis très longtemps.

Aussi bien lui-même que tous les membres de sa bande ─ pardon, je veux dire son gouvernement ─ sont superbement rejetés par l’immense majorité des Brésiliens. Son absence pendant la campagne électorale, comme celles de  Jair Bolsonaro et de Lula da Silva, a été en vérité une présence déterminante.

Ayant encouragé la naissance, puis  participé au gouvernement de Temer, le Parti de la Social-Démocratie Brésilienne, le PSDB de l’ex-président Fernando Henrique Cardoso, a été relégué,  dans la compétition de cette année, à une humiliante quatrième place. Son candidat, Geraldo Alckmin, ancien gouverneur de l’État de São Paulo, s’est écroulé de manière fracassante, mettant fin à une rivalité ─PT de Lula contre PSDB de Cardoso ─ qui durait depuis la  présidentielle de 1994

Les sondages d’hier prévoient une bataille acharnée au second tour, opposant l’extrême-droite de Jair Bolsonaro à la gauche de Fernando Haddad. Ce qui paraissait improbable il y a peu de temps –deux semaines– est  arrivé : Bolsonaro se présente à l’élection avec une confortable avance sur Haddad. À moins d’une victoire très peu probable de Bolsonaro aujourd’hui, demain sera le commencement d’une autre élection.

 

 





Courtesy of Tlaxcala
Source: https://www.pagina12.com.ar/147085-democracia-o-barbarie
Publication date of original article: 07/10/2018
URL of this page : http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=24246

 

Tags: Haddad-BolsonaroÉlections brésiliennes 2018BrésilAbya Yala
 

 
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