We are humans, and not machines, hence our right to vacations. We’ll be back on Sept. 1!

 19/08/2018 Tlaxcala, the international network of translators for linguistic diversity Tlaxcala's Manifesto  
English  
 LAND OF PALESTINE 
LAND OF PALESTINE / Gaza au bord du gouffre : vers une nouvelle guerre ?
Date of publication at Tlaxcala: 25/07/2018
Original: Gaza vicina al baratro di una nuova guerra

Gaza au bord du gouffre : vers une nouvelle guerre ?

Michele Giorgio

Translated by  Jacques Boutard
Edited by  Fausto Giudice Фаусто Джудиче فاوستو جيوديشي

 

Une feuille de papier à cigarettes sépare la bande de Gaza d'une nouvelle offensive militaire israélienne, quatre ans après celle qui est passée à l'histoire sous le nom de « Bordure protectrice » et qui, en tenant compte des blessés qui sont morts dans les mois suivants, a fait environ 2.400 morts et des milliers de blessés,  et qui a causé la destruction totale ou partielle de dizaines de milliers de logements, de bâtiments et d'infrastructures civiles.

Depuis, Gaza a été abandonnée par les Occidentaux comme par les Arabes. Au cours de ces quatre années, les médias internationaux n’ont parlé de la prison qu’est Gaza qu’à l’occasion de massacres, attribuant le plus souvent la responsabilité des événements  aux captifs, et presque jamais aux geôliers. Quatre ans après "Bordure protectrice » Gaza est au bout du rouleau. À un doigt de la confrontation armée, le gouvernement de Netanyahou et le Hamas échangent des ultimatums.

La dissuasion mutuelle a réussi  jusqu'ici à freiner les deux parties, surtout la partie israélienne. Le mouvement islamiste sait que Gaza, épuisée par 12 années de blocus israélien, ne peut pas soutenir une autre campagne dévastatrice de bombardements. Israël, de son côté, craint que le Hamas ne lance des roquettes et des missiles, peu destructeurs mais capables de maintenir toute sa population sous pression.

Mais à présent, la guerre n’est qu’à un pas. Samedi dernier, le gouvernement Netanyahou a réagi au lancement depuis Gaza que l'on appelle les « ballons incendiaires » - des préservatifs gonflés à l'hélium pouvant voler sur quelques kilomètres-  par les plus dures frappes aériennes depuis 2014, tuant deux adolescents palestiniens. Il a ensuite fermé le point de passage de marchandises de Kerem Shalom. Enfin, le ministre de la Défense Lieberman a annoncé qu'il interdira au moins jusqu'à dimanche l'entrée de carburant dans la bande de Gaza, et que les médicaments et la nourriture ne pourront passer que moyennant des permis individuels. En outre, les pêcheurs palestiniens ne pourront pas dépasser la limite de pêche de trois milles marins. Pour couronner le tout, l’Égypte a fermé inopinément le passage de Rafah entre Gaza et le Sinaï.

À ces mesures, ou pour mieux dire cette punition collective, comme la définit aussi l'ONG israélienne Gisha, le porte-parole du Hamas  Faouzi Barhoum a réagi en exigeant « la réouverture du trafic dans les 48 heures , sous peine de  graves conséquences », a-t-il menacé. Israël a lancé à son tour un ultimatum : les lancers de ballon qui causent des incendies dans les champs des cultivateurs israéliens devront cesser dans les 72 heures. Dans le cas contraire, l'attaque  sera lancée. Netanyahou s’est concerté hier dans une base militaire près de Gaza avec Lieberman et le chef d'État-major Gady Eisenkot. Il a déclaré à l’issue de la réunion que « les forces armées sont prêtes à toute éventualité ».  La machine militaire est en marche et des manœuvres sont en cours dans le sud d'Israël. Au menu de ces exercices figure, d’après les journaux, une simulation de l'occupation de la ville de Gaza.

La tension monte à Gaza. Ses habitants ont tendance à croire qu’une nouvelle guerre est exclue, du moins ils le souhaitent, mais ils font la queue  dans les stations-service en prévision d’une période sombre. Ceux qui ont un peu d'argent, très peu nombreux à Gaza, font provision de produits de première nécessité. Le mécontentement monte  aussi au vu du triste bilan de la « Marche du Retour » à la « frontière »avec Israël,  où, depuis le 30 mars, au moins 139 Palestiniens ont été tués et des milliers d'autres blessés par le feu des tireurs d'élite israéliens. Celle-ci avait commencé par de grandes manifestations populaires appelant à la fin de l’insupportable blocus de Gaza. D’abord elle a été accompagnée,  puis de fait remplacée, sur décision du Hamas, par le lancer des « ballons incendiaires ». Une action qui a encore plus fait pencher le jugement déjà fortement biaisé des médias internationaux en faveur du récit israélien des événements, au détriment de la lumière que la Marche avait jetée sur la prison à ciel ouvert qu’est Gaza.

Dans le contexte de cette guerre, il faut désormais mentionner le « silence » du président de l'Autorité nationale palestinienne, Abou Mazen. Le chef de l'AP n'a pas hésité à prendre des sanctions contre Gaza pour pénaliser le Hamas. Mais cela n'a affecté que la population sans enlever le contrôle de Gaza aux islamistes. Une lutte absurde pour une autorité inutile sur Gaza et de petits morceaux de la  Cisjordanie, les prisons où l'occupation israélienne a enfermé Abou Mazen et le Hamas.

 





Courtesy of Tlaxcala
Source: http://ilmanifesto.it/author/giorgio/
Publication date of original article: 19/07/2018
URL of this page : http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=23870

 

Tags: GazaPalestine/Israël
 

 
Print this page
Print this page
Send this page
Send this page


 All Tlaxcala pages are protected under Copyleft.