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 26/05/2018 Tlaxcala, the international network of translators for linguistic diversity Tlaxcala's Manifesto  
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 UNIVERSAL ISSUES 
UNIVERSAL ISSUES / L’Eurovision offre à Israël un ravalement de façade
Date of publication at Tlaxcala: 14/05/2018
Original: Eurovisión brinda a Israel un lavado de cara

L’Eurovision offre à Israël un ravalement de façade

Ana Garralda

Translated by  Jacques Boutard
Edited by  Fausto Giudice Фаусто Джудиче فاوستو جيوديشي

 

La victoire de Netta Barrzilai et de sa chanson « Toy » permet à l’État hébreu de projeter l’image d’un pays ouvert, tolérant et moderne. Le concours jette un rideau de fumée qui estompe les morts des Marches du Retour à Gaza (55 pour la seule journée du 14 mai) et les frappes aériennes en Syrie.

Les choses n’auraient pas pu mieux tourner pour le gouvernement présidé par Benjamin Netanyahou. Le soir précédant le Jour de Jérusalem – où Israël commémore chaque année la « réunification » de la ville suite à la guerre des Six Jours en 1967─ et à peine deux jours avant que les USA mettent en scène le transfert de leur ambassade à la ville sainte, ses représentants gagnaient le concours pour la quatrième fois. Une victoire qui arrive au meilleur moment possible ─après l’adoubement par le président des USA─ pour la diplomatie officielle, et que les Palestiniens qualifient d’opération de propagande.

La ganadora de Eurovisión 2018, Netta Barzilai

La gagnante de l'Eurovision 2018, Netta Barzilai. AP

 

Si le triomphe de la chanson « Diva » de Dana International en 1998, 50 ans après la création de l’État d’Israël, constituait déjà un cadeau appréciable pour Netanyahou, qui en était alors à son premier mandat à la tête du gouvernement, aujourd’hui Netta lui a offert un nouveau cadeau médiatique qui coïncide avec le nombre cabalistique de 70 ans. Ce lundi 14 mai, selon le calendrier grégorien, on commémore la Déclaration d’Indépendance (selon le calendrier juif sa commémoration a déjà eu lieu le 19 avril dernier).

C’est pourquoi le président des USA Donald Trump a choisi cette date symbolique pour donner le coup d’envoi à un processus qui mettra de 5 à 10 ans pour arriver à son terme, étant donné que, non seulement il faudra construire tout un ensemble de bâtiments neufs, mais encore transférer tous les services qu’assure aujourd’hui sa légation de Tel Aviv. Cependant, les Palestiniens ont déclaré en signe de protestation une journée de grève générale, qui sera probablement accompagnée de fortes mobilisations.

Tout indique qu’on s’achemine vers des journées de violence exacerbée, car le mardi 15 mai est le jour de la commémoration de la Nakba ou catastrophe nationale palestinienne, qui fait plusieurs morts chaque année. De plus, cette commémoration coïncide avec le dernier jour de la « Marche du Retour », qui a commencé le 30 mars dernier par la célébration du « Jour de la Terre ».

Il s’agit d’un ensemble de mobilisations conçues comme une résistance non violente pour exiger le droit au retour des réfugiés, mais avec leur propre dynamique, et la répression excessivement dure de l’armée israélienne a déjà causé la mort d’une cinquantaine de personnes, en blessant gravement des centaines d’autres (par des tirs à balles réelles) et plus légèrement des milliers d’autres. Au cours des 48 prochaines heures, d’autres morts et blessés viendront très probablement s’ajouter à ce bilan.

D’autre part, conscient de ce que Trump s’est déclaré ami inconditionnel d’Israël, Netanyahou a non seulement réussi à le persuader de dénoncer l’accord sur le nucléaire avec l’Iran, mais a ordonné des attaques ouvertes contre des positions iraniennes en Syrie. Ce qu’il faisait subrepticement et de manière ponctuelle depuis plus de cinq ans pendant que l’administration Obama faisait semblant de regarder ailleurs, le gouvernement israélien le fait aujourd’hui ouvertement et sans complexes, bien que son action mette en danger la sécurité et la stabilité de toute la région.

L’an  prochain à Jérusalem

Quand Netta Barzilai, baignant dans une euphorie bien naturelle après avoir été proclamée gagnante de la compétition, a prononcé l’expression traditionnelle « l’an prochain à Jérusalem », elle s’est livrée à un véritable exercice de chutzpah (culot en hébreu) politique. Car bien qu’Israël, en tant qu’État souverain, soit libre de décider où il organisera l’édition 2019, le faire dans la capitale disputée est à l’évidence un stratagème de plus dans sa stratégie consistant à éviter de se soumettre à toute espèce de conditions politiques exigées par l’Occident ainsi qu’à toute normalisation avec les pays sunnites modérés, mais sans en payer le prix sous forme de paix et de justice pour les Palestiniens.

La performance de Netta ─qui est arrivée accompagnée d’une délégation fournie et s’est fait escorter sur scène par plusieurs gardes du corps pour interpréter « Toy » pour la deuxième fois en sa qualité de gagnante─ a constitué une vaste opération de relations publiques pour Israël, un pays qui cherche précisément à affirmer son rôle de start-up nation, à maquiller son côté plus violent, patent dans sa répression du peuple palestinien, et exercer ce rôle de « Sheriff du Proche-Orient » que Trump lui a apparemment confié.

À 25 ans, Barzilai, née à Hod Hasharon, dans la banlieue de Tel Aviv, appartient à une génération étrangère au processus de paix. Qui mieux que cette jeune femme, née en 1993 ─l’année même de la Déclaration de Principes, la pierre sur laquelle reposaient les Accords d’Oslo─ pourrait représenter une génération qui a vu le mirage de la paix avec les Palestiniens s’écrouler comme un château de cartes, et qui garde imprimés sur la rétine les terribles attentats suicides de la deuxième Intifada (2000-2005) ? 

Netta comme symbole d’une génération

Barzilai représente une nouvelle fournée [sic, NdT] d’Israéliens chez qui domine le scepticisme, le matérialisme et, jusqu’à un certain point, l’hédonisme. Une génération qui se méfie autant des Palestiniens que de ses voisins les plus proches ─car, malgré des relations diplomatiques cordiales avec l’Égypte et la Jordanie, bien peu sont les Israéliens qui osent les visiter─ et qui désire surtout profiter de la vie.

Rien à voir avec l’idéalisme d’il y a 20 ans, lorsque Dana International a gagné l’Eurovision pour Israël et que beaucoup de Palestiniens ont fêté cette victoire comme si c’était la leur. Au contraire, samedi dernier, les rues de Jérusalem-Est observaient un silence complet, alors que, dans celles de l’Oues, la fête s’est poursuivie jusqu’à 4 heures du matin.

De même que beaucoup d’Israéliens rejettent a priori tout ce qui est palestinien, arabe ou musulman, les nouvelles générations d’Israéliens, cosmopolites et souvent également polyglottes, apprécient tout ce qui est occidental. Il y a des villes comme Berlin, où se sont installés des milliers d’entre eux (selon les statistiques du gouvernement allemand, 33 000 Israéliens ont acquis la nationalité allemande entre les années 2000 et 2016).

Ceci étant, la victoire à l’Eurovision avec une chanson qui n’est pas exempte de messages progressistes contre le machisme et en faveur du respect des différences, entre autres, masque beaucoup d’autres dysfonctionnements et problèmes que connaît toujours l’État hébreu. Bien qu’il se vante d’être la seule démocratie au Moyen-Orient, Israël va profiter de la 64ème édition de la compétition pour s’offrir un ravalement de façade en profondeur et se sentir membre à part entière de la communauté occidentale.





Courtesy of Tlaxcala
Source: https://www.eldiario.es/internacional/Eurovision-brinda-Israel-lavado-cara_0_770973262.html
Publication date of original article: 13/05/2018
URL of this page : http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=23393

 

Tags: Netta BarzilaiEurovisionPropagande sionistePalestine/Israël
 

 
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