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 25/09/2018 Tlaxcala, the international network of translators for linguistic diversity Tlaxcala's Manifesto  
English  
 LAND OF PALESTINE 
LAND OF PALESTINE / Dissidents en Iran, et en Palestine : cherchez l'erreur
Date of publication at Tlaxcala: 04/01/2018
Original: Dissidents in Iran – and in Palestine
Translations available: Italiano 

Dissidents en Iran, et en Palestine : cherchez l'erreur

Gideon Levy جدعون ليفي גדעון לוי

Translated by  Fausto Giudice Фаусто Джудиче فاوستو جيوديشي

 

Pourquoi les Palestiniens qui participent à des manifestations hebdomadaires le long de la clôture frontalière sont-ils moins courageux ou ont-ils moins de justifications que les manifestants iraniens ?

 

Khalida Jarrar dans la salle d'audience du centre de détention d'Ofer, en mai. Photo AP 

Il faut appeler un chat un chat. Les Palestiniens et la poignée d'Israéliens qui luttent contre l'occupation sont des dissidents. C'est ainsi qu'ils devraient être appelés. Ce sont des dissidents qui s'opposent au régime. Ce sont des dissidents comme quiconque se dresse contre tout régime tyrannique et ils méritent autant de respect et d'appréciation que ceux que nous avons accordés aux dissidents tout au long de l'histoire, de Nelson Mandela à Andrei Sakharov, de Lech Walesa à Natan Sharansky.

Le régime contre lequel ils luttent et dont ils espèrent la chute n'est pas moins cruel que les tyrans contre lesquels les plus célèbres dissidents de l'histoire se sont battus. Ce régime n'a aucun lien avec la démocratie dont Israël est si fier et que le monde applaudit. Comment peut-on qualifier cela de démocratie si c'est ce qui se passe dans sa propre arrière-cour?

Khalida Jarrar est une dissidente, et la réponse que lui apporte le régime prouve simplement que nous parlons d'une dictature débridée. Elle est membre du parlement palestinien, âgée de 54 ans, mère de deux filles, une législatrice qui a été choisie lors d'élections démocratiques, et elle est envoyée à plusieurs reprises en prison, généralement sans procès. Jarrar n'a jamais fait de mal à une mouche. C'est une militante politique. Les agents des ténèbres qui sont responsables de son incarcération le savent. Mais Jarrar est une dissidente déterminée, donc sa place est en prison, avec ou (généralement) sans procès.

C'est ainsi que les dictatures se battent pour leur survie. Qu'il s'agisse de la Russie de Poutine, de la Turquie d'Erdogan, de l'Iran, de la Chine ou de la Corée du Nord, les dissidents sont mis en prison. L'emprisonnement de Jarrar met Israël sur le même plan que ces pays et le peint sous un jour différent de ce que reflète son image de soi , «la seule démocratie bla, bla, bla». Il n'y a pas de démocratie qui jette les législateurs en prison pour leurs activités politiques et emprisonne des centaines de personnes sans procès. Un régime qui emprisonne les législateurs sans procès est un régime dictatorial. Le fait que la plupart des médias israéliens n'aient même pas signalé que la détention de Jarrar a été prolongée de six mois ne diminue en rien la gravité de l'acte. Au contraire, cela prouve que les médias font aussi partie du régime. Sakharov n'a jamais été couvert dans les médias soviétiques.

Un régime qui tire sur les manifestants est clairement antidémocratique. Qui a tiré sur plus de manifestants qu'Israël au cours des 50 dernières années? Sur le boulevard Rothschild, il est permis de manifester, à Wadi Ara, ils ont déjà tiré sur des manifestants et à Nabi Saleh, ils se font tirer dessus tout le temps. Il y a des morts et des blessés, y compris des enfants, tout comme en Iran. Et comme en Iran, les reportages sur les manifestations dans les territoires par la presse libre et dynamique d'Israël sont déformés et propagandistes. "Troubles." "Emeutes." Pas un mot sur les objectifs ou le contexte. Pas un mot sur le tir barbare d'un tireur d'élite des Forces de défense israéliennes sur un homme sans jambes dans un fauteuil roulant qui a levé le drapeau de son peuple devant la clôture qui les confine. Pas un mot sur la détention de Jarrar.

C'était la quintessence de la chutzpah : « Les courageux  Iraniens affluent dans les rues. Ils recherchent la liberté. Ils recherchent la justice. Ils recherchent les libertés fondamentales qui leur ont été refusées pendant des décennies. » C'est ainsi que le Premier ministre Benjamin Netanyahou a réagi aux manifestations en Iran. Comment sa voix n'a-t-elle pas tremblé quand il a dit ça? Comment sa main n'a-t-elle pas tremblé quand il a écrit ça? Quelle est la différence entre Téhéran et Nabi Saleh? Quelle est la différence entre un dissident iranien et Khalida Jarrar?

Que quelqu’un nous explique, bon sang de bonsoir. Pourquoi les Palestiniens qui participent à des manifestations hebdomadaires le long de la clôture frontalière sont-ils moins courageux que les manifestants iraniens? Ont-ils moins de justifications ? Et ceux qui leur tirent dessus sont-ils moins cruels et plus démocratiques? Après tout, dans les deux endroits, la lutte est sur les mêmes valeurs, que Netanyahou a correctement décrites comme «les libertés fondamentales qui leur ont été refusées pendant des décennies». Qui a été privé de ses droits plus que les Palestiniens?

Les Iraniens et les Palestiniens veulent la liberté. C'est aussi simple, ils sont tellement semblables. Les forces de sécurité iraniennes et les forces de sécurité israéliennes leur tirent dessus ou les emprisonnent. C'est aussi simple, ils sont tellement semblables. C'est ainsi que tout régime tyrannique traite avec ses dissidents.

Actions de solidarité pour Khalida Jarrar 

Ville de Gaza, 5 avril 2015. Photo Mohammed Asad / Agence Anadolu / Getty Images

Naplouse, Cisjordanie. 10 septembre 2015. Photo Ahmad Al-Bazz / Activestills.org

Philippines, 10 décembre 2015 : des manifestants demandent la libération de Khalida Jarrar au pont de Mendiola à Manille. Le groupe militant Bayan Muna a organisé une marche de protestation pour commémorer la Journée internationale des droits de l'homme à Manille. Photo J. Gerard Seguia / Pacific Press /LightRocket via Getty Images

New York, 21 août 2017

 

Députés au Parlement européen  à Strasbourg, 5 juillet 2017

 





Courtesy of Tlaxcala
Source: https://www.haaretz.com/opinion/.premium-1.832907
Publication date of original article: 04/01/2018
URL of this page : http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=22373

 

Tags: DissidentsIranPalestine/IsraëlRépressionOccupation sioniste
 

 
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