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 13/12/2017 Tlaxcala, the international network of translators for linguistic diversity Tlaxcala's Manifesto  
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 EUROPE 
EUROPE / Catalogne : Puigdemont met en suspens la déclaration unilatérale d’indépendance pour ouvrir une dernière porte au dialogue
Date of publication at Tlaxcala: 11/10/2017
Original: Puigdemont posa en pausa la DUI per obrir una última porta al diàleg
Translations available: English 

Catalogne : Puigdemont met en suspens la déclaration unilatérale d’indépendance pour ouvrir une dernière porte au dialogue

Gerard Pruna

Translated by  Fausto Giudice Фаусто Джудиче فاوستو جيوديشي

 

Le président risque l'unité des indépendantistes pour obtenir une  médiation pour une négociation avec Madrid

Le président Carles Puigdemont hier à la séance plénière du Parlement catalan, applaudi par le groupe Junts pel Sí (Ensemble pour le Oui). Photo Cristina Calderer / ARA

Le jour qui devait tout accélérer s'est terminé hier avec un appel à la pause. Après 34 jours frénétiques depuis l’approbation de la  loi référendaire par le Parlement et la loi de transition, début septembre, Carles Puigdemont a imposé hier une trêve. Alors que tout préparait le Parlement à une déclaration d'indépendance après le référendum du 1er octobre, le président de la Generalitat a choisi de laisser celle-ci en suspens et de faire un dernier appel au dialogue avec l'État central. Un geste conçu pour gagner en  légitimité, mais qui a provoqué une crise interne avec la CUP, étranglée par la signature, à la dernière minute, par ses députés ainsi que par ceux de  Junts pel Sí, du projet de déclaration d'indépendance que, pour l'instant, les indépendantistes garderont dans le tiroir.

Avec le monde suspendu, hier, à ce qui se passait au Parc de la Citadelle, Puigdemont a choisi de se déplacer vers l'international. Après des journées de fortes pressions de toutes part, le gouvernement a préféré conserver le capital de légitimité internationale obtenu ces dernières semaines et ne pas le risquer par un geste - la déclaration d'indépendance effective prévue par la loi de référendum - dont l'Europe a fait savoir au gouvernement qu’il pourrait être contre-productif. Le président du Conseil européen, Donald Tusk, s'est adressé directement à Puigdemont quelques heures avant la session plénière du Parlement pour lui demander de ne pas faire une DUI (Déclaration unilatérale d’indépendance) qui "pourrait rendre le dialogue impossible".

Ayant capté le message de Tusk, Puigdemont s'est adressé  aux députés du Parlement avec un double message. D'une part, il a assumé le mandat donné par les urnes le 1er octobre pour faire de la Catalogne un État indépendant sous la forme d'une république. D'autre part, il a mis en suspens la déclaration d'indépendance prévue à l'article 4.4 de la loi référendaire en cas de victoire du oui, pour faire une dernière offre de dialogue à l'État central et exiger de la communauté internationale qu’elle s’y implique à fond. Un geste de «responsabilité» dont on affirmait hier au Palais de la Generalitat  qu'il devait servir à obtenir un soutien international et précipiter une offre de médiation que le gouvernement espère pouvoir annoncer de manière imminente.

Puigdemont –qui a prononcé un discours taillé sur mesure,  appelant à «désescalader la tension» et cherchant à éloigner le spectre d’une Catalogne fragmentée- a demandé à l'État, mais surtout à l'UE, de partager les responsabilités. "Si dans les jours à venir, tout le monde agit avec la même responsabilité, le conflit entre la Catalogne et l'État peut être résolu de manière sereine et convenue", a-t-il défendu lors de son discours devant le Parlement.

Au-delà du message international, la stratégie de Puigdemont sert à passer le gouvernail à la Moncloa (siège de la présidence du gouvernement de Madrid). Une fois la déclaration d'indépendance suspendue temporairement - pendant une période que les sources gouvernementales évaluent à quelques semaines, mais qui n’a pas été précisée hier - le mouvement suivant est de nouveau sous la responsabilité de Mariano Rajoy. Tout en cherchant à convaincre le chef du PSOE, Pedro Sánchez, d'appliquer des mesures drastiques, la Moncloa avait tout préparé pour une intervention dure au cas où le Parlement aurait déclaré l’ indépendance, et le procureur général concoctait déjà une plainte contre Puigdemont pour rébellion. Rajoy a choisi de déléguer la première réaction à la vice-présidente (du gouvernement de Madrid) Soraya Sáenz de Santamaría, qui s’est consacrée à critiquer la « désorientation » d’un Puigdemont, qui, a-t-elle dit, « ne sait pas où il va ni où il veut d'aller » , et à avertir que la Generalitat ne peut pas imposer de médiation.

Les socialistes espagnols - qui ont nié hier que Puigdemont ouvrait la voie du dialogue – auront de fait une rôle clé dans les jours à venir. Rajoy ne voulait pas arriver à la parade militaire du 12 Octobre avec un scénario ouvert, mais il a besoin du soutien de plus ou moins explicite  du PSOE s’il veut décréter des mesures percutantes comme l'application de l'article 155 de la Constitution espagnole [prévoyant une suspension des institutions autonomes et une mise sous tutelle centrale, NdT]. Pedro Sánchez devra choisir dans les jours qui viennent s’il veut prêter main forte à la ligne dure du PP ou s’il veut s’engouffrer dans la brèche ouverte. Ce que va faire le dirigeant de Podemos, Pablo Iglesias, qui a apprécié la proposition d’ouverture du dialogue ouvert et a appelé l'État central à s’y engager.
L'inconnue est donc de savoir quelle sera la réaction de l'État aux faits vécus hier au Parlement. S’il suspend la spirale d’agissements policiers et judiciaires -  par exemple, en retirant de Catalogne les agents de la Guardia civil et de la Police nationale qui y ont été déployés ces dernières semaines – ou si, au contraire, il maintient  la pression sur les indépendantistes. Soit il opte pour la thèse selon laquelle, hier le Parlement n’a pas proclamé l’indépendance et, par conséquent, il n’y a aucune raison d'agir soit, au contraire, il valide la déclaration symbolique signée à la dernière minute par les députés de JxSí et de la CUP et il active le 155. Après les 1er octobr, il  sait qu’en agissant de manière disproportionnée, il devra rendre des comptes à une communauté internationale qui commence , elle aussi, à exiger qu'il dialogue.

La gestion interne

En attendant de voir comment le puzzle se recompose à l’échelle espagnole et internationale, Puigdemont doit aussi gérer la reconstruction de l'unité interne. L'image de tous les députés de Junts pel Sí et de la CUP signant au dernier moment une déclaration d'indépendance que le gouvernement garde  momentanément au frais va permettre aux indépendantistes de retrouver un moral vacillant, comme le montraient les visages affichant la déception de nombre des citoyens rassemblés hier soir par l'ANC et l’Omnium au passage Lluís Companys .

La déclaration,  symbolique et sans effets pratiques tant qu’elle n’est pas enregistrée au Parlement, affirme que les députés indépendantistes constituent «la République catalane comme État indépendant et souverain de droit, démocratique et social ", et donne comme acquis  l'entrée en vigueur de la loi de transition et le lancement du processus constituant. Elle demande également au gouvernement de « prendre les mesures nécessaires » pour permettre « la pleine réalisation » de la déclaration et appelle le peuple de la Catalogne à la rendre effective.

Un geste qui ne satisfaisait pas du tout la CUP, qui a d’emblée regretté d'avoir "raté l'occasion de proclamer solennellement la République catalane". "Le seul instrument efficace est la République catalane. Plus tard, lors d'une conférence de presse, Quim Arrufat a admis que la confiance dans le gouvernement a été « touchée» hier  et a noté que la CUP envisageait d’abandonner son activité parlementaire ordinaire.

En attendant la réponse de la Moncloa et en espérant un geste de la communauté internationale, Puigdemont devra également retrouver l'unité de l'indépendantisme.

Après le Jour J, donc,  le match continue.

Les Unes des journaux espagnols et catalans du 11 octobre

http://tlaxcala-int.org/upload/gal_17168.jpg

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La palme revient, comme souvent, au quotidien El País, qui titre:

« Session historique du Parlament pour briser la légalité
Indépendance par échéances qui prolonge le chaos en Catalogne
Puigdemont suspend sa rupture pour un dialogue supposé
Le Gouvernement (de Madrid) considère la déclaration du 'President' comme inadmissible »
Et l’éditorial est intitulé : « Un nouveau piège »





Courtesy of Tlaxcala
Source: http://www.ara.cat/politica/compareixenca-Puigdemont-Parlament-referendum-1-O-DUI-independencia_0_1885011673.html
Publication date of original article: 10/10/2017
URL of this page : http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=21770

 

Tags: CatalogneRéférendum catalanDéclaration unilatérale d'indépendancePuigdemontEnsemble pour le OuiCUPÉtat espagnol#RajoganPPSOEPodemosPablo IglesiasUErope
 

 
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