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 20/11/2017 Tlaxcala, the international network of translators for linguistic diversity Tlaxcala's Manifesto  
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 EDITORIALS & OP-EDS 
EDITORIALS & OP-EDS / Irma, la France et l'ALBA
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Comment accepter sans piper l'aide d'une "dictature"
Date of publication at Tlaxcala: 12/09/2017
Translations available: Español 

Irma, la France et l'ALBA
ou
Comment accepter sans piper l'aide d'une "dictature"

Romain Migus

 

L'ouragan Irma vient de passer sur les Antilles avec son cortège de tragédies, de vies humaines emportées, et de celles qui devront se reconstruire dans la douleur et dans les pertes matérielles.

Comme réponse politique à cette catastrophe naturelle, le président du Venezuela, Nicolas Maduro, a ordonné, le 10 septembre 2017, l'envoi d'aide humanitaire à Cuba, à Antigua-et-Barbuda ainsi qu'à Saint-Martin.
 
 
Le ministre de l'Intérieur vénézuélien, Nestor Reverol, a annoncé, depuis l'aéroport de Caracas, que ce don de 10 tonnes de vêtements, de matelas, d'eau potable, et d'aliments non périssables à la collectivité d'outre-mer française, s'inscrivait “dans le cadre du respect mais aussi de la solidarité avec le peuple de Saint-Martin” (1). Il a préciséque l'aide humanitaire serait acheminée par “un avion des Forces Armées vénézuéliennes et que cette inititative faisait partie de la coopération internationale dans le cadre de l'Alliance Bolivarienne des Peuples de notre Amérique (ALBA) » (2).

 
Depuis Paris, bien peu de médias ont souligné le geste de la République Bolivarienne du Venezuela. Et pourtant, cela soulève plusieurs questions qu'aucun de nos éditorialistes n'a daigné relever, eux qui, il y a quelques semaines, étaient si prompts à dénoncer le Venezuela bolivarien à longueur d'émissions. En effet, cette aide précieuse, venant pourtant d'un pays qui connaît une crise économique, révèle de grandes incohérences dans la politique menée par le président Macron.
 

Une des rares exceptions au silence radio des médias français, dont la formulation vaut son pesant de cacahuètes

 
Il y a 15 jours à peine, Emmanuel Macron qualifiait le gouvernement de Nicolas Maduro de dictature. Par quel mystère de notre diplomatie le pouvoir français approuve-t-il désormais des liens de coopération, quels qu'ils soient, avec un régime non démocratique ? Y a-t-il une quelconque cohérence dans la diplomatie de notre pays ou bien l'ouragan Irma a-t-il déboussolé la girouette de notre politique extérieure? Pourquoi le gouvernement français autorise-t-il un avion militaire en provenance d'une dictature à atterrir sur notre territoire ? Car le pouvoir français a donné son aval au gouvernement vénézuélien puisqu’il reste souverain tant dans sa politique de gestion des risques que dans celle des catastrophes naturelles.
 
Dans le cas contraire, il s'agirait alors d'une invasion et notre armée aurait l'obligation de « mener les opérations de résistance militaire » (Article R*1421-1 du Code de la Défense) pour bouter le Bolivarien hors de France. Si l'avion militaire n'avait pas été autorisé à acheminer l'aide humanitaire, cela révèlerait surtout l'incapacité de notre gouvernement à protéger l'intégrité de notre territoire et notre population. Les conséquences en termes de sécurité pour nos concitoyens seraient tellement désastreuses que nous préférons penser que le gouvernement français a finalement coopéré avec un pays que le président a lui-même défini comme étant une dictature.
 
Ce qui nous amène à la situation la plus probable. Si comme le déclarait le Quai d'Orsay le 30 août 2017, il convenait « d'évaluer les relations avec le Venezuela sur la base de l'État de droit et des libertés fondamentales » (3), alors les liens diplomatiques mis à jour dans les décombres du passage d'Irma semblent démontrer que Paris « évalue » de manière plutôt positive la situation politique vénézuélienne. Les récentes déclarations de notre ambassadeur à Caracas vont d'ailleurs dans le même sens (4).

Le nouvel ambassadeur de France à Caracas, Romain Nadal (né en mai 1968): "Cet après-midi j'ai remis mes lettres de créance  au Président #NicolasMaduro. La France partage avec le Venezuela une longue histoire fraternelle"

Le gouvernement français sait donc très bien que le gouvernement vénézuélien n'a rien de dictatorial mais pour des raisons médiatico-politiciennes, le président a décidé de soumettre la diplomatie de notre pays à des tactiques politicardes contre la France Insoumise. Autrement dit, d'utiliser l'appareil d'État à des fins partisanes et électorales. Ce qui est extrêmement préoccupant.
 
Mais comment pourrait-il en être autrement ? Chaque jour qui passe semble donner raison aux propositions esquissées dans l'Avenir en Commun, le programme de la France Insoumise.
 
En effet, l'aide humanitaire envoyée par le Venezuela a été décidée dans le cadre de la solidarité régionale promue par l'ALBA, cette organisation de coopération qui regroupe plusieurs pays des Caraïbes. Cette fameuse ALBA à laquelle Jean-Luc Mélenchon voudrait faire adhérer la France, au même titre que d'autres processus de coopération régionale auxquels participe notre pays comme l’Organisation des États de la Caraïbe orientale (OECO), la Communauté caribéenne (CARICOM), ou encore l’Association des États de la Caraïbe (AEC). A notre connaissance, aucune organisation supranationale régionale autre que l'ALBA n’a envoyé de l'aide aux sinistrés de Saint-Martin.
 
Que vont donc faire Patrick Cohen et tous les membres de la caste politico-médiatique ? Vont-ils protester contre l'aide humanitaire envoyée par l'ALBA à nos compatriotes ? Oseront-ils, après Irma, reparler de l'adhésion de la France à l'ALBA, lorsqu'ils auront en face d'eux un des cadres de la France insoumise ?
 
Et que va faire le président Macron lors de son déplacement dans les Antilles françaises ? Remerciera-t-il publiquement la « dictature vénézuélienne » ? Lancera-t-il un processus d'adhésion de la France à l'ALBA ?
 
Décidemment, il semblerait que la queue du cyclone Irma ait considérablement dévasté ce qui reste de cohérence à la tête de l'État français.
 
http://tlaxcala-int.org/upload/gal_16866.jpg

Le 12 septembre 2017, le gouvernement français recevait Jorge Arreaza, le ministre des Affaires étrangères de la "dictature" vénézuélienne (selon les mots du président Macron). On se demande vraiment s´il y a un pilote à bord.... On notera aussi la visite du ministre à Dominique de Villepin.

http://tlaxcala-int.org/upload/gal_16867.jpg

Notes 

(1) « Tras paso de Huracàn Irma | Venezuela envió 10 toneladas de insumos como ayuda humanitaria a la isla de San Martín », Venezolana de Television, 10/09/2017
(2) Ibid.
(3) « Venezuela : Extrait du point de presse », France Diplomatie, 30 août 2017, 
(4) Voir https://twitter.com/NadalDiplo/status/897279727442026496





Courtesy of Venezuela en Vivo
Source: http://www.romainmigus.com/2017/09/irma-la-france-et-lalba.html
Publication date of original article: 12/09/2017
URL of this page : http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=21501

 

Tags: IrmaSaint-MartinSolidarité bolivarienneRomain NadalALBAVenezuelaMacroniaMélenchonFrance InsoumiseDouce FranceAbya Yala
 

 
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