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 CULTURE & COMMUNICATION 
CULTURE & COMMUNICATION / “La liberté contre le destin”: Bruno Jaffré rend hommage à Thomas Sankara à travers ses discours
Date of publication at Tlaxcala: 04/08/2017

“La liberté contre le destin”: Bruno Jaffré rend hommage à Thomas Sankara à travers ses discours

Herman Frédéric Bassolé

 

Trente ans après sa liquidation physique, le président Thomas Sankara est toujours vivace dans la mémoire de millions de Burkinabè, témoins oculaires ou auditifs de la révolution du 4 août 1983. Les hauts faits de ce chapitre historique du pays des hommes intègres (ex-Haute-Volta) ont été maintes fois contés et racontés à travers conférences, documentaires et ouvrages. Le dernier en date est « La liberté contre le destin ». Il s’agit d’un recueil des principaux discours de Thomas Sankara et des discours inédits rassemblés et commentés par Bruno Jaffré, écrivain prolifique sur l’histoire du capitaine rebelle qui a fait trembler l’impérialisme.

Pierre-Christophe Gam

« Ce qui frappe dans les discours de Thomas Sankara, c’est la clarté, la cohérence et la ténacité (…) Thomas Sankara clame haut et fort ses choix politiques, indépendance nationale et développement autocentré », soutient Bruno Jaffré, dans son mot annonçant le 19e discours dans lequel Thomas Sankara préfère « un développement sur mesure » à « un développement prêt-à-porter ». Dans « La liberté contre le destin », l’on retrouve comme ça des discours de haut vol, presque prophétiques qui rendront nostalgiques plus d’un.

Faire connaitre une révolution « mal connue »

Dans l’Avant-propos de l’ouvrage paru aux éditions Syllepse, à Paris, Bruno Jaffré explique que la plupart des discours rassemblés ne figurent pas dans les ouvrages précédents et quelques-uns sont restés jusqu’ici inédits car étant sous le format audio et non retranscrits. « Les discours ne sont que des discours, la retranscription d’une pensée, d’un projet. On entend souvent dire que Thomas Sankara faisait ce qu’il disait. Confronter la pensée exprimée dans les discours à la réalité, comparer le projet aux réalisations, sont des objectifs majeurs de cet ouvrage », explique-t-il. L’auteur s’est donc lancé dans un vaste chantier, celui de faire connaitre, à travers les discours de Thomas Sankara, une révolution « mal connue » et dont la philosophie mérite d’être appropriée et approfondie par le peuple burkinabè, voire africain.

L’avocat des masses populaires

Le premier discours présenté dans l’ouvrage est celui prononcé par le capitaine Sankara en janvier 1983 lors de la cérémonie de prise de fonction en tant que Premier ministre. Face aux membres du gouvernement du Conseil du salut du peuple (CSP) du président Jean-Baptiste Ouédraogo il se mue en avocat du peuple voltaïque : « (…) Nous ne devons pas craindre les masses, et nous barricader dans des bureaux climatisés pour penser lourdement à sa place, avec les pesanteurs petites-bourgeoises, sans tenir compte de lui et de ses conditions concrètes de vie et de travail. En un mot, je voudrais vous dire que nous ne devons pas tenir le peuple en respect, mais réserver tout le respect au peuple ».

« Les ennemis du peuple »

Deux mois plus tard, Thomas Sankara prononce un autre discours au 7e sommet du mouvement des non-alignés à New Delhi en Inde. S’en suivra le discours du 26 mars, toujours en 1983, où le Premier ministre a déclaré que « Ouagadougou sera le bolibana* de l’impérialisme ». Il en a profité pour mettre à l’index les ennemis du peuple. Pour Thomas Sankara, ces ennemis sont à l’intérieur comme à l’extérieur. Et ce sont les faussaires, les magouilleurs qui sont enrichis de manière illicite et qui ont profité de leur position de bureaucrates. Il s’en prend également aux bourgeois corrompus, aux hommes politiques qui ne parcourent la campagne que lorsqu’il y a des élections, etc. Ce discours marque le début de la rupture avec le président Jean-Baptiste Ouédraogo.

Tout commence par le Discours d’orientation politique (DOP)

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Bruno Jaffre biographe du président Thomas Sankara

Vient en 4e position, le discours révolutionnaire prononcé à Bobo-Dioulasso face à la jeunesse voltaïque, un 14 mai, soit trois jours avant son arrestation. La libération du capitaine Thomas Sankara le 4 août 1983 marque le début de la révolution et de plusieurs discours dont le plus emblématique est le Discours d’orientation politique (DOP) prononcé le 2 octobre et écrit en grande partie par le regretté Dr Valère Somé. C’est par ce discours que Bruno Jaffré débute le récit de l’éphémère révolution dans l’ouvrage. L’on y retrouve les quatre discours prononcés à l’occasion de l’anniversaire de la révolution, discours de rétrospection et d’introspection. Les discours à l’assemblée générale des Nations Unies, le 4 octobre 1984, à la 11e conférence de la Communauté économique de l’Afrique de l’Ouest (CEAO), le 26 mars 1986, font également partie de ce recueil.

Si le discours de Thomas Sankara tenu à la clôture de la première conférence des Comités de défense de la révolution (CDR) en avril 1986 et dans lequel il a déclaré que « l’abus du pouvoir doit être étranger aux CDR », a été publié, il n'en reste pas moins moins que le discours prononcé à la deuxième conférence, un an plus tard, n’a pas encore été retrouvé, selon Bruno Jaffré.

Le dernier discours

D’autres discours notamment sur l’éducation (17 octobre 1986), sur les rapports franco-burkinabè (17 novembre 1986), sur les biens de Thomas Sankara (19 février 1987), sur la libération de la femme (8 mars 1987), sur la dette (29 juillet 1987) ont été présentés également dans l’ouvrage. Le dernier discours que le père de la révolution devait prononcer un soir de 15 octobre 1987 lors d’une réunion de sortie de crise qu’il avait convoqué y figure également. Selon Jaffré, ce discours, sous forme manuscrite, a été retrouvé il y a quelques années par le journaliste Denis de Montgolfier et authentifié par plusieurs sources.

Une trentaine d’images en noir et blanc

« La liberté contre le destin », c’est aussi une trentaine d’images en noir et blanc intercalées entre les discours, une biographie et une chronologie des événements depuis la naissance du capitaine rebelle, le 21 décembre 1949, jusqu’au 24 décembre 1989, lorsque les troupes de Charles Taylor soutenus par un certain nombre de chefs d’Etat africains déclenchent une guerre au Libéria qui va durer jusqu’en 2003. L’ouvrage fait 480 pages et porte, en préface, la griffe de l’économiste Ra-Sablga Ouédraogo, directeur exécutif de l’Institut Free Afrik.

En rappel, Bruno Jaffré n’est pas à son premier livre sur le président Thomas Sankara. En 1989, il est l’auteur déjà de « Burkina Faso : Les Années Sankara de la Révolution à la Rectification » et « Biographie de Thomas Sankara », en 1997, tous deux parus à l’Harmattan. Cette deuxième œuvre sera revue et augmentée dix ans plus tard. Il a également collaboré à la rédaction de l’ouvrage collectif « Redécouvrir Thomas Sankara, martyr de la liberté ». Bruno Jaffré est enfin l’un des animateurs du seul site entièrement dédié au père de la révolution burkinabè, www.thomassankara.net.

* Bolibana: " La course est finie" en bambara (ou malinké), était le nom du dernier camp retranché de l'Almani Samory Touré, qui fédéra la résistance des peuples mandingues à la conquête coloniale française, et dans lequel il fut capturé par le Capitaine Graud en 1898, pour être déporté au Gabon, où il mourut de pneumonie [Note de Tlaxcala]

 

 

Thomas Sankara

La liberté contre le destin

Discours rassemblés et présentés par Bruno Jaffré

Edition Syllepse, mai 2017
478 pages, 20 euros.

 





Courtesy of lefaso.net
Source: http://lefaso.net/spip.php?article78630
Publication date of original article: 04/08/2017
URL of this page : http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=21125

 

Tags: Thomas SankaraBruno JaffréBurkina FasoÉditions SyllepseDiscours révolutionnaires
 

 
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