TLAXCALA تلاكسكالا Τλαξκάλα Тлакскала la red internacional de traductores por la diversidad lingüística le réseau international des traducteurs pour la diversité linguistique the international network of translators for linguistic diversity الشبكة العالمية للمترجمين من اجل التنويع اللغوي das internationale Übersetzernetzwerk für sprachliche Vielfalt a rede internacional de tradutores pela diversidade linguística la rete internazionale di traduttori per la diversità linguistica la xarxa internacional dels traductors per a la diversitat lingüística översättarnas internationella nätverk för språklig mångfald شبکه بین المللی مترجمین خواهان حفظ تنوع گویش το διεθνής δίκτυο των μεταφραστών για τη γλωσσική ποικιλία международная сеть переводчиков языкового разнообразия Aẓeḍḍa n yemsuqqlen i lmend n uṭṭuqqet n yilsawen dilsel çeşitlilik için uluslararası çevirmen ağı la internacia reto de tradukistoj por la lingva diverso

 20/09/2017 Tlaxcala, the international network of translators for linguistic diversity Tlaxcala's Manifesto  
English  
 EUROPE 
EUROPE / Nique la France (quelques brefs rappels sur ses origines)
Date of publication at Tlaxcala: 14/07/2017

Nique la France (quelques brefs rappels sur ses origines)

Nicolas Casaux

 

« Le nationalisme — cette dévotion envers un drapeau, un hymne, une frontière, tellement féroce qu’elle engendre des massacres — n’est-il pas l’un des pires maux de notre temps, aux côtés du racisme et de la haine religieuse ? Cette manière de penser — cultivée, nourrie, inculquée depuis l’enfance — a été très utile pour ceux au pouvoir, et létale pour ceux qui en étaient privés. »

— Howard Zinn

http://tlaxcala-int.org/upload/gal_16300.jpg
«Camouflage au drapeau», série «Héritage», 2013, de Marie Hudelot.
Photo Marie Hudelot

Le 14 juillet approche à grands pas, et avec lui les célébrations nationalistes, leur ignorance et leur fatuité criminelle.

Alors, dans un souci de justice, rappelons :

Que la France, à l’instar de la plupart des États-nations modernes, est le produit de centaines d’années de conflits meurtriers et destructeurs, de l’imposition violente et sanguinolente des volontés d’une succession d’autocrates (seigneurs, rois, empereurs, etc.), et de la soumission des peuples vaincus par leurs forces armées.

Qu’il n’y a absolument rien de démocratique dans sa construction (ainsi que dans celle de la plupart des États-nations modernes). Que son caractère aujourd’hui soi-disant « démocratique » n’est qu’une affirmation gratuite et mensongère, une façade purement sémantique, un mythe.

Que la « France » s’est construite sur des massacres, des pillages et des destructions qui prirent place aux quatre coins du globe, et qui ne furent jamais réparés (autrement que symboliquement). En Amérique Latine et dans les Antilles, où les populations autochtones ont été soumises et/ou décimées, où des millions d’Africains réduits en esclavage ont été envoyés afin de travailler dans les mines et les plantations, où les richesses du continent (ses « ressources naturelles ») ont été massivement exploitées et expédiées en Europe, où elles ont participé à l’enrichissement et à la puissance des États (lire, à ce sujet, « Les veines ouvertes de l’Amérique Latine », un excellent livre d’Eduardo Galeano). En Afrique, avec le commerce triangulaire et les traites négrières, puis avec la colonisation, ses exterminations, ses ethnocides ; puis, plus récemment, avec la Françafrique (de la répression de la guerre d’indépendance à Madagascar, avec ses dizaines de milliers de morts, à l’implication dans le génocide du Rwanda, avec ses centaines de milliers de morts — à ce sujet, il faut lire les livres de François-Xavier Verschave, ou « Les dessous de la Françafrique », de Patrick Pesnot) ; et encore actuellement avec le néocolonialisme (le fait qu’un État soit théoriquement indépendant alors qu’en réalité son système économique et sa vie politique sont déterminés de l’extérieur, ainsi que le formulait Kwame Nkrumah), et ses exactions toujours en cours (les millions de morts qui s’entassent au Congo, pour ne prendre qu’un seul exemple, où les ressources naturelles sont massivement extirpées et volées au profit de quelques corporations multinationales et de quelques États impérialistes, dont la France). En Indochine, dont la conquête permit le développement de l’industrie automobile (l’hévéa du Vietnam et du Cambodge, paradis des pneus Michelin), du commerce de l’opium (cultures de pavot au Laos), et l’exploitation des bois précieux (Cambodge). Et jusque dans le Pacifique (Polynésie et Nouvelle-Calédonie), où les Mélanésiens et Polynésiens ont été près de disparaître au début du XXème siècle, à cause des nombreuses maladies introduites par les Européens et où les conséquences de la colonisation ont été généralement funestes (évangélisation et regroupements forcés des populations, spoliations de terres, ou encore expositions dans des zoos humains).

 

 

Que la « France » c’est aussi le développement de l’arme nucléaire, dont les essais atomiques dans le Sahara et en Polynésie, qui ont mutilé et tué humains et non-humains — beaucoup en souffrent encore les conséquences (cancers, malformations congénitales, etc.) — , et détruit et contaminé de nombreux écosystèmes (de Reggane à Fangataufa).

Que la « France » abrite aujourd’hui, à l’instar de la plupart des États-nations modernes, une oligarchie gouvernementale accro à ses privilèges (salaires élevés, pensions à vie, chauffeurs, avantages en tous genres) et plus que jamais prête à les défendre (il suffit de constater la répression qui s’abat sur les militants écologistes ou anticapitalistes, d’où ce rapport d’Amnesty International qui dénonce jusqu’à des atteintes au droit de manifester en France).

Que la « France », en tant que pays riche et impérialiste, en tant que société de masse, en tant que société capitaliste de consommation, en tant qu’État où l’idéologie dominante (fabriquée par les médias grand public qui appartiennent à l’oligarchie) exalte les mythes du « développement », du « progrès » et de la « croissance », incarne aujourd’hui toute la toxicité du mode de vie et de la culture industriels.

Pour toutes ces raisons, et pour bien d’autres encore (par exemple le fait que ce pays figure parmi les principaux vendeurs d’armes du monde), la « France » n’est certainement pas à révérer, ni à célébrer. A l’instar de tous les États-nations modernes, elle est à déconstruire.





Courtesy of Medium
Source: https://medium.com/@niko7882/nique-la-france-quelques-brefs-rappels-sur-ses-origines-5a91a208124e
Publication date of original article: 08/07/2017
URL of this page : http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=20923

 

Tags: Douce FranceNationalisme
 

 
Print this page
Print this page
Send this page
Send this page


 All Tlaxcala pages are protected under Copyleft.