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 20/11/2017 Tlaxcala, the international network of translators for linguistic diversity Tlaxcala's Manifesto  
English  
 AFRICA 
AFRICA / Mépris à Rabat, mépris à Alger
Date of publication at Tlaxcala: 12/03/2017

Mépris à Rabat, mépris à Alger

Ignacio Cembrero

 

Le nouveau ministre espagnol des Affaires étrangères, Alfonso Dastis, avait effectué une visite à Rabat le 13 février. Durant la préparation de son voyage, les diplomates espagnols avaient demandé qu’il puisse s’entretenir avec Abdelilah Bekirane vainqueur des élections d’octobre dernier et chargé par le roi Mohamed VI de former un gouvernement, une tâche dont il n’arrive pas à s’acquitter à cause des entraves que lui met Aziz Akhnnouch, un homme d’affaires, très proche du monarque, récemment propulsé à la tête d’un petit parti politique.

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L’audience avec celui qui est en théorie le chef l’exécutif fait d’habitude partie de l’agenda du patron de la diplomatie espagnole lorsqu’il se déplace à Rabat. Mais les fonctionnaires marocains des Affaires étrangères, un ministère de souveraineté, donc sous l’autorité du palais royal exercée à travers Nasser Bourita, ont répondu à leurs collègues espagnols qu’il n’était pas nécessaire de fixer un rendez-vous avec Benkirane. Cet islamiste modéré était en quelque sorte politiquement fini aux yeux du palais.

Le chef de la diplomatie espagnole était en visite à Alger le 8 mars et, lors de la préparation de son déplacement, une audience avec le président Abdelaziz Bouteflika était prévue pour le lendemain. Le chef de l’État algérien a pour habitude de recevoir les ministres espagnols des Affaires étrangères lorsqu’ils se déplacent à Alger.  Le rendez-vous a cependant été annulé à la dernière minute sans aucune explication. Ramtane Lamamra, ministre des Affaires étrangères, est allé jusqu’à nier le fait que la rencontre ait figuré dans l’agenda de son hôte espagnol.

La présidence de la République algérienne avait déjà annulé, le 20 février, la visite de la chancelière allemande Angela Merkel à cause d’une « bronchite aiguë ». Le 6 mars c’est la présidence iranienne qui a pris l’initiative de renoncer, sans donner d’explications, à ce que le président Hassan Rohani se rende à Alger le 12 mars dans le cadre d’une tournée africaine.

Dissuader le ministre espagnol de rencontrer Benkirane à Rabat c’est se montrer méprisant non seulement envers l’homme politique qui a présidé le gouvernement du Maroc depuis fin 2011 mais aussi envers cette majorité relative d’électeurs marocains qui ont souhaité, en octobre, le maintenir à la tête de l’exécutif.

Annuler l’audience présidentielle avec le ministre espagnol sans donner une explication, ne pas publier régulièrement des bulletins de santé de Bouteflika, seulement quelques brefs communiqués sur les contrôles périodiques à l’hôpital de Grenoble, c’est aussi mépriser l’opinion publique algérienne. L’Algérie est une République présidentielle, non parlementaire, où le chef de l’État jouit constitutionnellement d’énormes pouvoirs. Les Algériens ont le droit de savoir comment se porte celui qui est aux commandes.

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On sait qu’il ne va pas bien. La preuve c’est qu’il n’y a eu aucun autre chef d’État au XX ou XXIe siècle, qui ne puisse voyager, participer à un sommet, accueillir à l’aéroport ses homologues étrangers, prononcer un discours ou même se faire entendre par ses rares visiteurs sans un micro collé à la bouche comme le rapporte dans un livre Jean-Louis Debré, ancien ministre français de l’Intérieur. C’est une situation sans précédent surtout pour un grand pays, le plus vaste d’Afrique, le plus peuplé du Maghreb et la première puissance économique régionale. La santé chancelante de l’américain Franklin Roosevelt, en fauteuil roulant pendant la Seconde Guerre mondiale, évoquée parfois par le FLN pour justifier le cas algérien, n’est en rien comparable.

Si cette situation eut été fâcheuse au milieu du XXe siècle, cela est particulièrement grave pour l’Algérie au début du XXIe siècle quand la politique étrangère est avant tout l’œuvre de ceux qui tiennent entre leurs mains les rênes du pouvoir exécutif. Le sommet de l’Union Africaine à Addis-Abeba, fin janvier, en est une démonstration éclatante.





Courtesy of Tout sur l'Algérie
Source: http://www.tsa-algerie.com/20170311/mepris-a-rabat-epris-a-alger/
Publication date of original article: 11/03/2017
URL of this page : http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=20062

 

Tags: MarocAlgérieEspagneMohamed VIBouteflikaBenkirane
 

 
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