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 EUROPE 
EUROPE / Deux chemises déchirées, des milliers de licenciés, un programme parallèle et les "mesures compensatoires" de M. Hollande
Date of publication at Tlaxcala: 20/10/2015
Original: Δυο σχισμένα πουκάμισα, χιλιάδες απολύσεις, ένα παράλληλο προγραμμα και τα ισοδύναμα του κ. Ολάντ

Deux chemises déchirées, des milliers de licenciés, un programme parallèle et les "mesures compensatoires" de M. Hollande

Vangelis Goulas Βαγγέλης Γούλας

Translated by  Christine Cooreman كريستين كورمان
Edited by  Fausto Giudice Фаусто Джудиче فاوستو جيوديشي

 

Homme de «gauche», lui aussi, et bon allié du gouvernement Tsipras, M. Hollande applique en France son propre programme parallèle en matière d’emploi et de fiscalité.

 Air France-KLM est une entreprise privée issue de la privatisation d’Air France, en 2004, et de sa fusion avec la KLM néerlandaise. Dans cette entreprise, l’État français détient 17,6% des actions. En 2013, la compagnie aérienne privatisée Air France KLM  a bénéficié d’une remise d’impôt de l’ordre de 40 millions d’euros afin d’améliorer sa compétitivité et de renforcer l’emploi. En 2014, la même entreprise a bénéficié d’une remise supplémentaire d’impôt, de l’ordre de 57 millions, pour les mêmes raisons.

Durant la même période, le 1er juillet 2013, M. Alexandre de Juniac, est nommé au poste de Président d’Αir France. Depuis juillet 2013, ce monsieur qui reçoit tous les ans une rémunération de 645.000 euros a procédé à 10 300 «non-renouvellements d’emplois ».  Dans un récent discours, contestant l’expression « acquis sociaux », ce monsieur a cité comme exemple pouvant servir de modèle son homologue de Qatar Airways qui lui a dit que, dans son pays, les pilotes grévistes auraient été jetés en prison.  Il y a quelques jours, les travailleurs d’Air France- KLM et les syndicats ont appris des médias l’intention de M. de Juniac de procéder à 2900 licenciements, si les travailleurs n’acceptaient pas une baisse de salaire.

La colère et le désespoir ont bien entendu poussé les travailleurs, voyant le sol se dérober sous leurs pieds, à réagir. Bien entendu, ce monsieur ne disposait pas de la dignité suffisante que pour s’adresser lui-même au comité d’entreprise, pour annoncer en personne les près de 3 000 licenciements. Il a donc dépêché les directeurs du personnel qui sont repartis avec les chemises déchirées.

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LB, Zébra

 

 

«Parce qu’ils ne se sont pas pliés aux instructions» 

À la vitesse incroyable de l’éclair, la presse française fut inondée d’articles de prétendus experts, de prétendus citoyens en colère, de caricatures condamnant la violence des travailleurs, d’interviews de syndicalistes « maison » qui condamnaient la « violence d’où qu’elle vienne » et ne rataient pas une occasion pour avancer leurs positions aux dépens de leurs collègues en lutte et pour demander à la CGT de « condamner la violence d’où qu’elle vienne».

Ce n’est pas le fruit du hasard si, au même moment où elles annoncent les licenciements, Air France et KLM lancent une campagne publicitaire coûtant plusieurs centaines de milliers d’euros pour amenuiser les effets négatifs et améliorer leur image auprès de l’opinion publique.

La cerise sur le gâteau a été posée par le Premier ministre, Manuel Valls, qui s’est empressé d’affirmer que la justice fera de son mieux pour identifier et punir les « fauteurs de trouble », les « criminels », c'est-à-dire, les travailleurs que M. de Juniac jette à la rue. Qui plus est, dans un geste visant à confirmer la soumission des politiques aux lobbies des affaires ou l’identité d’intérêts, M. Valls s’est empressé d’accorder, le lendemain, une conférence de presse en compagnie du président d’Air France, où, préjugeant du verdict et remplaçant la justice, il a une fois de plus qualifié les travailleurs de « criminels ».

On pouvait s'attendre à cette manifestation d’excès de zèle avec lequel la classe bourgeoise traite toujours ceux qui ne se plient pas devant elle. En dépit de leur slogan « je condamne la violence d’où qu’elle vienne », pour eux, la violence vient toujours du côté des travailleurs qui revendiquent le droit au travail digne, le droit à la vie, ou, plutôt, à la survie.

Ainsi, le 12 octobre, au petit matin, à 6 heures, ils ont été arrêtés, chez eux, sous les yeux ahuris de leurs enfants, comme s’il s’agissait de « terroristes ».

Comme s’il s’agissait de criminels, ils ont passé trente heures en « garde à vue », avant d'être mis en accusation pour des délits passibles de peines d’emprisonnement pouvant aller jusqu’à 5 ans et d' amendes pouvant s’élever à 50.000 euros.

Parce qu’ils n’ont pas dit « Merci, notre merveilleux pacha », lorsque le directeur du personnel leur posait le dilemme : réduction de salaires ou licenciement.

Deux chemises déchirées pèsent autant que trois mille familles jetées à la rue.

 

 

Placide

Des équivalents d’ « unilatéralité de classe »

Mais, pourquoi cet excès de zèle et cette « unilatéralité de classe » politique venant du gouvernement « socialiste » français ?

L’ensemble de la politique de reconstruction productive du gouvernement, voilà ce qui nous permettra de répondre à cette question.

Il n’y a certainement pas de mémorandums en France. Il n’en reste pas moins que la politique est la même qu'en Grèce et qu’elle est dictée par Bruxelles. Une politique de bradage du patrimoine public. Après avoir privatisé l’aéroport de Toulouse, le gouvernement français prépare, à présent, de privatiser les aéroports de Paris. Ainsi, d’un côté, il augmente les taxes d’aéroport en s’efforçant de présenter aux futurs acquéreurs une situation économique factice des aéroports. D’un autre côté, par le biais de cadeaux fiscaux « compensatoires » s’élevant à plusieurs centaines de millions, il s’efforce de compenser la « perte » pour Air France.  Perte qui, bien entendu, n’est pas due aux travailleurs mais à la politique des équivalents mise en œuvre par le gouvernement, aux bonus des cadres directeurs.

Une chose est certaine : après les chemises déchirées, après les poursuites, les travailleurs et la CGT ne vont pas baisser leur pantalon.

Et c’est ici que se trouve la deuxième raison de la politique d’ « unilatéralité » de classe dont le gouvernement Hollande fait preuve.

La classe bourgeoise voit avec crainte monter la colère de la société, celle des travailleurs qui, tout doucement, se transforme d’un courant souterrain et muet en un mouvement de contre-attaque, un mouvement de contestation des choix néolibéraux du gouvernement français et de l’Union européenne. La gauche radicale française, laissera-t-elle le champ libre à l’extrême-droite de Le Pen pour lui permettre de s’emparer de la colère des gens face aux partisans de l’austérité et de l’ « eurovoie-à-sens-unique » ?

Le monde demande des réponses et non pas des vœux concernant une Europe des peuples. Et, si certains dirigeants font la sourde oreille et ne veulent pas tirer les bonnes conclusions de la tragédie mémorandaire grecque, le travailleurs d’Air France deviennent le symbole d’une lutte de l’espoir et de la résistance pour les travailleurs de toute l’Europe.

On leur prendra leurs chemises, ils ne nous prendront pas nos calebars !

 





Courtesy of Tlaxcala
Source: http://bit.ly/1RgEeki
Publication date of original article: 17/10/2015
URL of this page : http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=16260

 

Tags: Air France KLMCadeaux fiscauxLicenciementsPrivatisationsRévoltes logiquesMouvements de travailleursCGTGrèceFranceNéolibéralismeUEropeUnion européenne
 

 
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