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 06/04/2020 Tlaxcala, the international network of translators for linguistic diversity Tlaxcala's Manifesto  
English  
 EUROPE 
EUROPE / Biedermann et les incendiaires: L'Allemagne et l'Ukraine
Date of publication at Tlaxcala: 22/04/2015
Original: Biedermann und die Brandstifter, Deutschland in der Ukraine
Redebeitrag, Ostermarsch Würzburg 2015

Translations available: Español 

Biedermann et les incendiaires: L'Allemagne et l'Ukraine

Dagmar Henn

Translated by 

 

Discours prononcé  à l'occasion de la Marche de Pâques à Würzburg

Chers ami-e-s de la paix,

Les marches de Pâques existent depuis des décennies, mais aujourd’hui elles devraient être plus suivies que jamais auparavant. Car, ces derniers temps, la paix a rarement été aussi menacée qu’aujourd’hui. Le danger n’est pas à quelques pas, il est à notre porte. Et notre gouvernement attise consciencieusement l’incendie.

 Non,  je ne parle pas de l’OEI, je parle de ce qui se passe en Ukraine depuis plus d’un an. D’une guerre civile que non seulement l’on tolère, mais que l’on alimente.

 Stop, me dira-t-on, Merkel et Steinmeier répètent sans cesse qu’ils veulent une solution pacifique et qu’ils ont négocié un armistice. Oui, ils lui ont même apporté leur garantie. Mais ils n’étaient pas sincères.

 

Je ne peux pas vous présenter ici d’images montrant la réalité de la guerre du Donbass. On en trouve facilement sur Internet, des milliers de maisons bombardées et presque autant d’êtres humains déchiquetés. Je ne peux pas vous présenter les autre images, celles des manifestations contre Maïdan, ni celles d’Odessa, où le 2 mai 2014 une troupe de fascistes a tué par balles, brûlé vifs ou frappé à mort des dizaines de ses adversaires dans la Maison des Syndicats. Si vous ne savez pas ce qui s’est passé là-bas, cherchez, cherchez le film « Lauffeuer ((Traînée de poudre) » et vous serez étonnés de l’étrange silence qui entoure ces évènements. Oui, l’an dernier il s’est produit quelque chose de monstrueux : le fascisme a réapparu en Europe.
 
De cela, le gouvernement allemand ne dit mot. Et pourtant le fascisme ukrainien est un fils de l’Allemagne ; le nouveau héros national des puissants actuels de Kiev, Stefan Bandera, a été soutenu et financé par les nazis, longtemps avant l’invasion de la Pologne en 1939. Les nationalistes ukrainiens, qui ont mis sur pied notamment le bataillon SS Nachtigall, dont le corps franc ukrainien Azov reprend aujourd’hui l’emblème, ont participé entre autres aux massacres de Lemberg et de Babi Yar ; ils ont fourni des gardiens aux camps de concentration et ont continué pendant des années, même après la défaite des nazis à mener des actions terroristes en Union soviétique, sous la direction notamment du BND. Le gouvernement allemand et la Fondation Konrad Adenauer devraient savoir parfaitement à qui ils ont affaire quand des retraites aux flambeaux sillonnent les rues de Kiev aux cris de « Gloire à l’Ukraine, gloire à nos héros ! » - un slogan repris également par les assassins d’Odessa devant la Maison des syndicats en flammes.
 
Un autre de leurs slogans favoris c’était «Égorgez les Moscovites ! » (donc les Russes). Les manifestations de Maïdan ont engendré une Ukraine dont la principale caractéristique est une haine sans bornes contre tout ce qui est Russe. Une haine que financent généreusement 500 millions d’euros de caution fournis par le gouvernement allemand et un prêt de l’UE et du FMI s'élevant à 40 milliards.
 
Mais Steinmeier et Merkel se sont pourtant battus pour la paix, non ... Vraiment? C’est l’UE, Allemagne en tête, qui a mis Ianoukovitch sous pression pour lui faire signer immédiatement une traité d’association avec elle. C’est Steinmeier qui, en février 2014, a signé un accord qui devait  mettre au pouvoir de façon « pacifique » l’opposition de l’époque, pour s’empresser quelques jours plus tard de reconnaître le gouvernement putschiste. Et le gouvernement allemand presse-t-il les actuels dirigeants de Kiev de retirer vraiment leurs armes lourdes ? Ces derniers jours, on a transféré à nouveau de l’artillerie lourde sur le front du Donbass, il existe même des photos qui le prouvent, et quand le Premier Ministre Iatseniouk était à Berlin, est-ce que Merkel l’a sermonné pour exiger le respect des accords de Minsk ? Non, elle n’en a rien fait. L’an dernier, lorsqu’un premier convoi d’aide humanitaire russe s’est mis en route, le gouvernement a poussé les hauts cris, pour interdire à ce convoi de traverser le Donbass, sous prétexte qu’il violait « l’intégrité territoriale de l’Ukraine. » Or on ne doit apporter aucun obstacle à l’aide humanitaire, c’est ce que disent assez clairement les Conventions de Genève. Où cela a-t-il été rappelé, dans quel commentaire, quel homme politique allemand s’est-il exprimé en ce sens ? Non, rien, silence radio. Comme après Odessa. En revanche il faut maintenir les sanctions contre la Russie.
 
Il y a quelques jours seulement la télévision nous a informés que l’Allemagne soignait 20 victimes de la guerre civile ukrainienne dans ses propres hôpitaux. Quelles victimes ? Des enfants du Donbass grièvement blessés par les tirs d’artillerie sur leurs villes ? Non. Des membres de bataillons nazis qui les bombardent.
 
Depuis un an, on nous cache systématiquement la vérité sur les évènements en Ukraine, et on nous répète inlassablement les mêmes histoires. Les dirigeants en poste à Kiev sont de gentils démocrates et derrière leurs frontières les méchants Russes sont à l’affût.
 
La possibilité de mettre fin à la comédie qui se déroule à Kiev existe et a toujours existé. L’Ukraine est en faillite. Mais l’Allemagne l’inonde généreusement de fonds, et Porochenko ainsi que Iatseniouk sont toujours les bienvenus à Berlin. Sans cet argent, la guerre au Donbass serait vite du domaine du passé. Et si quelqu’un pensait que les Allemands ne savent pas s’y prendre pour mettre un gouvernement au pas, qu’il regarde comment Schäuble et Cie traitent la Grèce. Là on ne recule devant rien, dès qu’il existe un danger d’améliorer si peu que ce soit la situation du peuple.
 
Mais le pire, ce n’est pas encore ce cynisme. Ni même la politique d’escalade des sanctions contre la Russie, justifiée par des prétextes complètements invraisemblables. Le pire, c’est une lourde machine de guerre qui ne se limite pas aux tanks qui ont traversé l’Europe la semaine dernière. Ce sont aussi des avions de chasse allemands, qui survolent la Baltique depuis l’été dernier, chaque fois chargés de munitions. Ce sont les manœuvres ininterrompues de l’OTAN, que ce soit en Mer Noire, dans la Baltique ou bien sûr, et à répétition, en Ukraine.
 
Je ne me souviens pas d’avoir connu une période de propagande aussi ample et longue que celle de l’an dernier. Même l’automne allemand de 1977 ne l’égalait pas. Et des amis plus âgés que moi racontent que même les grands jours de la Guerre froide n’étaient pas de ce niveau. Et nulle part ailleurs cette propagande n’est aussi virulente qu’en Allemagne. Serait-ce possible sans l’accord du gouvernement, sans celui de Friede Springer et Liz Mohn, les propriétaires des deux plus gros conglomérats de presse du pays, qui boivent régulièrement le café avec Madame Merkel ? Serait-ce possible si Madame Merkel, ou Steinmeier, s’y opposaient ? Ils ne le font pas. Dans la presse étrangère (et je ne parle pas de la presse russe), on lit que c’est la RFA qui a imposé les sanctions contre la Russie. La RFA ne s’est pas contentée d’approuver. Elle a poussé aux sanctions. Ce ne sont pas des victimes désemparées de l’agression US-américaine. Il existe nombre d’autres possibilités que l'on n’a pas saisies. On aurait pu se servir, pour stopper ce processus, des organisations internationales, qu’on envoie au casse-pipe les unes après les autres. Au contraire : elles perdent successivement tout crédit ; l’OCDE voit tout et ne dit rien, le Comité international de la Croix-Rouge ne dit pas un mot sur la situation humanitaire dans le Donbass et toutes ces institutions bien établies et de noble réputation, telles qu’Amnesty International font régner un silence pesant sur les crimes commis zen Ukraine. Plus aucune voix ne s’élève pour parvenir à une médiation. C’est une politique qui mène droit à la guerre, quel que soit le nombre de fois où l’on parle de paix.
 
Je pense qu’il serait utile de reprendre notre Constitution au sérieux. Selon l’article 26 de la Loi Fondamentale ,
 
« des actes de nature à porter atteinte à la coexistence pacifique des peuples ou effectués dans cette intention et en particulier les préparatifs d’une guerre d’agression sont anticonstitutionnels. »
 
C’est clair et net. Or nous découvrons chaque jour des actes de ce genre dans notre journal. Le financement de la guerre civile ukrainienne en est un : il est de nature à porter atteinte à la coexistence pacifique entre les peuples et entrepris dans cette intention.
 
La Loi fondamentale a été rédigée peu après la fin d’une guerre d’agression partie du territoire allemand. Aucun autre acte n’est condamné de manière aussi claire et nette ; c’est le seul passage qui ne laisse place à aucune interprétation. Des actes de nature à porter atteinte à la coexistence pacifique des peuples ou effectués dans cette intention, et en particulier les préparatifs d’une guerre d’agression, sont anticonstitutionnels. Un point, c’est tout. Selon la Loi fondamentale une guerre d’agression est le crime suprême. Un crime si monstrueux que sa simple préparation est déjà considérée comme une violation de la Constitution, c’est dit clairement et sans aucune équivoque.
 
Qu’est-ce que cela signifie pour un gouvernement de violer la Constitution sur un point aussi décisif pour la vie ses citoyens que les questions de guerre et paix ? Qu’adviendrait -il si le gouvernement allemand déclarait un jour qu’il envoie des troupes en Ukraine ? Ce serait une violation si grave de la Constitution que de fait il se destituerait lui-même. Il se révoquerait. Et de tels cas sont également prévus par la Constitution. L’article 20, § 3. Qui précise : Les Allemands ont le droit d’entrer en résistance contre quiconque fait une entorse à l’ordre constitutionnel, s’il n’existe aucun autre moyen de l’empêcher.
 
Aussi stupéfiant que ce puisse être, c’est le droit de chaque individu. Et, notons-le, la seule limite à ce principe c’est « qu’il n’existe aucun autre moyen de l’empêcher. » Il n’est pas mentionné que cela doive se faire « dans le cadre des lois en vigueur »
 
En 1951 Brecht écrivait déjà: «Carthage la grande a fait trois guerres. Après la première, elle était encore puissante. Après la deuxième, elle était encore habitable. Mais après la troisième elle avait disparu de la surface du sol. » Nous savons tous ce qui se produira si l’on continue à pousser à la guerre. Je pense que nous devons tous, chacun et chacune d’entre nous, commencer à réfléchir aux moyens de mettre un grain de sable dans les rouages. Pour les guerres, on n’a pas besoin seulement de soldats. Il faut aussi des comptables et des chauffeurs de poids lourds, des trains et des routes, des téléphones et des réseaux électriques. Il faut une quantité innombrable de gens qui sont prêts à coopérer. C’est à cela et à cela seul que nous prépare la propagande dont on nous inonde chaque jour. Il faut nous souvenir que nous avons le pouvoir de refuser de coopérer. Et que notre Constitution nous donne le droit de résister.





Courtesy of Tlaxcala
Source: http://www.attac-netzwerk.de/wuerzburg/ak-frieden/
Publication date of original article: 04/04/2015
URL of this page : http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=14507

 

Tags: UkraineAllemagneOTANBellicismeMarche de PâquesDroit à la résistance
 

 
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