TLAXCALA تلاكسكالا Τλαξκάλα Тлакскала la red internacional de traductores por la diversidad lingüística le réseau international des traducteurs pour la diversité linguistique the international network of translators for linguistic diversity الشبكة العالمية للمترجمين من اجل التنويع اللغوي das internationale Übersetzernetzwerk für sprachliche Vielfalt a rede internacional de tradutores pela diversidade linguística la rete internazionale di traduttori per la diversità linguistica la xarxa internacional dels traductors per a la diversitat lingüística översättarnas internationella nätverk för språklig mångfald شبکه بین المللی مترجمین خواهان حفظ تنوع گویش το διεθνής δίκτυο των μεταφραστών για τη γλωσσική ποικιλία международная сеть переводчиков языкового разнообразия Aẓeḍḍa n yemsuqqlen i lmend n uṭṭuqqet n yilsawen dilsel çeşitlilik için uluslararası çevirmen ağı

 17/09/2019 Tlaxcala, the international network of translators for linguistic diversity Tlaxcala's Manifesto  
English  
 EUROPE 
EUROPE / La restauration des oligarques en Ukraine
Date of publication at Tlaxcala: 07/03/2014
Original: Die Restauration der Oligarchen in der Ukraine
Translations available: Português/Galego  Italiano 

La restauration des oligarques en Ukraine

German-Foreign-Policy.com

Translated by  Fausto Giudice Фаусто Джудиче فاوستو جيوديشي

 

KIEV / BERLIN-Le gouvernement installé à Kiev par un coup d'État encouragé par Berlin étend sa coopération avec les oligarques ukrainiens . Deux d'entre eux ont été nommés gouverneurs des grandes régions de Donetsk et de Dnipropetrovsk, et un troisième, qui jusqu'ici était censé être un partisan du président renversé Viktor Yanoukovitch, se manifeste maintenant aux côtés du gouvernement contre les forces pro-russes. On assiste de plus en plus clairement à une restauration des cercles du pouvoir contre lesquels la rébellion de Maïdan était dirigée à ses débuts, avant d'être instrumentalisée par l'Allemagne et d'autres États occidentaux, dans le but de porter au pouvoir à Kiev un gouvernement pro-occidental - dans le but d'intégrer la l'Ukraine dans leurs propres systèmes d'alliance.

Vitali Klitchko : "Mission accomplie, Madame la Chancelière, l'Ukraine brûle !"

La lutte d'influence pour Kiev se joue une fois de plus entre l'Allemagne et la Russie : au début de la Première Guerre mondiale Berlin a commencé à essayer d'arracher l'Ukraine à la sphère d'influence russe pour affaiblir l'ennemi. En 1918 Berlin avait réussi à pour quelques mois à mettre Kiev sous son contrôle. Auparavant, le royaume avait fait campagne pour libérer l' Ukraine du joug oppressif du tsar; mais les Allemands amenèrent rapidement  au pouvoir à Kiev un représentant des grands propriétaires  fonciers ukrainiens, ce qui poussa des parties de la population à de nouvelles révoltes.

Petro Porochenko

 

Oligarques amis

Le gouvernement putschiste de Kiev soutenu par Berlin coopère toujours plus ouvertement avec les oligarques ukrainiens détestés de la population. Déjà au cours de leurs manifestations sur Maïdan, les dirigeants de l'opposition avaient été pris en charge par des milliardaires. Petro Porochenko , surnommé le "roi du chocolat" parce qu'il possède un groupe de confiserie qui pèse des milliards de dollars , s'était ouvertement affiché à côté de Vitali Klitchko. Les médias appartenant à l'oligarque Victor Pinchuk avaient informé avec sympathie sur les manifestations. Klitshko a confirmé qu'il avait  aussi des contacts avec d'autres oligarques . [1] Arseni Yatseniouk , actuel Premier ministre, appartient de toute façon déjà au parti de l'oligarque Yulia Timochenko . Entretemps, le gouvernement putschiste a d'ailleurs commencé à placer d'autres oligarques à de hautes fonctions de l'État : Sergueï Taruta et Ihor Kolomoisky, par exemple, sont mis en vitrine.

Rinat Akhmetow (g.) et Sergueï Taruta (dr.)

L'unité de l'Ukraine

Le fond est qu'une partie considérable de la population russophone rejette résolument le gouvernement  putschiste de Kiev, lequel craint qu'après les événements de Crimée , on n'assiste à d'autres sécessions ou troubles durables de la part d'Ukrainiens russophones. La plupart des oligarques sont vus comme un rempart fiable contre ces dangers, parce qu'ils ont un intérêt massif au maintien de l'État ukrainien : en cas d'intégration plus étroite à la Russie, ils pourraient être avalés par les oligarques russes, plus puissants. C'est ce qui explique que le magnat de l'acier Taruta ait été nommé gouverneur de la région de Donetsk, où Kiev fait face à des revendications de sécession de la part de la population russophone majoritaire. Taruta s'est immédiatement adressé aux habitants : «Chers compatriotes.  Je m'adresse à vous écris en tant que président de l'Association industrielle du bassin du Donetz et en tant que citoyen russophone de sang ukrainien [sic].  J'appelle ceux pour qui l' Ukraine et son avenir sont importants à unir leurs forces pour préserver l'intégrité territoriale de notre pays". [2]. Déclaration similaire de Rinat Akhmetov, adepte de longue date de Viktor Yanoukovitch , mais qui craint lui aussi une trop forte influence russe. Le fait que l'UE n'ait imposé aucune sanction contre lui s'avère payant : en tant que défenseur de l'État ukrainien Akhmetov a des avantages notables pour l'Occident.

Ihor Kolomoisky

 Avec des moyens douteux

Une attention particulière mérite également d'être accordée à la nomination  d'Ihor Kolomoisky comme gouverneur de Dnipropetrovsk . Les motifs sont les mêmes que dans le cas de Taruta: les intérêts commerciaux  de Kolomoiskys excluent un rapprochement de l'Ukraine avec la Russie et donc avec sphère d'influence directe des oligarques russes concurrents. En outre, Kolomoisky, l'un des plus riches Ukrainiens, s'était brouillé avec son ancien compagnon Yanoukovitch et a déménagé en Suisse, où il est sensible à la pression occidentale. Sa popularité en Ukraine n'a pas été accrue par le fait que l'homme, dont la banque contrôle presque un cinquième de toutes les transactions du pays, ait pris le contrôle de la plus grande raffinerie ukrainienne dans les années 2008-2010 - à cette époque régnait à Kiev la "coalition orange" pro-occidentale - par des moyens douteux. Après la victoire électorale de Viktor Yanoukovitch en 2010, il a réussi, cependant, à établir de bons rapports avec son gouvernement. Sa nomination comme gouverneur est une nouvelle étape vers la restauration des cercles de pouvoir contre lesquels la rébellion de Maïdan était d'abord dirigée avant que Berlin la récupère pour sa lutte d'influence contre Moscou.

    

Orange russe

La lutte d'influence pour Kiev se joue à nouveau entre l'Allemagne et la Russie : Berlin a engagé la lutte ouverte pour la première fois  il y a 100 ans, au début de la Première Guerre mondiale. L'objectif du plan allemand était alors d'affaiblir l'adversaire russe en attisant des troubles intérieurs en allant jusqu'à la sécession de certains territoires. L'une des figures les plus influentes dans la politique ukrainienne de l'Allemagne, le journaliste Paul Rohrbach, plus tard fonctionnaire des Affaires étrangères, a exprimé en recourant à une image accrocheuse comparant la Russie à une orange : " Comme ce fruit est composé de parties facilement détachables, il en va de même pour l'Empire russe et ses différents territoires: les provinces baltes, l'Ukraine, la Pologne etc. ".  Rohrbach était convaincu qu'il suffisait de "détacher ces parties du territoire ... les unes des autres et de leur donner un degré d'autonomie " afin de "mettre fin à l'Empire russe". [3] Ses conceptions ont souvent été désignées comme "théorie de la décomposition".

Troupes allemandes à Kiev (mars 1918)

L'insurrection comme arme

Le plan formulé de manière concise par Rohrbach entra dans sa phase opérationnelle dès s les premières semaines de la Première Guerre mondiale. Dans un arrêté du 11 août 1914, le Chancelier Theobald von Bethmann-Hollweg déclarait la volonté de recourir , comme "arme contre la Russie " à l'insurrection (" Insurgierung "), entre autres de l'Ukraine. Un peu plus tard le ministre des Affaires étrangères de l'Empire des Habsbourg confirmait que " que notre objectif principal comme celui de l'Allemagne est le plus grand affaiblissement possible de la Russie. Nous espérons donc obtenir la libération de l'Ukraine et des autres peuples opprimés par la Russie à nos frontières". [4] Le projet de diviser la Russie offrait notamment des opportunités politiques internes. D'une part il permettait d'alimenter les ressentiments  traditionnels antirusses au sein  de la population allemande , d'autre part il permettait d'étiqueter l'agression militaire comme une lutte contre le despotisme de l'empire tsariste et donc aussi de gagner des cercles plus réticents à l'aventure militaire. pour les combats ". "L'effet antitsariste de la social-démocratie " avait été "un élément essentiel pour faciliter sa prise de position en faveur de la guerre", constatait  en 1961 l'historien Fritz Fischer dans son étude pionnière "Griff nach der Weltmacht". [5]

Le général Wilhelm Groener

Libérés et contrôlés

Des formulations adéquates furent choisies dans les mémoires et manifestes sur les objectifs de guerre allemands. Ainsi par exemple, Matthias Erzberger, du Parti du Centre, plaidait en septembre 1914 en faveur d'un combat pour la "libération" des "peuplades non russes du joug moscovite" et pour la création d'une " autonomie " "à l'intérieur de chaque peuplade". Mais il n'oubliait  pas de mettre l'accent sur le fait que " tout cela " devait être fait "sous la suprématie militaire de l'Allemagne ". Erzberger n'éludait pas que «la libération » et « l'autonomie» sous contrôle armé allemand ne visait  pas seulement à la pénétration économique de l' Ukraine, mais servait aussi un objectif géo- stratégique clairement défini : il s'agissait, écrivait-il, " de couper la Russie à la fois de la mer Baltique et de la mer Noire". [6]

Le hetman Pavlo Skoropadsky et ses offficiers

La valse des marionnettes

Début 1918 Berlin réussit pour la première fois à réaliser son objectif stratégique. Le 9 février 1918 le Reich allemand signe un accord avec la Rada centrale ukrainienne, qui venait de proclamer la souveraineté de l'Ukraine et appela rapidement Berlin à l'aide contre la Russie. L'Empire allemand prit alors le contrôle de facto à Kiev : mais on allait " maintenir la fiction"  "que c'était la Rada qui gouvernait" , annonçait le général Wilhelm Groener, le véritable détenteur du pouvoir en Ukraine de fin mars à fin octobre 1918 [7].

Mais dès qu'il s'avéra que la Rada centrale – dominée par les libéraux et les sociaux-démocrates – n'était pas en mesure de mettre en œuvre les plans de Berlin pour l'Ukraine, les Allemands amenèrent à Kiev le grand propriétaire foncier Pavlo Skoropadsky, qui prit le pouvoir par la force : c'était un représentant des milieux riches, très impopulaires parmi la population rurale appauvrie. Il y eut rapidement des révoltes, comme il y avait déjà eu des révoltes contre le régime tsariste auparavant. Berlin les fit brutalement réprimer. Ainsi, les Allemands avaient amplement démontré leur indifférence totale aux conditions internes de l'Ukraine soi-disant à «libérer», avant de perdre la Première Guerre mondiale et avec elle le contrôle de Kiev.

Notes

[1] Cf. Oligarchen-Schach.
[2] Kiew ruft die Oligarchen. www.n-tv.de 05.03.2014.
[3] Walter Mogk: Paul Rohrbach und das "Größere Deutschland". Ethischer Imperialismus im Wilhelminischen Zeitalter. München 1972.
[4] Cité d'après : Fritz Fischer: Griff nach der Weltmacht. Die Kriegszielpolitik des kaiserlichen Deutschland 1914/18. Düsseldorf 1961.
[5] Fritz Fischer: Griff nach der Weltmacht. Die Kriegszielpolitik des kaiserlichen Deutschland 1914/18. Düsseldorf 1961.
[6] Cité d'après : Fritz Fischer: Griff nach der Weltmacht. Die Kriegszielpolitik des kaiserlichen Deutschland 1914/18. Düsseldorf 1961.
[7] Winfried Baumgart: General Groener und die deutsche Besatzungspolitik in der Ukraine 1918. In: Geschichte 6/1970, S. 325-340.





Courtesy of Tlaxcala
Source: http://www.german-foreign-policy.com/de/fulltext/58816
Publication date of original article: 07/03/2014
URL of this page : http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=11642

 

Tags: UkraineOligarquesAllemagneEmpire allemandRussieEuropeHistoire
 

 
Print this page
Print this page
Send this page
Send this page


 All Tlaxcala pages are protected under Copyleft.