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 15/11/2019 Tlaxcala, the international network of translators for linguistic diversity Tlaxcala's Manifesto  
English  
 UMMA 
UMMA / Escalade de la violence en Égypte : on souhaite une radicalisation des Frères Musulmans
Date of publication at Tlaxcala: 17/08/2013
Original: Gewalteskalation in Ägypten: Radikalisierung der Muslimbrüder erwünscht
Translations available: فارسی  Español  English  عربي 

Escalade de la violence en Égypte : on souhaite une radicalisation des Frères Musulmans

Karim El-Gawhary کریم الجواهری

Translated by 

 

 

L’appareil sécuritaire égyptien voudrait isoler les Frères musulmans et espère qu’ils vont se radicaliser. Car alors on pourrait en venir à bout. Une analyse de Karim El-Gawhary

 

 

15/08/2013 : À l’heure actuelle, en Égypte, une seule chose est sûre : Partie comme elle l’est, la situation ne peut que s’aggraver. En attendant, ce qui se passe est déjà effrayant. Le lendemain de l’évacuation des deux campements de contestataires au Caire, le Ministère de la santé a fait état de 525 morts, dont 43 policiers. Plus de la moitié des manifestants tués est donc décédée lors des manifestations qui ont eu lieu à travers tout le pays après l’évacuation. Les Frères musulmans parlent de 2000 morts. Le véritable nombre des victimes, dans cette guerre des chiffres, se situe vraisemblablement quelque part entre les deux et devrait encore augmenter quand les cadavres en partie calcinés retrouvés dans les décombres des camps auront été identifiés.
 
L’armée, le gouvernement de transition et une bonne part des prétendus mouvements libéraux cherchent à trouver des excuses au comportement brutal de la police. Le Premier ministre Hasem El-Beblawi a encensé l’action de la police, qui aurait fait progresser l’Égypte vers son but, « l’instauration d’un gouvernement civil démocratique. » Des mots qui doivent sonner comme une insulte aux oreilles des pro-Morsi et des manifestants opposés au coup d’État.

La façade du gouvernement civil s’effrite

Les déclarations de Muhammad Ibrahim, Ministre de l’Intérieur : «  Dès que l’Égypte aura retrouvé sa stabilité, nous rétablirons la sécurité qui régnait avant la chute de Moubarak, je le promets,» sonnent comme une insulte aux oreilles des manifestants Un Ministre de l’intérieur de l’ère post-Moubarak a donc pu prononcer cette phrase extraordinaire ! Il en va de même des paroles du Premier Ministre, qui a parlé de la retenue de la police, prétendument agressée. Donc en état de légitime défense, en quelque sorte. Cela n’empêche pas des libéraux, par exemple Khaled Daoud, porte-parole du Front de salut national, le principal mouvement libéral d’opposition à Morsi, d’applaudir lui aussi à l’intervention de la police. Mais le front libéral qui s’est rangé aux côtés de la police commence à se fissurer. Le vice-Président Muhammad El-Baradei vient de présenter sa démission, parce qu’il ne voudrait pas cautionner la décision d’évacuer les campements. Selon de nombreuses rumeurs, d’autres membres du cabinet du gouvernement de transition pourraient l’imiter. La couverture civile du pouvoir militaire est pour le moins en train de s’effriter.
 
 
 

Muhammad Ibrahim, Ministre de l’Intérieur (Photo dpa)

El Baradei a déclaré que l’évacuation brutale des campements entraînerait une radicalisation des deux camps. De fait le putsch et l’évacuation des campements ouvrent grande la porte à toutes sortes de variantes de l’islamisme radical. Car leurs adversaires veulent les faire passer pour un élément indispensable de la démocratie. Quelles leçons peut aujourd’hui tirer un jeune Frère musulman de cette prétendue leçon de démocratie ?
Hier déjà cette radicalisation se faisait sentir, quand à travers le pays non seulement des postes de police et des administrations provinciales, mais aussi des églises, ont été la cible de manifestants. En maint lieu, il ne semble pas difficile de détourner la colère des partisans de Morsi vers les églises, le patriarche copte s’étant, tout comme le Cheikh suprême de l’université d’al-Azhar rangé aux côtés des putschistes. De même qu’une grande partie de la population copte, dans l’espoir infondé d’évincer les Frères musulmans de la scène politique.
 

Des forces de sécurité armées investissent la place Rabaa al-Adawiya.Photo dpa

 
 Les rangs des islamistes égyptiens comptent suffisamment de têtes brûlées faciles à monter contre les coptes dans le cadre d’une manifestation en faveur de Morsi. On ne sait pas au juste qui a commandité et dirigé les attaques contre les églises. Pour les dirigeants de Frères musulmans, qui espèrent le soutien de la communauté internationale, ce type d’actions serait à vrai dire mal venu. Il n’est toutefois pas exclu qu’elles rencontrent une approbation à des échelons inférieurs de la Fraternité. Il est également possible qu’elles soient l’œuvre de salafistes radicaux.
 
À l’époque de Moubarak aussi c’était souvent la Sécurité d'État [Amn al-Dawla, devenue le 15 mars 2011 Amn al-Watani, Sécurité nationale, Note de Tlaxcala] e, toujours pas inquiétée du reste, qui recrutait justement chez les salafistes ses hommes de main pour ce type d’opérations. On avait fait connaissance en prison ou lors de diverses arrestations. Il n’était pas rare alors qu’on s’entende pour collaborer. Dès que le régime de Moubarak était acculé, une église était incendiée quelque part dans le pays, pour faire diversion. Il n’est pas exclu que la Sécurité d'État en revienne aux méthodes éprouvées, finalement les officiers en place sont toujours les mêmes.

Diaboliser l’ennemi

Les incendies d’églises sont un bon argument de marketing pour vendre à l’opinion internationale l’évacuation brutale des campements et le reste du comportement des militaires à l’égard des Frères musulmans. S’il s’avérait que la Sécurité nationale était impliquée dans l’affaire, elle jouerait un jeu bien dangereux. Le régime de Moubarak savait attiser et calmer les querelles religieuses en fonction des besoins. Aujourd’hui il est beaucoup plus vraisemblable que la situation évolue de façon incontrôlable.
L’alliance entre les militaires et les vieilles coteries pro-Moubarak, en particulier à l’intérieur de l’appareil sécuritaire, doit sans doute chercher maintenant à isoler davantage les Frères musulmans au plan politique. Une radicalisation des islamistes serait donc la très bienvenue dans leurs rangs. Car l’appareil sécuritaire compte s’en tirer plus facilement face à eux qu’à des manifestations et des campements de contestataires.
Les années 90, où des bombes explosaient partout dans le pays et où les islamistes radicaux commettaient des attentats contre les coptes et les touristes étaient du pain bénit pour l’appareil sécuritaire égyptien, qui a pu finalement remporter la victoire. Leçon à tirer de cette époque : il est possible de vaincre des islamistes qui incendient des églises et attaquent des postes de police et plus facile de les diaboliser au niveau international.
 

 





Courtesy of Tlaxcala
Source: http://de.qantara.de/content/gewalteskalation-in-aegypten-radikalisierung-der-muslimbrueder-erwuenscht
Publication date of original article: 15/08/2013
URL of this page : http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=10353

 

Tags: ÉgypteÉglises incendiéesSécurité nationale égyptienneMohammad IbrahimEl BaradeiFrères musulmans
 

 
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